VIDEO. Les dragées de la confiserie Jacquemin faisaient la réputation de Besançon. Retour sur cette saga sucrée

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Écrit par Laurie Henriet .

Les dragées de la confiserie Jacquemin ont attiré des gourmands de Franche-Comté et de Navarre pendant plus de 160 ans. Retour sur une histoire unique de l'industrie locale.

C’est l’histoire d’une confiserie mythique, ayant régalé des générations de petits et grands. La confiserie Jacquemin est fondée en 1854 par Jules Jacquemin. Il y confectionne avec minutie des dragées qui feront sa renommée. “Il fabriquait lui-même ses dragées, il les vendait, il les livrait, etc... raconte Philippe Jacquemin, frère du dernier dirigeant de l'entreprise et descendant de Jules Jacquemin.

La fabrique artisanale se situe alors au 38 rue des Granges. En 1871, l’atelier est transféré au 41 rue des Granges où elle occupe un magasin et les 2 arrière-cours.

L'âge d'or de la gourmandise

L’affaire sucrée est florissante et en 1904, Jules Jacquemin acquiert les terrains bordant l’ouest de la rue du Château-Rose. Ses fils, Joseph et Emile, font construire peu de temps après une usine ultramoderne pour l’époque : une usine à vapeur. La gamme de douceurs s’agrandit : on y fabrique à présent du chocolat et diverses confiseries (dragées, pastilles, pralines, bonbons fourrés, etc.).

“On entrait dans les bâtiments par une cour située en bas de la rue. De part et d'autre d'une allée centrale étaient disposés quatre ateliers principaux. D'un côté la chocolaterie et la confiserie de sucre cuit. De l'autre, les dragées et l'atelier d'office (celui où étaient fabriqués les articles coulés comme la gomme, la réglisse, les pâtes de fruit, etc..). Au fond, la chaudière haute pression et la machine à vapeur distribuaient mouvement et chaleur aux machines (par des systèmes à poulies) et aux cuiseurs. écrivait Daniel Jacquemin, dernier dirigeant de l'entreprise, en 2014.

“Tous les Franc-Comtois venaient acheter des dragées dans le magasin de l’usine, même si elles étaient en vente aussi chez les détaillants, renseigne Jean-Claude Goudot, membre du Collectif Histoire des Chaprais. “Lors des grands mariages, des grands baptêmes, des grandes communions dans le Haut-Doubs, les gens se déplaçaient pour venir acheter cette dragée d’une qualité exceptionnelle.

Ça part en "sucette"

En 1930, l’usine emploie 54 personnes. Mais au gré des aléas et des guerres, les activités de la confiserie familiale s’étiolent peu à peu. L'effectif n'est plus que de 18 salariés en 1975. Daniel Jacquemin, le dernier dirigeant de la famille Jacquemin, vend les locaux de la rue du Château Rose en 1981.

Ateliers et magasin déménagent au 3 rue des Cras. On n’y produit plus que des dragées. L’entreprise sera revendue en 2002 avant sa fermeture définitive en 2017.

Aujourd’hui elle n'est plus qu'un souvenir mais la confiserie mythique demeure une institution pour de nombreux Franc-Comtois. Elle a fait l'objet mardi 6 décembre 2022 d'une conférence animée par des passionnés d'histoire locale, membres du Collectif Histoire des Chaprais, associés à l’équipe du foyer “Les oiseaux” et des membres de l’association “Besançon J’aime ma ville d’autrefois”. Une autre conférence se tiendra le 12 janvier 2023, salle Proudhon à Besançon.

Reportage vidéo : Catherine Schulbaum et Florence Petit

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