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Montbéliard : la CGT rend hommage aux victimes du 11 juin 1968

Bruno Lemerle, reponsable CGT de PSA Sochaux / © Robin Crumière
Bruno Lemerle, reponsable CGT de PSA Sochaux / © Robin Crumière

Il y a tout juste 50 ans, Pierre Beylot et Henri Blanchet ont trouvé la mort dans l'usine de Peugeot de Sochaux (Doubs) lors des altercations avec les CRS. A Montbéliard, la CGT PSA  a rendu hommage comme tous les ans aux victimes du 11 juin 1968.

Par Robin Crumière

Le 11 juin 1968 est la journée la plus violente de mai-juin 1968 en France. Ce lundi 11 juin 2018, 50 ans après les faits, les membres de la CGT PSA Sochaux se sont réunis au foyer municipal d'Audincourt pour débattre et discuter des prémices et des résultats de cette sanglante période. Par la suite, une commémoration s'est tenue au square Dagnaux de Montbéliard pour rendre hommage aux victimes. Parmi la foule, quelques anciens travailleurs présents lors des combats.

Jean-Jacques Carillon s'en souvient, il avait 20 ans à l'époque et travaillait à l'usine des cycles Peugeot à Beaulieu-Mandeure. Le jour J en fin de matinée, il a décidé avec ses collègues de prendre la route pour Sochaux et prêter main forte aux travailleurs sochaliens.

Ça grenadait de partout. Il y avait même un hélicoptère qui tournait, et qui lançait des grenades qu'on appelait "en chapelet".


Joël Royer, l'un de ses amis, perdu son pied à cause d'une grenade en chapelet lancée par un CRS.


Après le dépôt de gerbe, la CGT a commémoré la mémoire Pierre Beylot et Henri Blanchet. / © Maxime Meuneveaux
Après le dépôt de gerbe, la CGT a commémoré la mémoire Pierre Beylot et Henri Blanchet. / © Maxime Meuneveaux


Mais que s'est-il passé ?


Le 8 juin 1968, les piquets de grève se sont dépeuplés. Plusieurs usines régionales ont repris le travail et à Sochaux, les syndicats ont organisé un vote. 2664 "oui" contre 2619 "non", la majorité est faible mais c'est décidé, les salariés reprendront le travail lundi 10 juin.

Le lundi 10 juin, le travail a repris en même temps que les usines du pays de Montbéliard, mais l'ambiance n'y était pas ... dès l'après midi, les ouvriers ont décidé de reprendre la grève.

A la demande de la famille Peugeot, les CRS sont intervenus dans la nuit du 10 au 11 juin pour mettre fin au mouvement de grève à l'usine de Sochaux. Aux alentours de 3h du matin, les CRS ont attaqué les piquets de grève, les ouvriers ont monté des barricades et jeté des cailloux pour éviter les coups de matraque et les grenades lacrymogènes et offensives des forces de l'ordre.

Mardi 11 juin 1968 au matin, les salariés non-grévistes arrivant au travail se sont retrouvés au milieu d'un champ de bataille. Surpris par la gravité de la situation, ils se sont alliés à leurs collègues pour mettre fin au combat mais vers 10h, les CRS ont ouvert le feu et abattu Pierre Beylot, 24 ans.

Plus tard au cours des altercations, Henri Blanchet, 49 ans, trouve aussi la mort. Il est tombé d'un mur, soufflé par une grenade.

Bilan : 150 blessés, 2 morts.


© Maxime Meuneveaux
© Maxime Meuneveaux


Des avantages chèrement payés


Suite aux événements, les négociations entre la direction de la marque au Lion et les salariés ont débouchés sur plusieurs avantages, dont notamment une augmentation de 14% du salaire des ouvriers, un temps de travail abaissé à 40 heures hebdomadaires, une indemnisation en cas de maladie ou encore un compromis sur le paiement des jours de grève.

Au 21 juin 1968 et après plusieurs semaines de grève, plus de 15 000 travailleurs sochaliens sur 25 000 se prononcent pour la reprise du travail.



Emmanuel Rivallain et Maxime Meuneveaux étaient présents lors de l'hommage de la CGT.


La CGT rend hommage aux victimes du 11 juin 1968.
Le 11 juin 1968, une altercation entre CRS et ouvriers provoque 150 blessés et 2 morts. 50 ans après, les syndicats n'oublient pas. Reportage : Emmanuel Rivallain, Maxime Meuneveaux. Invités : Jean-Jacques Carillon, ancien ouvrier des Cycles Peugeot ; Jean Cadet, technicien Peugeot ; Bruno Lemerle, ancien ouvrier Peugeot et responsable CGT de PSA Sochaux ; Yolande Urbain, veuve de Pierre Beylot ; Florence Nicolas, fille de Pierre Beylot.



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