Cet article date de plus de 3 ans

L'histoire derrière la photo choc pour dénoncer l'abandon des animaux

Le cliché est largement partagé ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Mais il n'est pas récent, il a été pris il y a 38 ans par un photographe de Paris Match.
Capture d'écran d'un message posté sur Twitter le 28 juillet.
Capture d'écran d'un message posté sur Twitter le 28 juillet. © Twitter FED42
Vous avez peut-être vu passer ces derniers jours sur les réseaux sociaux cette photo choc. On y découvre 140 cadavres de chiens, éparpillés sur une route. Des animaux abandonnés sur la route des vacances qui ont dû être euthanasiés.
 
Mais le tweet, partagé plus de 13 000 fois, oublie de préciser quelque chose d'important : la photo n'est pas récente. Elle a en fait près de 40 ans.
 

Une photo de juillet 1980

C'est Manuel Litran, photographe pour Paris-Match, qui a pris ce cliché en juillet 1980, comme le racontait le magazine sur son compte Instagram en 2015

"L’image est saisissante, c'est la photo de la honte. Parce que tout est vrai, pas de montage numérique : les cadavres de chiens recouvrent l’asphalte. [...] En ce mois de juillet 1980, notre photographe Manuel Litran, pour visualiser ce crime ordinaire, a fait déposer sur le circuit de Magny-Cours [NDLR : ce n'est en réalité pas sur le circuit nivernais, voir ci-dessous] les 140 chiens abandonnés en seulement deux jours que la SPA a dû euthanasier", expliquait alors Paris Match. 
 

L’image est saisissante, c'est la photo de la honte. Parce que tout est vrai, pas de montage numérique: les cadavres de chiens recouvrent l’asphalte. La scène est révoltante parce qu’elle se reproduit chaque été. Pour partir en vacances, on « oublie » trop souvent son chien ou son chat. En ce mois de juillet #1980, notre photographe Manuel Litran, pour visualiser ce crime ordinaire, a fait déposer sur le circuit de Magny-Cours les 140 chiens abondonnés en seulement deux jours que la SPA a dû euthanasier. Depuis cette époque la Société Protectrice des Animaux (SPA) a voté la modification de ses statuts, et notamment l’interdiction de tout recours à l’euthanasie au sein de la #SPA qui ne serait pas justifiée par des raisons médicales. Mais le problème des abandons avant les vacances persiste. En 2015, selon la présidente de la SPA, ce sont près de 9.000 #animaux que les 56 refuges de la Société protectrice des animaux s'apprêtent à recueillir en juillet et en août et "ils vont vite se retrouver submergés". L'été dernier, les refuges ont récupéré 8.159 chiens et chats. Sur l'année entière, ils en ont pris en charge plus de 43.000. Pour décourager les maîtres, la SPA rappelle que l'abandon d'un animal est passible de deux ans de prison et de 30.000 euros d'amende. Pour ceux qui sont dans l'impossibilité de partir en #vacances avec leur animal, l'organisation propose des solutions sur son site www.spa.asso.fr Photo: Manuel Litran / Paris Match

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Depuis cette période, la SPA a modifié ses statuts et ne procède plus à ces euthanasies massives"Nous n'euthanasions pas par facilité ou pour des raisons de quotas ou de durée de séjour au refuge", précise l'association sur son site internet.

Elle détaille : "Nous faisons euthanasier (chez le vétérinaire) uniquement pour raisons de santé, comme le ferait un particulier (cancer avancé, maladie incurable, souffrance extrême...). Nous sommes également obligé d'euthanasier les animaux jugés dangereux (morsure grave à plusieurs reprises par exemple), qui représentent un risque sérieux pour les salariés ou pour les potentiels adoptants".

Chaque année, environ 100 000 animaux sont abandonnés par leurs propriétaires, selon la SPA. Cet acte est passible de deux ans de prison et de 30 000 euros d'amende.
 

Mise à jour du 31 juillet : le circuit de Nevers Magny-Cours précise dans un communiqué que la photo n'a pas été prise sur ses pistes, comme Paris Match l'indiquait pourtant.

"Le lieu où a été prise la photo ne ressemble en rien à une des pistes du circuit", indique le communiqué. "Comme tous, nous déplorons et ne cautionnons pas ces agissements envers les animaux". Nous avons donc supprimé cette mention présente dans une première version de notre article.
 
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