"Des larmes et de l’euphorie", touché par la mucoviscidose Paul Fontaine gravit le Kilimandjaro

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Écrit par Inès Tayeb

Après le sommet du Mont-Blanc en 2018, le Jurassien Paul Fontaine vient de réaliser un nouvel exploit. Il a atteint en janvier 2022, le sommet du Kilimandjaro, une manière de mettre en lumière le travail des associations Gravir pour guérir et Vaincre la mucoviscidose.

A 5895 mètres d’altitude, le voilà triomphant avec dans les mains une bannière pour sensibiliser à la mucoviscidose. C’est avec ses compagnons de route, au bout de sept jours de trek en cette mi-janvier, qu’il a réussi cet exploit, à 38 ans, de gravir l'un des plus hauts sommets du monde en Tanzanie. 

À l’approche du sommet, il y avait un mélange de larmes et d’euphorie.

Paul Fontaine

Paul Fontaine, jurassien, souffre de la mucoviscidose, une maladie qui diminue fortement ses capacités respiratoires. Il était notamment accompagné de son frère, d’un ami président de l’association Gravir pour guérir, et de deux figures du sport, la kayakiste Manon Hostens et le skipper Maxime Sorel parrain-marraine de l’évènement, lorsqu'il s'est élancé sur les sentiers de cette célèbre montagne, le Kilimandjaro.

Des souvenirs gravés 

"Le plus dur, c’était ce premier passage à 4600 mètres. Il faisait chaud, j’avais mal à la tête, j’avais des nausées, j’étais épuisé, on est plusieurs à avoir pleuré et c’est là que l’esprit d’équipe a joué. Les jours qui ont suivi, les membres du groupe m’ont aidé à porter mon sac, c’était vraiment un travail d’équipe ", se souvient Paul Fontaine. Il se remémore aussi ces instants où les guides, lors de l’ascension en pleine nuit vers quatre heures du matin, quand les jambes sont à bout de force, se sont mis à chanter en Swahili. "C’était beau, ça faisait vraiment du bien".

"Un pas devant l'autre"

Gravir l’un des sept sommets, est une épreuve pendant laquelle le mental et le corps sont soumis à rude épreuve. Alors quand il était à bout de force dans cette ascension, Paul Fontaine a puisé dans ses ressources intérieures. "J’essayais d’être au maximum dans le présent, pour ne pas douter, ne pas penser à ce qui m’attend après et ne pas penser à ce que je viens de faire. Juste faire un pas devant l’autre, un pas devant l’autre", répète-t-il.

Il s’est inspiré des récits de Philippe Croizon, Maud Fontenoy, ou encore Gérard d’Aboville, ces athlètes qui ont réalisé des performances qui suscitent l’admiration. "Après une période difficile, après avoir lu tous ces livres, je me suis dit qu’ils avaient réalisé leurs rêves, et je me suis dit, moi aussi j’ai envie d’y arriver, je vais me battre, je vais chercher le bonheur partout où il est."

Paul Fontaine est atteint de la mucoviscidose, une maladie qui touche près de 7000 personnes en France. Elle atteint principalement les voies respiratoires et le système digestif. "Au quotidien je ressens un essoufflement, on dort mal, le sport c’est le plus dur. J’ai besoin de faire la sieste l’après-midi, on passe beaucoup de temps à faire les traitements, à aller chez le kiné, il faut beaucoup s’hydrater aussi. On tousse tous les jours, on crache", explique Paul Fontaine.

Depuis plusieurs mois, il suit un nouveau traitement. "Une trithérapie sortie début juillet 2021 d’un labo américain, ces trois comprimés quotidiens m’ont beaucoup aidé et ça m’a permis d’envisager d’autres objectifs." 

Une ascension pour lever des fonds 

Au-delà de la prouesse, gravir le Kilimandjaro, lui a permis de donner de la visibilité à son combat contre la mucoviscidose et de récolter des fonds. Paul Fontaine s’investit au quotidien auprès de l’association Vaincre la mucoviscidose, depuis le sud de la France à Béziers, où il s’est installé depuis quatre ans comme coach en développement personnel.

Quelques jours après ce trek sur l'un des plus hauts sommets du monde, Paul Fontaine garde en mémoire "cette aventure extraordinaire" avec son "esprit d’équipe, la solidarité, la gentillesse des guides et des porteurs", et aussi "les larmes que j’ai eu au sommet, la vie vaut la peine d’être vécue, c’est incroyable de partager ça."