PHOTOS. Une ferme maraichère au milieu de 200 logements : à Besançon, l'étonnante reconversion d'un site industriel se dessine pour 2026

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Écrit par Toky Nirhy-Lanto .

Imaginez une ferme maraîchère, au pied de vos immeubles ! C'est le projet qui doit être achevé à Besançon, d'ici 2026. À cette date, près de 450 habitants doivent pouvoir profiter de cette réalisation qui promeut les circuits courts et la consommation locale.

Et si vous mangiez les légumes cultivés au pied de votre immeuble, en pleine ville de Besançon (Doubs) ? Cette idée n'est plus si superflue que ça. D'ici 2026, l'ancien site industriel de la marque horlogère américaine Fralsen situé entre le boulevard Kennedy et la route de Gray accueillera une ferme maraîchère et près d'une dizaine d'immeubles d'habitation. Cela représente environ 450 habitants. C'est une première en France.

De la terre végétale et une agriculture raisonnée au pied des immeubles

Pour Aurélien Laroppe, ce projet présente plusieurs intérêts. Le conseiller municipal de Besançon (EELV) en charge de l’urbanisme insiste d'abord sur l'aspect écologique. "La surface totale occupée par le projet représente 2,5 hectares. 60 à 70% de cette surface sera désimperméabilisée, soit environ 1,5 hectares. Il s'agit de la surface minimale requise pour garantir la stabilité des activités maraîchères. L'idée, c'est de rendre le sol totalement perméable. Le béton sera traité. On ramène ensuite de la terre végétale sur le site, pour en faire un espace agricole. Des pièces électriques implantées dans le sol depuis 10 ans nous aident déjà, pour analyser la qualité du terrain", expose celui qui est aussi vice-président de Besançon métropole en charge du plan local d’urbanisme intercommunal. 

Autre caractéristique, selon le conseiller municipal : "Il s'agit d'un projet d'agriculture urbaine qui peut permettre aux habitants de consommer ce qui est en bas de chez eux." La parcelle permettra en effet d'implanter une ferme maraîchère. Autrement dit, les habitants pourront donc consommer des légumes en circuit court. Côté équipements, les immeubles qui vont être bâtis seront chauffés par géothermie et par des panneaux photovoltaïques".  L'ensemble des constructions occupera les 5,5 hectares de l'ancien site industriel.

Il y aura "autour d'une dizaine d'immeubles d'une hauteur de deux à huit étages", précise Aurélien Laroppe. Des habitations destinées à tous les publics, à en croire la société de promotion immobilière en charge du projet. "Sur l'ensemble de cet espace, nous aurons aussi bien de l'habitat public et notamment le bail réel solidaire, mais aussi des logements étudiants et enfin des logements accessibles à la location ou à l'achat. La proximité de la faculté de Besançon fait qu'il y a 13.000 étudiants à côté du site, sans compter les 10.000 travailleurs", explique Fabrice Jeannot, président de la SMCI.

D'un site totalement industriel vers un multi-site

Pour remonter aux origines de cette transformation, il faut revenir quelques années en arrière. "Cela fait entre 2 ans et demi et 3 ans que ce projet a été réfléchi", se souvient Aurélien Laroppe. La ville a choisi cet endroit pour plusieurs raisons. "C'est un site artificiel avec du béton. Il s'agit de le transformer en espace agricole. Nous ne voulons justement pas utiliser de terrains agricoles pour l'implantation de bâtiments", justifie l'élu. 

La surface de ce projet expérimental représente 25.000 m2 sur les 40.000m2 disponibles. Le groupe Fralsen souhaite en effet ne garder qu'une partie de ses bâtiments. "Il y a dix ans, cette marque horlogère a indiqué n'avoir besoin que de 15.000m2", complète Fabrice Jeannot, le président de la SMCI. Au final, le site doit faire cohabiter des logements, un terrain agricole mais aussi des activités industrielles. "Le silo à voitures qui va être bâti sera construit à la périphérie de la parcelle, il fera tampon avec les activités industrielles et commerciales. Une passerelle piétonne à 4 mètres du sol, au-dessus de la ferme urbaine, reliera directement les habitations à ces espaces", décrit-il. 

Pour le moment, aucun autre idée semblable n'a été lancée en France. "Lors de la présentation au cours du salon des maires à Paris, du 22 au 24 novembre, il nous a été indiqué ne pas avoir connaissance de projets de cette ampleur", indique Fabrice Jeannot. "Si le plan local d'urbanisme est modifié", la condition nécessaire, comme le rappelle Aurélien Laroppe, le premier poser de briques est attendu en 2024. La fin du chantier est quant à elle estimée à fin 2025 ou début 2026.

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