Leçon de rap conscient avec Elio, le rappeur de Besançon, dans #Studio3

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Écrit par Chloé Bouchasson

Lunettes de soleil opaques sur le nez, le rappeur bisontin Elio s’est saisi du micro de #Studio3 pour partager avec nous deux titres de son dernier EP « Dédale ». Accompagné de son camarade de son, DJ Fresh, ses textes avisés et la musique électro qui les accompagnent ont fait trembler les murs du studio !

Aujourd’hui, la tendance est au rappeur lover et au rappeur marrant. Mais Elio, ça fait presque 20 ans qu’il manie les mots, alors forcément, celui qui a découvert le rap dans les années 90 propose des chansons plus réfléchies et matures. « Avant, on était beaucoup plus conscients, centrés sur des thèmes sociétaux. Et c’est ce que je continue à faire car je viens de cette école ». Faire le pitre dans un clip ou écrire une chanson de lover parce que c’est ce qui se fait en ce moment, ça ne l’intéresse pas Elio.

Je sais d’où je viens, où j’en suis et où je vais

Elio

Comme il l’exprime dans le titre « Dans ma Bulle » qu’il interprète sur le plateau de #Studio3, Elio ne se laisse pas atteindre par ce qu’il se passe autour de lui, il reste dans sa bulle et suit ses objectifs. Il sait où il va et ce qu’il veut. Il n’y a qu’à regarder son parcours. Enfant il découvre le rap, français avec NTM, puis américain avec le Wu-Tang Clan, et ça lui plait. Vraiment. Alors vers 15 ans, il commence à écrire des textes. Puis, pour s’amuser, il s’enregistre chez un ami qui a un ordi et une carte son. Très vite, ça devient du sérieux et il décide de se lancer. Concerts en MJC, fêtes de la musique, de projet en projet, de scène en scène, il avance et trace sa route. Grâce au collectif « l’index » de José Shungu, membre du groupe greenshop  et figure du rap bisontin, qu’il intègre en 2008, il gagne en visibilité en faisant des premières parties pour le festival des Echanges Urbains.

Aujourd’hui, Elio, c’est 30 000 vues en moyenne sur ses clips. Tout ça sans vulgarité. Plutôt rare dans le milieu du rap en ce moment… et ça fait du bien ! Le fond plus que la forme est essentiel pour ce rappeur. « Malheureusement, aujourd’hui, il y a plus d’artistes qui accordent davantage d’importance au paraître et à l’image plutôt qu’au fond. Alors qu’on fait de la musique, donc l’important c’est le fond ! ».

Son titre « Atome », par exemple, reflète la façon dont il considère sa musique, « c’est une base qui est là et qui ne demande qu’à évoluer et à peter à un moment donné ». Si Elio souhaite évidemment trouver son public, il ne cherche pas pour autant à faire le buzz.

J’ai l’impression qu’on est dans une époque où il faut aller vite, être là tout de suite parce que tout peut s’effondrer du jour au lendemain. Donc c’est un peu la course au buzz à tout prix, mais ce n’est pas mon cas

Elio

Pour cet artiste, la musique c’est avant tout prendre le temps. Prendre le temps de choisir le bon mot, de peaufiner un titre, d’évoluer, de partager avec le public. Pour « Dédale », il a mis 1 an et demi avant d’en voir le bout. Et pour son titre « Manège » inclus dans l’EP, il a fait trois versions avant d’être satisfait. Il prépare actuellement un nouvel EP de 7 à 8 titres, mais cette fois-ci, c’est nous qui allons devoir prendre le temps d’attendre car c’est pour 2023 !

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#studio3 a été réalisé par les équipes de France 3 Franche-Comté :

Mise en images : Dominique Perron

Techniciens vidéo : Dominique Robbe et Bertrand Poirier

Son : Pierre Mayayo et Vincent Grandemange

Lumières : Mostefa Bouchaour

Cadreurs : Gregory Adnot et Christophe Richert

Infographie / habillage : Bertrand Poirier

Montage : Guillaume Bessaa

Interview : Clémence Baverel

Rédaction web : Chloé Bouchasson

Editeur web : Pascal Sulocha