Cette photo de foudre dans le Jura fait le buzz sur les réseaux sociaux, le photographe chasseur d'orages nous raconte cet instant inédit

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Vous aussi, depuis lundi 23 mai, vous avez peut-être vu cette photo renversante d'un impact de foudre frappant la Tour-du-Meix (Jura). Son auteur, c'est Yoann Cardon, 29 ans, passionné d'orages depuis son adolescence. Ce fondu de météo nous explique les coulisses de ce moment inédit, capturé dans le Jura.

Avez-vous vu la photo de cet éclair et de cette boule de feu qui frappe le sol à La Tour-du-Meix (Jura) ? Il ne s'agit pas d'une attaque de Pikachu ni du Kamehameha de Son Goku dans Dragon Ball Z, mais bien de l'oeuvre de Yoann Cardon. À 29 ans, c'est un passionné de météo et des orages en particulier. Ce commercial pratique aussi la photo durant son temps libre. C'est justement au cours d'un de ces moments qu'il a pu capturer cet instant suspendu, lundi 23 mai, un peu avant 15 heures.

Une photo imprévue

"Au moment où cette cellule orageuse se forme, je suis alors chez des amis dans le Jura. Je suivais la formation des orages sur internet. Il se trouve qu'une de ces cellules se dirigeait vers Dole", commence Yoann. Ni une ni deux, le jeune homme fonce alors en voiture pour essayer d'immortaliser ce moment : mais pas de chance pour lui. "Le temps de faire le trajet, la cellule orageuse s'est dissipée. Je n'ai pas le choix et je me replie vers Bletterans pour rattraper une autre cellule qui se dirige vers Bourg-en-Bresse", détaille le fondu de météo. 

14 heures 40 : il s'arrête finalement à La Tour-du-Meix au sud de Lons-le-Saunier. 10 minutes avant cette fameuse photo, tout est prêt. Le trépied, l'appareil photo et son instrument magique aussi. "C'est un boitier électronique qui détecte les variations de lumière. Il permet de déclencher l'appareil photo lors de ces moments-là". Le jeune homme se trouve alors seul, contrairement à ses habitudes : "normalement, je chasse les orages avec un ami mais il travaillait ce jour-là". Il est à découvert, en pleine nature. À 14 heures 50, le boitier électronique crépite. L'impact est dans la boîte !

Capturer ce moment apporte de la joie à ce passionné. "Lorsqu'on réussit à faire cette photo, il y a de l'excitation et de l'euphorie : on vit l'instant en même temps qu'on l'immortalise". Un instant qui peut parfois lui causer des frayeurs. Malgré les précautions qu'il prend, il concède tout de même s'être fait peur, au cours de cette "chasse" aux orages. "L'an passé, dans la région de Mâcon, la foudre a frappé 30 à 40 mètres derrière moi. Je ne l'avais pas vue venir", se souvient-il. 

Féru de photo et d'orages

Si Yoann se passionne autant pour les orages, c'est parce qu'il a beaucoup voyagé durant son enfance. "J'ai vécu aux Philippines, à l'île de la Réunion mais aussi en Guinée-Conakry, entre mes 5 et mes 12 ans. Lorsque j'étais à la Réunion, des cyclones passaient régulièrement sur l'île. À force d'en voir passer, j'ai commencé à me passionner petit à petit pour ces phénomènes météo". Ces épisodes météo, il les surveille sur le site Meteociel mais aussi sur des "cartes américaines, allemandes et suisses". Un moyen de pouvoir peut-être tomber sur l'orage et prendre la photo parfaite. 

À ceux qui souhaitent prendre comme lui LA photo, il recommande d'abord la prudence. "Il faut d'abord se documenter sur la météo et évidemment sur les orages. Suivre des personnes qui ont déjà fait ces "chasses" à l'orage", ajoute Yoann. Il faut aussi un minimum d'équipement : "avec un appareil photo et à main levée, je n'ai réussi à capturer que 2 ou 3 impacts sur ces dernières années. Même si j'ai mon boîtier, je dois quand même changer les réglages de l'appareil photo toutes les 2 à 5 minutes". 

Il ne faut pas être pressé non plus : "De jour, il est difficile de pouvoir capturer les impacts de foudre. Pour un débutant, il est plus facile de capturer de bonnes photos durant la nuit", indique le passionné. De bons conseils pour pouvoir espérer un jour exposer ses photos sur les réseaux sociaux, comme Yoann le fait sur sa page Le Foudroyé