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Procès du double infanticide de Ronchamp : “Je regrette d'avoir fait du mal à mes enfants”

Dans le box des accusés, la jeune femme encourt une peine à perpétuité / © France 3 Franche-Comté : Philippe Arbez
Dans le box des accusés, la jeune femme encourt une peine à perpétuité / © France 3 Franche-Comté : Philippe Arbez

Le procès d'une mère de famille, Aurore B, 28 ans, accusée d'avoir volontairement noyé ses deux enfants en 2013 à Ronchamp en Haute-Saône s'est ouvert ce matin à Vesoul devant la cour d'assises. La jeune femme aurait agi par dépit amoureux. Elle est jugée pour assassinat. 

Par Sophie Courageot avec AFP

Le verdict est attendu mardi.  La jeune femme encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat de son fils de 9 mois et de sa fille de 2 ans.

La jeune femme aux longs cheveux bruns s'est présentée devant la cour, frêle et impassible, lançant des regards haineux au père de ses défunts enfants.

Je regrette d'avoir fait du mal à mes enfants, je n'aurais pas dû réagir comme ça. Je n'aurais pas dû m'en prendre à mes enfants, ils n'y étaient pour rien, ils ne demandaient qu'à vivre"

a-t-elle froidement déclaré lundi devant les jurés.

Le 15 mai 2013, la jeune femme avait elle-même appelé les gendarmes en déclarant : "Je viens de tuer mes enfants. Mon copain m'a quitté, il est parti avec une femme".
En arrivant à son domicile à Ronchamp, les gendarmes avaient découvert le corps des deux enfants flottant dans la baignoire.
La jeune femme, qui était mère au foyer, avait raconté aux enquêteurs avoir mis sa fille dans la baignoire et lui avoir maintenu la tête sous l'eau, avant de procéder de même avec son bébé.
Elle avait affirmé qu'elle avait ensuite tenté de se suicider. Ses bras portaient des marques de scarifications superficielles.
Le même jour dans l'après-midi, elle avait envoyé un SMS au père des petits dans lequel elle l'informait qu'il ne verrait plus ses enfants. D'après ses déclarations, c'est en apprenant que celui-ci avait une liaison avec une autre femme qu'elle avait "craqué".

Immaturaté affective

Selon un expert-psychiatre, au moment des faits, "il est possible" que l'accusée n'ait plus considéré ses enfants comme des "êtres vivants", mais comme un moyen de faire du mal à leur père.
L'homme, un militaire qui vivait en région parisienne, n'avait jamais été très présent dans la vie familiale. Le couple avait peu vécu ensemble. Le père rendait épisodiquement visite aux enfants, dont il n'avait reconnu que le second.
Les experts-psychiatres, qui n'ont pas relevé d'altération du discernement chez la jeune femme, ont souligné son "immaturité affective"et son "faible niveau intellectuel".
À l'audience, le président de la cour d'assises a observé "l'entourage familial très défaillant" dans lequel l'accusée avait grandi, avec une mère divorcée et alcoolique à la vie décousue.

Dès 16 ans, "je voulais être mère, je voulais une fille qui me ressemble. Je voulais donner de l'amour à un enfant, fonder une famille"

a confié l'accusée, qui avait eu à l'adolescence de nombreuses liaisons amoureuses.


Le résumé de la première journée d'audience

Une mère jugée pour l'assassinat de ses deux enfants
Les faits remontent à mai 2013 à Ronchamp. Le verdict est attendu demain. Interview : Me Caroline Lavallée, avocate de l'accusée - Me Sarah Desbois, avocate des parties civiles. Reportage S.Bourgeot, P.Arbez.




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