"Encore du mal à y croire", la Bisontine Manon Bohard intègre l'équipe de France et participera aux mondiaux de trail

La traileuse de Besançon Manon Bohard a terminé 2ème du Trail des Passerelles du Monteynard ce dimanche 11 juillet. Grâce à cette performance, elle intègre l'équipe de France et s'envolera pour la Thaïlande en novembre prochain, à l'occasion des mondiaux de trail. Elle nous livre ses impressions.
Manon Bohard est une traileuse de Besançon à l'avenir prometteur.
Manon Bohard est une traileuse de Besançon à l'avenir prometteur. © Pierre Antoine Boillon

Manon Bohard ne cache pas sa joie, mêlée à une bonne dose d'étonnement tant le trail des Passerelles, qui se déroule à Treffort en Isère, a été douloureux pour elle. La Bisontine de 29 ans, adepte de l'ultra-trail (80 km et plus), est pourtant montée sur la deuxième marche du podium sur l'épreuve de 65 km en courant 7 heures 14 minutes et 29 secondes, sur une distance qu'elle n'affectionne pas particulièrement.

"Je suis plutôt à l'aise pour courir plus longtemps, avec une gestion de l’effort différente, avec du musculaire. Là, c'était très roulant et j'ai beaucoup souffert. Franchement, j'ai été ok sur 30 km et l'autre moitié a été très difficile. Je suis plus en jambes sur des trails alpins, comme l'UTMB. Cette année, j'ai fait plus de vitesse dans ma préparation mais je n’aime pas trop ça à vrai dire... On m'a conseillé de sortir de ma zone de confort, je me suis prise au jeu mais ça a été bien moins intuitif que d’habitude" nous confie la nutritionniste de métier. Et quand elle sort de sa zone de confort, cela donne une qualification pour les mondiaux de trail.

Photo prise par Manon Bohard lors de sa reconnaissance du Trail des passerelles.
Photo prise par Manon Bohard lors de sa reconnaissance du Trail des passerelles. © Manon Bohard

"Je vais énormément apprendre"

Lors de cette compétition qui doit avoir lieu du 11 au 14 novembre 2021 en Thaïlande, elle portera les couleurs de la France. Une fierté pour la jeune femme qui peine à réaliser la chose au lendemain de sa performance. "J’ai encore un peu du mal à y croire. Ce qui m'inspire vraiment c'est que j'intègre un collectif, je vais partir en stage avec des coureurs que j’ai toujours observés avec des gros yeux. Je pense que je vais énormément apprendre" présage-t-elle. Elle s'élancera sur environ 80 km, avec entre 3 000 et 6 000 mètres de dénivelé positif.

Le grand bain de la course à pied, Manon Bohard est tombée dedans quand elle était petite, par la force des choses, à l'image d'une enfant qui veut passer du temps avec son père. Patrick Bohard, le haut-doubiste véritable pionner de l'ultra-trail spécialisé dans les très longues distances et détenteur de records en tout genre, l'a initiée dès son plus jeune âge. "Il est très content pour moi évidemment. C’est chouette de voir à quel point on peut être en lien et partager des expériences et se découvrir l'un et l’autre" s'enthousiasme Manon, tel un fil conducteur d'énergie positive. 

La spécialité de Manon Bohard est l'ultra-trail.
La spécialité de Manon Bohard est l'ultra-trail. © Pierre Antoine Boillon

Un avenir prometteur

La Franc-Comtoise n'a pas du tout réfléchi à son objectif pour les mondiaux, cette cerise sur le gâteau d'une année bien remplie. Il faut dire que ces échéances sont finalement moins renommées et attendues que les célèbres courses internationales telles que la Diagonale des fous à La Réunion, l'Ultra-Trail Mt.Fuji au Japon ou encore l'Ultra-Trail du Mont-Blanc dans les Alpes. C'est sur cette dernière compétition qu'elle espère briller, avant toute chose. Elle prendra le départ de la course TDS, acronyme de "Sur les Traces des Ducs de Savoie" sur une distance de 145 km avec 9 100 D+, le 24 août. "C'est une course plus sauvage, plus technique, avec des terrains plus variés, mais sur laquelle il faut être plus en gestion et la vitesse est moins fondamentale. Je rêve de faire une performance sur la TDS. Je me suis entraînée toute l'année pour ça et je suis focus là-dessus. Je ferai tout ce qu’il y a en mon pouvoir pour réussir cette épreuve" nous explique Manon Bohard, tout en avouant manquer un peu de confiance en elle concernant les mondiaux.

Elle qui ne souhaite pas dédier entièrement sa vie à sa pratique sportive, puisqu'elle aime son travail par dessus tout, espère néanmoins continuer à progresser. "J'aurai 30 ans en octobre et cela ne fait que deux ans que je fais du trail en compétition. Je ne suis qu’au début de tout ça" conclut-elle. On n'en doute pas une seconde et on suivra ses performances avec attention.

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