Jura : un parasite jamais observé en France infeste des perches

Une trentaine de perches infestées par un parasite qui n’avait pas encore été observé en France ont été prélevées par la fédération de pêche du Jura fin décembre.

Perche fluviatile infestée par le parasite Clinostomum complanatum
Perche fluviatile infestée par le parasite Clinostomum complanatum © LDA39, Laboratoire départemental d'analyses du Jura

Les poissons ont des kystes qui abritent un parasite au stade larvaire nommé Clinostomum complanatum. En France, il vient d’être observé sur des perches fluviatiles, prélevées en décembre dernier dans le canal Rhin Rhône à Orchamps. La fédération de pêche du Doubs s’est rendue à cet endroit précis car en décembre 2019, des pêcheurs avaient déjà remarqué cette infection sur des perches. Autre foyer d’infestation identifié, un étang à Noironte dans le Doubs. C’est à 25 kilomètres d’Orchamps à vol d’oiseau.

Ce parasite a déjà été remarqué en Italie et en Allemagne. Il est aussi repéré en Asie et en Afrique. Si la fédération de pêche du Jura, le Laboratoire d’analyses du Jura, le muséum et l’Université de Genève ont publié un avertissement, c’est parce que ce parasite peut perturber la santé de l’homme.

Comme tout parasite, le Clinostomum complanatum doit trouver des sortes d’hébergements pour le loger tout au long de sa vie. C’est un cycle parfaitement organisé. Prenez un oiseau mangeur de poisson, c’est l’hôte définitif du parasite. Un héron ou un canard par exemple. Le parasite a besoin de trois organismes pour vivre toutes les étapes de son développement.

LA PERCHE, UN HÔTE INTERMEDIAIRE

Les perches sont l’unes de ces hébergeurs, entre les oiseaux et de petits escargots qui vivent dans les cours d’eau ou les étangs. Le poisson mange l’escargot avant d’être lui-même mangé par l'oiseau. La perche est un intermédiaire. Et si les pêcheurs ont envie de manger de la perche crue soit sous forme de sushi ou de ceviche, ils peuvent se retrouver avec un « syndrome inflammatoire de la gorge » si la perche a été infestée par le parasite…. D’où l’avertissement publié par la fédération de pêche du Jura et ses partenaires.

Comment est-il arrivé en France ? A la suite de la publication de la fédération sur facebook, un pêcheur pense avoir constaté la présence de ce parasite il y a déjà plusieurs années.

Les scientifiques poursuivent leurs investigations. Ce parasite est peut-être arrivé avec les oiseaux migrateurs ou bien par le biais de poissons de piscicultures lâchés dans le milieu naturel pour devenir la proie des perches... C’est le poisson qui se mord la queue.

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