Stellantis ferme une usine Opel en Allemagne faute de composants électroniques, la production transférée à Sochaux

Le groupe automobile mondial Stellantis a annoncé ce jeudi 30 septembre sa décision de fermer "jusqu'à début 2022" l'usine de sa filiale Opel à Eisenach en Allemagne en raison de la pénurie internationale de composantes électroniques.

"L'industrie automobile mondiale se trouve en raison de la pandémie et d'un manque de semi-conducteurs dans une situation exceptionnelle", a expliqué le porte-parole du constructeur automobile français. "Dans cette situation exigeante et incertaine, Stellantis prévoit des ajustements dans la production" dont l'interruption des chaînes d'assemblement à Eisenach, dans le centre du pays, "à partir de la semaine prochaine".

Une nouvelle qui sur les coups de midi n’était pas encore arrivée aux oreilles des salariés de Sochaux. Jérôme Boussard, délégué CGT contacté par France 3 Franche-Comté tombe de haut. Stupéfait par cette fermeture d’une usine pour plusieurs mois. Une décision qu’il décrypte ensuite. “On sait que Carlos Tavarès veut faire des voitures avec les plus grandes marges. Eisenach fabrique le Grand land, un modèle qui était auparavant assemblé à Rennes puis Sochaux. Ce modèle ne réalise pas de grandes marges” explique le syndicaliste qui pense que cette usine allemande a été mise à l’arrêt sur ce critère. Une équipe y travaillait contre deux à Sochaux. Stellantis ferme donc une usine, pour donner par ricochet du travail à une usine française et la faire tourner au mieux avec ses deux équipes, voilà le choix visiblement arbitré par le groupe automobile.

La pénurie de semi-conducteurs touche l’ensemble de la filière automobile mondiale. L’usine de Sochaux dans le Doubs n’est pas épargnée par le manque de pièces. “A Sochaux, on nous dit tous les jours qu’il y a des arbitrages de fait. À Sochaux, on vit au jour le jour, on a perdu 650 intérimaires, l’équipe de nuit s’est arrêtée. Il faut espérer que cela va s’arrêter là” lance Jérome Boussard.

Sochaux va récupérer la production de Grandland du site d’Eisenach

La direction de Stellantis Sochaux annonce finalement que l'usine du Doubs produira des Grandland à la place du site allemand pour satisfaire la demande commerciale pendant ce temps. Aucune précision de date, ni de volumes pour l'instant. Ce transfert n'est pas forcément une bonne nouvelle estime le syndicaliste sochalien qui s’attend à ce que les intérimaires et l’équipe de nuit ne soient pas rappelés pour produire ces Grandland, mais que soit fait appel à nouveau aux heures supplémentaires et aux samedis travaillés.

Depuis plusieurs mois maintenant, l’incertitude règne dans les ateliers de l’usine du Doubs, berceau historique de la marque Peugeot. Les 3 500 salariés du système 2 - celui de la production des Peugeot 5008 et 3008 - doivent compenser les jours non travaillés par une grande flexibilité en raison du manque de pièces de composants électroniques.

Mardi 28 septembre la direction a annoncé que tous les samedis des mois d’octobre et novembre seraient travaillés, et que certains jours fériés pourraient l’être aussi. Une aberration pour les syndicats : "Ce n’est pas acceptable, c’est incompréhensible" dénonçait Eric Peultier, représentant Force Ouvrière sur le site de Sochaux.

Stellantis a déjà mis en pause plusieurs de ses usines cet été. La grande usine française de Toyota, près de Valenciennes, a pour sa part récement prévu cinq jours de pause au mois d'octobre. En Allemagne, Volkswagen, Daimler et BMW ont aussi déjà pris des mesures similaires pour quelques jours ou semaines.

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