Il y a 100 ans, Étienne Œhmichen devenait le premier homme à parcourir un circuit d'un kilomètre en hélicoptère

Le premier hélicoptère capable de parcourir un kilomètre en changeant de direction fut inventé d'Étienne Œhmichen. Un exploit réalisé le 4 mai 1924, à Montbéliard dans le Doubs. 100 ans plus tard, la ville met à l'honneur l'ingénieur franc-comtois, ce pionnier de l'aéronautique qui s'inspirait du vol des insectes.

Il y a 100 ans jour pour jour, le 4 mai 1924, Étienne Œhmichen décolle de la plaine d'Arbouans près de Montbéliard dans un engin à douze hélices. Résident de Valentigney, dans le Doubs, l'ingénieur ne sait pas encore qu'il s'apprête à rentrer de l'histoire de l'aéronautique.

Œhmichen fait un début de vol exemplaire, mais l'appareil cesse de répondre aux commandes au niveau du dernier piquet qu'il est censé contourner. L'ingénieur pense alors s'écraser, mais la machine retrouve son équilibre in extremis et vient se poser, sans encombre, sur le point d'arrivée. C'est fait, Étienne Œhmichen vient de réaliser le premier vol d'un kilomètre en circuit fermé.

Les exploits se succèdent

Difficile d'attribuer l'invention de l'hélicoptère à une seule personne. Au début du 20e siècle, les exploits se succèdent dans des engins qui changent à chaque fois de structure et de système. 

Avant Étienne Œhmichen, d'autres Français, Louis-Charles Breguet et Paul Cornu, avaient chacun fait voler leur hélicoptère de manière stationnaire, quelques mètres à peine au-dessus du sol, en 1907.

Puis, c'est après la Première Guerre mondiale que des hélicoptères avancent pour la première fois. En 1924, l'engin à deux rotors de l'Argentin Raul Pateras parcourt un kilomètre en ligne droite. La même année, Étienne Oehmichen met la barre un peu plus haute, avec son hélicoptère capable de changer de direction en vol. 

À la manière de n'importe quel oiseau

Vol d'une heure, vol à 150 mètres d'altitude... Il faut attendre les années 1930 pour que d'autres génies réalisent de nouvelles prouesses dans le domaine de l'aéronautique. 

Étienne Œhmichen, lui, ne concevra pas de machine plus performante que celui qui survola le Doubs en 1924. Mais il reste convaincu que"le vol vertical rentrera définitivement dans la pratique courante". "Les possibilités qui lui sont offertes sont pour ainsi dire illimitées", écrit-il dans une lettre adressée à l'ingénieur Louis Castex.

Œhmichen avait la particularité d'inspirer ses travaux du vivant, du battement d'ailes des insectes plus précisément. Selon le musée Wurtemberg de Montbéliard, il affirmait que l'homme ne conquerrait pas définitivement les airs tant qu'il ne saurait décoller de toutes les zones, s'immobiliser en vol et se poser où il veut, à la manière de n'importe quel oiseau.

Week-end de célébration à Montbéliard et Valentigney

"Étienne Œhmichen et la nature", c'est d'ailleurs le nom d'une nouvelle exposition sur l'esplanade du château de Wurtemberg, à Montbéliard. Elle est à découvrir à partir de ce samedi 4 mai, anniversaire du vol de l'ingénieur, et durera jusqu'au 22 septembre. 

La ville promet de revenir sur la vie et les travaux d'Œhmichen, avec des panneaux explicatifs sur l'observation du mouvement ou encore la biomécanique [la mécanique inspirée du vivant, ndlr]. Ce soir, à 22h, 220 drones offriront un spectacle aérien à Valentigney. D'autres expositions sont prévues dans cette petite ville du Doubs, où l'ingénieur a résidé de longues années. 

Étienne Œhmichen s'est éteint à Paris, le 10 juillet 1955. Un hélicoptère d'époque a transporté son cercueil jusqu'à la plaine d'Arbouans, lieu de son vol historique, où il a finalement été inhumé. 

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