Une ex-employée à domicile accuse Pierre Joxe d'agression sexuelle

Pierre Joxe, ancien membre du Conseil constitutionnel et ministre socialiste, a été député de Saône-et-Loire et président du conseil régional de Bourgogne. / © Sylvestre/MAXPPP
Pierre Joxe, ancien membre du Conseil constitutionnel et ministre socialiste, a été député de Saône-et-Loire et président du conseil régional de Bourgogne. / © Sylvestre/MAXPPP

Pierre Joxe, ancien président de la Cour des comptes et ministre PS, a aussi été député de Saône-et-Loire et président du conseil régional de Bourgogne. A 84 ans, il doit faire face à de nouvelles accusations d'agression sexuelle.

Par France 3 Bourgogne avec AFP

Quand Pierre Joxe a-t-il été accusé d'agression sexuelle la première fois ?

Il y a deux ans, en octobre 2017, en pleine vague #MeToo, Ariane Fornia, fille de l'ex-ministre sarkozyste Eric Besson, avait accusé Pierre Joxe de l'avoir agressée lors d'une représentation à l'Opéra Bastille à Paris en mars 2010, en lui mettant à plusieurs reprises la main sur la cuisse.

Pierre Joxe avait dénoncé "un tissu de contre-vérités" et avait demandé "des excuses écrites et publiques". Ariane Fornia avait alors répondu : "Non seulement il n'aura pas mes excuses, mais je maintiens absolument tout ce que j'ai dit."

Une audience est prévue au tribunal dans cinq jours : les protagonistes doivent s'affronter, parole contre parole.
 

Quelles sont les nouvelles accusations portées contre Pierre Joxe ?

C’est dans ce contexte que le quotidien Le Monde a révélé mercredi 13 novembre 2019 de nouvelles accusations d'attouchements. Cette fois, elles ont été portées par une ancienne auxiliaire de vie ayant travaillé au domicile de M. Joxe entre septembre 2017 et décembre 2018 pour s'occuper de son épouse, atteinte d'une lourde maladie dégénérative et aujourd'hui décédée.

Cette femme, âgée de 40 ans, a porté plainte pour "agression sexuelle" et "harcèlement sexuel"

Dans sa plainte, elle explique que Pierre Joxe avait d'abord installé "un climat d'incertitude (...) sur la pérennité de son contrat de travail". Il se serait ensuite livré à des attouchements "d'une manière répétitive et quotidienne", de sorte qu'elle "était contrainte de recourir à un arrêt de travail en date du 2 juillet 2018 afin d'éviter les agressions permanentes de M. Joxe qui se faisait de plus en plus pressant et grossier". Une main courante avait été déposée fin juillet 2018 au commissariat de Bondy, en Seine-Saint-Denis, sans toutefois porter plainte à l'époque.

Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête, qui a été confiée à la police judiciaire parisienne.

"Mon client conteste fermement ces accusations et apportera la preuve que tout cela est faux", a déclaré de son côté l'avocat de l'ancien ministre, Me Jean-Yves Dupeux.

 

Un collectif avait exprimé son indignation face à ces accusations

En 2017, lors des premières accusations, d'anciennes collaboratrices de Pierre Joxe avaient constitué un collectif pour le défendre.

"Aucune d’entre nous n’a jamais eu à connaître la moindre attitude déplacée de sa part", déclaraient les signataires, parmi lesquelles on trouvait notamment Colette Popard, présidente du groupe d’opposition au conseil départemental de Côte-d’Or et conseillère municipale PS de Dijon.

Le collectif indiquait aussi que Pierre Joxe avait nommé, "à l’encontre des usages alors en vigueur, des femmes dans des postes de haute responsabilité dans la police", qu’il avait nommé "la première générale de l’armée de l’air" et fait "entrer la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen dans les commissariats".

"Nous lui renouvelons sans réserve la confiance qu’il nous a de tout temps inspirée et aspirons à ce que son honneur lui soit rendu sans délai et sans réserve", concluait à l'époque le collectif.

Contactée ce jeudi 14 novembre à propos des nouvelles accusations qui visent Pierre Joxe, Colette Popard a indiqué qu'elle ne souhaitait faire aucun commentaire.
 

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