Rodéos urbains : le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti était à Besançon

Publié le Mis à jour le
Écrit par Sarah Rebouh avec Marion Russel

Le ministre de la Justice était à Besançon ce mardi 25 janvier dans le cadre de la lutte contre les rodéos urbains. Il s'est rendu au tribunal puis au CFA Hilaire de Chardonnet. Détails.

Le 7 juillet 2021, un homme de 20 ans était condamné à 5 ans de prison à Besançon après avoir renversé et blessé un policier qui tentait de l'arrêter alors qu'il effectuait un "rodéo urbain".

"Intervenir sur le fait et tenter de procéder à des interpellations d'individus perchés sur des deux-roues, cela est trop dangereux la preuve" expliquait à l'époque Yves Cellier, directeur de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Doubs. A Besançon, comme dans de nombreuses villes de France, ce phénomène a pris de l'ampleur ces dernières années et pose de nombreux problèmes aux riverains et aux usagers de la voie publique.

Pourtant, depuis la loi du 3 août 2018, le rodéo urbain, qui consiste à faire des acrobaties ou des courses de vitesse avec un véhicule motorisé (c’est-à-dire une moto, un scooter ou une voiture), est un délit passible d'un an de prison et de 15 000 € d'amende.

Des condamnations en hausse mais un phénomène qui ne semble pas faiblir

Ce mardi matin 25 janvier, le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti était à Besançon pour faire le bilan d'une loi qui a créé un délit spécifique puni d’un an de prison et aggravé quand il est commis en réunion ou sous l’empire d’alcool ou de drogue. Cette loi a eu pour conséquence une multiplication des interventions de police contre les rodéos, dont le phénomène ne semble pourtant pas faiblir.

Les infractions verbalisées lors de rodéos motorisés sont en hausse de 11,9% (2 864 verbalisations en 2020, 3 206 en 2021), selon les ministères de la Justice et de l'Intérieur. Le nombre de condamnations affiche lui une hausse de 39,6% (991 condamnations en 2020, 1 383 en 2021).

Le ministre de la Justice est arrivée aux alentours de 10h30 au tribunal de Besançon, sans manquer de saluer le personnel d'accueil. "Vous êtes le premier visage de la Justice quand les gens arrivent" a-t-il dit. Il a rendu visite à plusieurs services et a été salué par quelques avocats dans les couloirs. "Comment ça se passe ?" a-t-il demandé lors de son passage à la permanence du tribunal . "Et bien, très bien, on ne s'ennuie pas" a répondu l'une des greffières du tribunal. Il a abordé la question des moyens alloués à la justice et a admis qu’il fallait "un effort pour augmenter le nombre de magistrats". Pour rappel, le 15 décembre, une manifestation nationale a été suivie à Besançon, pour demander plus de moyens pour la justice en France.

Il s'est installé à une table pour entamer des discussions d'une vingtaine de minutes sur le thème des rodéos urbains, aux côtés, entre autres, d'Anne Vignot, maire de Besançon et face à Etienne Manteaux, procureur de la République. Les responsables locaux de la police et de la gendarmerie ainsi que les différents acteurs en charge de la lutte contre ce phénomène étaient également présents.

Ce dernier devait réaliser une présentation de l'action du parquet et de la police ainsi que de la gendarmerie pour lutter contre le phénomène de rodéos urbains. En tout début de réunion, il a rappelé que le quartier Planoise était l'un des endroits où se produisent le plus souvent ces faits.

Nous n'avons pas pu assister à la suite de cette réunion, contrairement à nos confrères de l'Est Républicain. "Seule la presse écrite" a été autorisée à assister aux échanges entre les différents acteurs. Notre équipe de journalistes était pourtant accréditée pour cette visite ministérielle.

Le ministre s'est ensuite rendu au CFA Hilaire de Chardonnet où il était prévu qu'il échange avec des professeurs et des apprentis qui se forment en partie grâce à la mise à disposition de biens confisqués, motos et scooters, par les forces de l'ordre dans le cadre des rodéos urbains.