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Fichés S : les communes ont-elles le droit de savoir ?

Non rétorque le ministère de l'Intérieur. Il exclut de transmettre les noms de personnes fichées S aux maires des communes. Réactions dans deux communes du Jura. 
© JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
Le maire et député du Jura Jean-Marie Sermier (LR) aimerait savoir s'il y a des fichés S sur sa commune. Il critique la position du ministère de l'intérieur. Pour lui, les maires doivent être associés au combat contre le radicalisme.
A Arbois dans le Jura, commune de 5000 habitants, le maire Bernard Amiens (UDI) affiche sa confiance en la justice et la police. Il ne voit pas l'intérêt de connaître l'identité d'éventuelles personnes fichées S. Que ferait-il de cette information avec seulement deux policiers municipaux dans sa ville  ? 

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Fichés S : les communes doivent-elle savoir ?


Bernard Cazeneuve invoque la nécessité de la confidentialité pour les enquêtes pour ne pas communiquer les noms des fichés S aux communes.

Les fichés S pour sûreté de l'Etat "sont surveillés et non judiciarisés, ce qui indique que leur dangerosité n'est pas avérée"

précise le ministre, et "la communication d'une fiche S est impossible" pour des raisons juridiques, souligne-t-il.

"Cette confidentialité est aussi la condition de l'aboutissement des enquêtes", poursuit-il en évoquant l'arrestation de 355 personnes en lien avec des réseaux terroristes depuis janvier.

"D'un autre côté, nous devons trouver un dispositif qui permette d'associer les maires au processus de prévention et de déradicalisation et qui n'obère pas l'efficacité des services de renseignement - ce que les élus, dans leur immense majorité, comprennent très bien. Nous le faisons", assure le ministre. "Par contre, vouloir placer en détention des individus qui n'ont commis aucun crime au seul motif qu'ils ont retenu l'attention des services, c'est inefficace et contraire à la Constitution" et aux "valeurs de la République", réaffirme le ministre.

Sarkozy voudrait un référendum sur la question

Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle, a annoncé que s'il était réélu président il organiserait, le jour du second tour des législatives, un référendum sur "la mise en internement administratif des fichés S les plus dangereux".

"Nos efforts paient" dans la lutte antiterroriste, juge Bernard Cazeneuve. "On estime à moins d'une vingtaine le nombre de ceux qui ont réussi à quitter notre pays depuis le début de l'année", dit-il. Actuellement, "17 mineurs combattants" français en zone irako-syrienne sont recensés, ajoute-t-il.

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