MBF Saint-Claude : les salariés de la fonderie vont commencer une grève de la faim devant le ministère de l'Economie

Alors que l’avenir de MBF Aluminium et de ses 280 salariés est en jeu, les salariés de la fonderie de Saint-Claude (Jura) vont lancer une grève de la faim. Ils espèrent pousser les constructeurs automobiles à maintenir et relancer leurs commandes auprès de leur entreprise. 

Les salariés de la fonderie du Haut-Jura mobilisés depuis des mois pour sauver leur usine et les 280 emplois.
Les salariés de la fonderie du Haut-Jura mobilisés depuis des mois pour sauver leur usine et les 280 emplois. © Philippe TRIAS - maxPPP

C’est une action qu’ils qualifient eux-même “d’extrême”. Mardi 12 mai, les représentants des salariés de MBF Aluminium ont annoncé qu’ils allaient entamer une grève de la faim, dès le 18 mai. “Mardi, au moins quatre salariés vont monter à Paris et commencer une grève de la faim” confirme Nail Yalcin, délégué syndical CGT. “Et jeudi, une centaine de salariés vont venir nous soutenir et montrer leur mécontentement”.

Une grève de la faim devant le ministère de l'Economie

Quatre salariés vont faire grève de la faim, une grève qu'ils entameront devant le ministère. Les salariés vont demander une audience au Président de la République et au premier Ministre Jean Castex.Depuis plusieurs semaines, les salariés s’agacent du manque d’implication de l’Etat pour sauver leurs emplois. “Le gouvernement, ils ne sont que dans l’accompagnement des postes supprimés, juge Nail Yalcin, ils ne veulent pas demander à Renault et à PSA de relocaliser un peu d’activité pour que nous puissions continuer à travailler.” "Les constructeurs français et l'Etat, seuls ont le pouvoir de péreniser MBF" assure l'intersyndicale CGT - Sud - CFDT.

A la suite de leur dernière audience devant le tribunal de commerce de Dijon, mardi 12 mai, l'inquiétude des salariés est encore montée d’un cran. Le tribunal devait prendre une décision quant à l’avenir de la fonderie de Saint-Claude. Après le dépôt de dossier tardif d’un unique repreneur, les juges ont préféré s’accorder un nouveau délai pour étudier la proposition. Ils se sont donnés jusqu’au 25 mai. “Qu’on ait un repreneur, on est contents” raconte Koray Sukran, délégué SUD. L’offre de Michaël Azoulay ne sauverait cependant que 229 postes, sur les 280, intérimaires compris, qui travaillent à MBF Aluminium. Mais surtout, ce sont les deux heures d’audition, et les questions des juges qui ont inquiété les salariés. “On les a trouvé un peu réticents" explique le délégué SUD.

La responsabilité de Renault et Stellantis pointée du doigt par les syndicats

“Notre entreprise est fragilisée, constate Koray Sukran, le chiffre d'affaires baisse”. “Alors qu’au départ, c’était l’ancien dirigeant qui était responsable des difficultés parce qu’il avait une mauvaise gestion”, raconte-t-il, pour lui, comme pour de nombreux salariés, aujourd’hui, ce sont les constructeurs automobiles qui sont en cause. “On a pas de production au niveau des donneurs d’ordre” s’agace-t-il. En effet, MBF Aluminium produit des pièces de moteur pour les constructeurs français, Renault et PSA (devenu Stellantis). “PSA reste sur ses engagements, et Renault les diminue” explique le délégué SUD.

“Renault avait contracté des engagements de volumes pour 15 millions de chiffre d’affaires annuel, jusqu’en 2026, pour des marchés innovants : les moteurs hybrides” expose Nail Yalcin. “Ces engagements étaient passés 5,7 millions et au tribunal de commerce, on a appris que Renault se désengagera totalement à partir de 2023". “Nous sommes contraints d’élever le rapport de force", estime-t-il. “Ce que l’on souhaite, c’est que les volumes que Renault a volé à Saint-Claude pour les donner à une fonderie étrangère, reviennent à MBF, pour nous donner des perspectives de pérennité”, explique-t-il.

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