Bidons de laits, génisses, "la vie rêvée dans l'alpage" du photographe Gérard Benoit à La Guillaume

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Gérard Benoît à La Guillaume promène depuis des années ses centaines de bidons de lait à travers les paysages de France. Mais il a aussi grandi au contact des animaux. C'est donc logiquement, qu'il leur consacre une partie de sa vie. Rencontre en terre animale dans le Haut-Jura.

Loin de l'effervescence des villes, au calme dans la montagne, avec ses bêtes, Gérard Benoît à la Guillaume est aux anges.

Le personnage est à la fois atypique et attachant. Il ne laisse jamais indifférent. En ces temps tourmentés par la crise sanitaire du covid-19, lui a fait un choix. Celui de la tranquillité et de la quasi-solitude.

Chaque été et jusqu'en septembre, il garde des génisses à l'alpage, sur les hauteurs de Septmoncel dans le Haut-Jura près de Saint-Claude. Des vaches qu'il nourrit, surveille et qu'il prend aussi en photo.

Dans cet environnement Gérard est à l'aise. Depuis tout petit, il a côtoyé les animaux de la ferme. Il a commencé très vite à prendre en photo les alignements de vaches dans les comices du Haut-Doubs et du Haut-Jura.

Dans l'alpage, l'homme est épanoui, simplement heureux avec ses animaux, même s'il ne se définit pas comme un véritable berger.

Je ne suis pas berger, juste garde-génisses. Le berger a des compétences en termes d'élevage et de soins aux animaux, que je n'ai pas. Moi je les nourris et je m'assure qu'elles vont bien, ça donne du sens à que j'ai fait jusque-là, en tant que photographe de vaches.

Gérard Benoît à La Guillaume

L'homme tâtonne encore un peu lorsqu'il s'agit de faire passer les bêtes d'un pré à un autre, d'autant plus qu'avec notre présence ce jour-là, et celle de Muffin, mon chien qu'elles ne connaissent pas, les vaches étaient un peu perdues.

Gérard n'est jamais vraiment seul dans son petit paradis. Chaque jour ou presque, il peut compter sur les précieux conseils de Daniel, son ami, et voisin.

Loin des préoccupations citadines et sanitaires, Gérard et ses amis se retrouvent régulièrement au chalet de la Burdine pour partager un repas. Un repas simple le plus souvent. Car dans l'alpage s'il y a de l'électricité, il n'y a pas d'eau courante. La vaisselle est faite avec l'eau récupérée par le toit, la même que celle utilisée pour donner à boire aux vaches.

Mais pas besoin de confort, la vie s'écoule paisiblement à la Burdine. C'est ce plaisir là, que Gérard Benoit à La Guillaume aime partager.

Après la sieste, l'heure de l'action sonne à nouveau. Avec ses amis, les deux "Daniel", Gérard entreprend l'installation de ses fameux "Bidons sans frontières".

Des bouilles de lait qu'il se plaît à transporter un peu partout en France. Il les dispose dans les paysages de façon à surligner les reliefs. Des bidons qui sont aussi "des humains", chacun a son propre nom. Et lorsque Gérard les installe, avec le couvercle judicieusement positionné, on distingue aisément les yeux, le large sourire et la tête du curieux personnage.

Les vaches qui pâturent contribuent à façonner et redynamiser les paysages. En installant ensuite les bidons, je surligne le travail qui a été fait.

Gérard Benoît à la Guillaume

Au terme d'une journée passée à ses côtés, je pense avoir compris la philosophie de l'artiste. Un passionné de nature, d'animaux et de photos qui se contente de peu pour être heureux. Depuis des années, il charrie ses Bidons sans frontières, et les prend en photo. Depuis toujours, il côtoie les vaches et en apprend à chaque fois un peu plus à leur sujet. La vie n'est pas si compliquée en fait, et si c'était ça le bonheur ?

Reportage complet à retrouver sur l'antenne de France3 Bourgogne-Franche-Comté, le samedi 26 mars à 11h25, dans l'émission "En Terre Animale".