Forêt de Chaux : les cerfs sont-ils trop nombreux ?

Face à la dégradation causée par les cerfs sur les chênes dans la forêt de Chaux, dans le Jura, l'Office National des Forêts souhaiterait réduire le nombre de cervidés. Dans notre enquête, chasseurs et amoureux de la nature ne sont pas du même avis. 

Par Thibaut Martinez-Delcayrou

Depuis trois ans, l'ONF, qui veut éliminer 350 cervidés dans la forêt de Chaux, n'arrive plus à convaincre les chasseurs à organiser des battues. "Les forestiers ont une tendance très forte dans toute la France à considérer le cerf comme l'ennemi de la forêt, regrette Christian Lagalice, président Fédération de chasse du Jura. Il n'est pas normal de considérer un seul animal comme seul responsable des problèmes forestiers". 

Gérard Georgeon, ancien chasseur, a lâché le fusil pour l'appareil photo. S'il se rend dans la fôret de Chaux, c'est surtout pour observer Vincent, treize ans, le plus vieux cerf du massif. Il possède vingt cors. Une rareté, explique Gérard. "Il n'y a que lui qui a vingt cors, il n'y en a pas d'autre. Il devrait y avoir une dixaine de cerfs de dix-huit ou seize cors qui sont tués avant d'être adultes.

Pour l'instant, Vincent échappe au sort. "Il se fera tuer, un jour ou l'autre, pense le photographe. Il est à épargner." Car les cerfs ne font plus l'unanimité. Surtout aux yeux de l'Office National des Forêts (ONF), qui pointe du doigt la disparition des pousses de chênes.

Vincent, le cerf
On entre dans la période du brame du cerf. A travers Vincent, nous vous proposons d'aller un peu plus loin. Et de comprendre la place du cerf dans une tel massif. Dans la forêt de Chaux, deuxième plus grande forêt de France en surface, le cerf n'y est pas forcément le bienvenu. Une enquête signée Emmanuel Rivallain, Jean-Stéphane Maurice et Jean-Pascal Maujard. Intervenants : Gérard Georgeon, photographe amateur / Michel Romanski, responsable de l'unité territoriale de Chaux à l'ONF / Christian Lagalice, président Fédération de chasse du Jura.

L'ONF veut préserver ses plantations

"C'est une histoire de fin gourmet, le cerf n'est pas complètement stupide, analyse Michel Romanski, responsable de l'unité territoriale de Chaux à l'ONF. Quand vous avez une pousse annuelle qui fait vingt, trente ou quarante centimètres, qui est succulente et riche en éléments nutritifs, c'est là-dessus qu'il va aller !" Réintroduit dans les forêts françaises après la Seconde Guerre Mondiale, le cerf condamne, toujours selon l'ONF, tous les massifs forestiers de la France.
 

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