Haute-Saône : Michel Corajoud, concepteur du paysage du couvent des Clarisses, est décédé

Michel Corajoud, paysagiste-architecte qui a permis l'intégration paysagère du couvent des Clarisses à Ronchamp et de la porterie sur la colline de Bourlémont à Ronchamp, mais également concepteur du "miroir d'eau" à Bordeaux, est mort.

Michel Corajoud (à gauche) à coté d'Alain Juppé, maire de Bordeaux, en 2006.
Michel Corajoud (à gauche) à coté d'Alain Juppé, maire de Bordeaux, en 2006. © Maxppp

Michel Corajoud est décédé mercredi matin à son domicile parisien, à l'âge de 77 ans, des suites d'un cancer. "Il venait me rejoindre à l'atelier et s'est effondré dans le jardin de l'immeuble" où le couple réside, a précisé son épouse à l’AFP.

Le paysagiste français est né le 14 juillet 1937 à Annecy. Il avait suivi une formation à l'École nationale supérieure des arts décoratifs, puis avait fait ses classes au côté de Bernard Rousseau, ancien collaborateur de Le Corbusier.


Son travail à Ronchamp

A Ronchamp, il a su mettre en pratique sa devise "le paysage c'est l'endroit où le ciel et la terre se touchent", (également titre d'un de ses ouvrages), explique Benoît Cornu, premier adjoint à Ronchamp et vice-Président de l'association des sites Le Corbusier. Le couvent des Clarisses à Ronchamp (Haute-Saône) a même obtenu le prix spécial de l'équerre d'argent en 2012.

" Les voies d’accès à la Chapelle et à la Fraternité des sœurs clarisses ont été remodelées pour laisser toute la place à la nature boisée de la colline autant qu’à la spiritualité du site. Le parking paysager s’est imposé en conséquence. Le renouvellement de certains arbres et le reboisement de certains espaces de la Fraternité ont parallèlement été pensés pour redonner toute la force paysagère à la colline." C’était " urbaniste-artiste dont l'empreinte à Ronchamp participe à la beauté du lieu, ainsi qu'à son rayonnement, entre Le Corbusier, Prouvé et Piano", détaille Benoît Cornu.


A Bordeaux, le miroir d’eau

Michel Corajoud a participé à la réhabilitation des quais de la rive gauche et à la conception du miroir d’eau, livré en 2006, a fait école en France et dans le monde jusqu'en Chine.   

Sur cette œuvre bordelaise, Michel Corajoud disait "Les gens l'ont adopté de façon assez phénoménale. On l'avait un peu anticipé,mais ça nous a dépassés. Ils en ont fait un lieu urbain comme il en existe peu", s'étonnait récemment encore le paysagiste.

Le Miroir est révélateur "d'une époque où en terme d'architecture urbaine on commence à penser différemment, à cesser de gesticuler, pour s'intéresser aux gens, penser à eux et faire en sorte qu'ils soient bien dans l'espace", résumait le paysagiste,

A Paris, il a notamment signé le Jardin d'Eole à Paris (XVIIIe), l'avenue d'Italie...A Lyon, avec Renzo Piano, Corajoud a collaboré sur le projet de la Cité internationale, à la Place Antonin Perrin, au boulevard des Etats-Unis, au quai et boulverad Charles de Gaulle...

Michel Corajoud a été "l'un des premiers grands paysagistes à conceptualiser en France une nouvelle approche du paysage urbain contemporain", a écrit sur son site Internet Renzo Piano, architecte italien.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
hommage
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter