Les réactions des politiques aux résultats de l'élection législative partielle du Doubs

L'UMP se divise au lendemain de son élimination face au FN et au PS au premier tour de la législative partielle du Doubs. J-C. Cambadelis (PS) demande officiellement le soutien de l'UMP pour le second tour. Le parti de Gauche qualifie l'abstention de "grève civique". 

Par I.B avec AFP

"Je ne peux pas vous dire quelle sera la position de l'UMP", a expliqué lundi NKM sur RMC et BFMTV. "En revanche, je défendrai celle que j'ai toujours défendue, à savoir que si j'étais personnellement confrontée à ce choix, et avec regret, sans gaîté de coeur, je choisirais de voter pour le candidat qui est opposé au candidat du Front National", "en l'espèce" celui du PS, a déclaré Mme Kosciusko-Morizet sur RMC et BFMTV. "Je ne renvoie pas dos à dos le Parti socialiste et le Front National. Le PS avec lequel je n'ai rien de commun, à la politique duquel je ne participe en aucune manière - je pense qu'il désespère la France. Mais je crois que le Front National défigurerait la France", a insisté NKM. L'ancienne ministre de l'Environnement, proche de Nicolas Sarkozy, a ainsi réaffirmé sa "position constante" alors qu'une absence de consigne de vote - le "ni-ni" - a été jusqu'ici la position de son parti.


Peu de voix se sont exprimées dans le sens de Mme Kosciusko-Morizet hormis l'ancien ministre et proche de Jean-Pierre Raffarin, Dominique Bussereau.






La législative partielle dimanche dans le Doubs est "une sanction pour le gouvernement" et un "message d'alerte" pour l'UMP, a estimé lundi
l'ex-ministre UMP Luc Chatel, tout en se disant hostile au front républicain anti-FN. Sur iTÉLÉ, le député a rappelé qu'il s'agissait du fief de l'ancien ministre socialiste de l'Economie Pierre Moscovici, "une circonscription à gauche et très ouvrière" où le député PS sortant a perdu 12 points et "est devancé par le FN, nettement". Donc, "pour le gouvernement, c'est une sanction". Mais la troisième place du candidat UMP, qui est éliminé, est "un message d'alerte", "une déception pour nous, parce que nous incarnons l'opposition, l'alternance et ça nous montre que les deux ans ne seront pas de trop pour préparer l'alternance", a dit M. Chatel, conseiller politique au sein de l'UMP après en avoir été secrétaire général intérimaire pendant plusieurs mois.
Cependant, "nous nous sommes remis au travail, Nicolas Sarkozy a fait un gros travail", "on a repris les choses dans le bon sens", a poursuivi l'élu de Haute-Marne. Interrogé sur son attitude avant le duel final du Doubs, alors que le bureau politique de l'UMP en débattra mardi, il a répondu: "C'est un peu compliqué, les électeurs vont avoir le choix entre le Front national et le parti qui fait monter le Front national".
"Le Front national n'est pas une voie, mais le front républicain n'en est pas une autre",
a jugé l'ex-ministre de l'Education.

Une position calquée sur celle de Nicolas Sarkozy, le président de l'UMP. Selon nos confrères d'Europe 1, Nicolas Sarkozy  a dit à ses proches qu'il ne veut ni appeler à voter FN, ni PS, lors du second tour de la législative partielle dimanche.

Appeler au "front républicain" serait "un peu une solution de facilité, c'est une manière de se défausser", a déclaré Bruno Le Maire sur France Info. Il y voit aussi "une façon de dire à tous les électeurs qui ont voté pour le Front National +vous ne faites pas partie de la République+" alors que "le rôle de l'UMP est de rassembler" autour d'une "certaine idée de la République".

Ancien conseiller spécial de M. Sarkozy, le député Henri Guaino a exprimé sur France Inter sa "conviction personnelle depuis longtemps" que le front républicain était "une folie", un "double mépris" vis-à-vis des électeurs UMP qui "n'appartiennent à personne" et de ceux qui "ont voté FN" à qui "on ne peut pas dire +nous ferons tout pour que votre vote n'ait aucune conséquence+".

L'UDI et son président Jean-Christophe Lagarde ont appelé dès dimanche à faire barrage à l'extrême droite.

A gauche, le président (PS) de l'Assemblée nationale Claude Bartolone n'a "pas de leçon à faire" aux dirigeants de l'UMP. Mais "chacun doit prendre ses responsabilités" face à un "parti xénophobe", a-t-il dit sur RTL.

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, "demande officiellement" à l'UMP de soutenir le PS face au FN lors du second tour de la législative partielle du Doubs, attribuant un possible refus de Nicolas Sarkozy à sa stratégie en vue de 2017.
"C'est un premier round, nous l'avons emporté, tout du moins dans les partis républicains. Aujourd'hui, il faut battre le Front National. Or, ce n'est pas fait. Il faut la mobilisation de tous, de tous les partis républicains", a déclaré M. Cambadélis lundi sur LCI et Radio Classique.

 


Le Parti de Gauche (PG), lui, a pointé lundi la "grève civique" avec environ 40% de participation au premier tour de l'élection législative partielle dans le Doubs, signe d'une "démocratie d'apparat", et appelle à "faire barrage au parti xénophobe et raciste qu'est le FN".
 

 

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