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La famille de Cédric Gomet poursuit une photographe anglaise en justice

Cédric Gomet, décédé à la suite de l'attaque meurtrière du Bataclan à Paris
Cédric Gomet, décédé à la suite de l'attaque meurtrière du Bataclan à Paris

Les poursuites au pénal sont jugées irrecevables. Un cliché du jurassien victime des terroristes au Bataclan avait été publié dans un hebdomadaire français. On y voyait le jeune franc-comtois gravement touché. 

Par Sophie Courageot avec AFP

Les poursuites engagées après la publication de la photo du jeune homme tué lors des attentats du 13 novembre au Bataclan ont échoué pour des raisons de procédure. Le tribunal correctionnel de Paris les a déclarées vendredi irrecevables car reposant sur un "fondement juridique erroné".

Le soir des attentats, Maya Vidon-White, photographe depuis 20 ans, fait partie des premiers journalistes à arriver aux abords de la salle de concerts parisienne du Bataclan. Elle photographie un jeune homme de 30 ans, en sang, en partie dénudé, au sol, près d'un véhicule des pompiers. La photo se retrouve dans le magazine VSD, qui présente la victime comme un rescapé. En réalité, Cédric Gomet, 30 ans originaire de Foucherans est entre-temps décédé.

Les proches de la victime avaient porté plainte et le parquet avait engagé des poursuites contre le photographe et le magazine. Me Vincent Tolédano, avocat de la photographe, a contesté la validité des poursuites. Le tribunal lui a donné raison, estimant que seule une victime vivante peut déposer plainte sur le fondement du texte de loi ici retenu.

Ce texte dispose que "la diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support, de la reproduction des circonstances d'un crime ou d'un délit, lorsque cette reproduction porte gravement atteinte à la dignité d'une victime et qu'elle est réalisée sans l'accord de cette dernière, est punie de 15.000 euros d'amende".

Le tribunal a déploré que "les parties civiles aient été confortées dans le choix d'un fondement juridique erroné par la mise en oeuvre de poursuites engagées sur ce même fondement par le ministère public". Le président Alain Bourla a souligné que les proches de la victime avaient la possibilité de saisir la justice au civil.

"C'est une bonne nouvelle pour la démocratie et la liberté de la presse", a réagi Me Tolédano, "Force est resté à la loi. Le tribunal a refusé de se laisser instrumentaliser par le procureur de la République de Paris. L'état d'urgence ne sera pas l'état d'exception".

Maya Vidon-White a fait son devoir de journaliste, témoin d'un événement dramatique, dont elle a rendu compte dans toute son horreur. Elle n'a commis aucune infraction"

a-t-il ajouté.

La défense des proches de la victime n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat.

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