Haute-Saône: La Planche des Belles Filles n'accueillera pas les championnats du monde de cyclisme

L'Union cycliste internationale a désigné Imola pour organiser les Mondiaux du 24 au 27 septembre. La candidature italienne a été préférée au dossier de la fédération française, qui proposait un circuit se concluant au sommet de la Planche-des-Belles-Filles, quelques jours après le Tour de France.

Le passage du groupe des favoris à La Planche des Belles Filles, en Haute-Saône, lors de la 6e étape du Tour de France 2019
Le passage du groupe des favoris à La Planche des Belles Filles, en Haute-Saône, lors de la 6e étape du Tour de France 2019 © France télévisions
Tous les fans de Thibaut Pinot en rêvaient : voir le Franc-Comtois revêtir le maillot arc-en-ciel au sommet de la Planche-des-Belles-Filles, une semaine après l'arrivée du Tour de France à Paris.

Le grimpeur de Groupama-FDJ ne sera pas sacré champion du monde fin septembre, en tout cas pas chez lui, dans ce massif vosgien qu'il connaît par coeur.

L'UCI a en effet désigné Imola, en Italie, pour accueillir ces Mondiaux initialement prévus sur un parcours montagneux autour d'Aigle-Martigny. Les organisateurs suisses ont jeté l'éponge il y a quelques semaines en raison de la crise sanitaire.
 

"Ces Mondiaux auraient été l'apothéose"

Gilles Zoppi, président du comité régional de cyclisme



"Au niveau sportif, je suis convaincu que notre dossier était bien meilleur, le plus proche de celui d'Aigle-Martigny", regrette Gilles Zoppi, le président du comité régional de cyclisme en Bourgogne-Franche-Comté.

La candidature française proposait un parcours au moins aussi sélectif que le col de la Petite Forclaz (4 km à plus de 10% de moyenne) que le circuit suisse prévoyait de grimper 7 fois.

Après l'ascension du col des Croix (3,4 km à 5,7%), le col des Chevrères (9,7 km à 5,2%) était proposé 5 fois aux coureurs, avant l'ascension finale vers le sommet de La Planche des Belles Filles (8 km à 6,8%).
 
Moins sélectif, le circuit italien se prête moins aux ambitions des grimpeurs et convient plus aux puncheurs. En d'autres termes, plus à Julian Alaphilippe qu'à Thibaut Pinot.

"C'était une idée un peu folle, un pari osé", reconnaît Gilles Zoppi. Le dossier français a été monté en quelques jours, avec le président de la FFC, Michel Callot, son trésorier, le Comtois Gilles Da Costa, et Yves Krattinger, le président du conseil départemental de Haute-Saône, initiateur de la venue du Tour dans la petite station de sports d'hiver, entrée dans l'histoire de la Grande Boucle en moins d'une décennie. 

Le samedi 18 septembre prochain, La Planche des Belles Filles accueillera sa 5e arrivée d'étapes du Tour de France en 9 ans. 

"Ces Mondiaux auraient été l'apothéose", poursuit Gilles Zoppi.

Les Italiens ont-ils payé davantage ?

Qu'a-t-il manqué à la candidature française ? Ce qui est certain, c'est qu'Imola et son circuit de Formule 1 disposent d'infrastructures de qualité, "un énorme hôtel, un aéroport tout proche". Mais La Planche accueille sans souci le Tour de France, la plus grande course cycliste au monde, moins d'une semaine avant le début de ces Mondiaux, alors...

Alors Imola l'a peut-être emporté sur le terrain financier.

Dans un communiqué, le président du Département Yves Krattinger laisse entendre que les Italiens étaient tout simplement disposés à payer davantage pour organiser l'événement.

"Le projet haut-saônois consiste à optimiser les frais pour maîtriser les coûts et concentrer les interventions financières publiques uniquement sur le champ de l’organisation, conformément à l’approche préconisée par l’UCI. Plusieurs informations semblent indiquer que d’autres candidatures n’ont pas forcément été élaborées sur ce modèle, en réglant notamment un droit d’entrée", accuse l'élu.
 

"Nous n'avons pas de preuve, reconnaît de son côté Gilles Zoppi, mais quand les inspecteurs de l'UCI sont venus voir le circuit, ils nous ont indiqué que ces droits d'organisation joueront un rôle important".

Le président de l'UCI, le Français David Lappartient, remercie dans un communiqué les trois candidats battus (Peccioli et Alba Adriatica en Italie, et donc la Haute-Saône), qui ont présenté "des dossiers solides". "Le choix n’a pas été facile", assure le patron du cyclisme mondial
 
 
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