MBF Saint-Claude : le tribunal de commerce s'accorde un nouveau délai pour étudier une unique offre de reprise

Ce mardi 11 mai, le tribunal de commerce de Dijon devait rendre sa décision sur l’avenir de la fonderie MBF Aluminium de Saint-Claude dans le Haut-Jura. La fonderie est en difficulté depuis son placement en redressement judiciaire en novembre 2020.

11 mai 2021, les salariés de MBF devant le tribunal de commerce de Dijon.
11 mai 2021, les salariés de MBF devant le tribunal de commerce de Dijon. © Quentin Carudel - France Télévisions

L’audience se solde par une nouvelle attente pour les salariés de la fonderie, avec une nouvelle audience fixée au 25 mai. Devant le tribunal de commerce, Mikael Azoulay un entrepreneur est venu défendre son projet, dont le contenu n'a pas filtré. C'est l'unique offre de reprise arrivée tardivement sur la table du tribunal de commerce. "On aimerait nous aussi un délai pour l'étudier et voir comment améliorer l'offre au niveau social. Lui (le possible repreneur, ndlr), il nous a séduit. Il a l'air motivé, très intéressé" confiait juste avant l'audience Koray Sukran, Sud Industrie, secrétaire du CSE.

Deux repreneurs s'étaient fait connaître lors de la dernière audience le 27 avril 2021. Laurent De Lustrac, un ancien salarié de Renault et Faurecia selon les syndicats, dont l'offre n'a pas été amenée jusqu'à son terme. Le tribunal avait fixé le 27 avril, un nouveau délai pour étudier ce deux dossiers. Un sursis rendu possible par l’aide exceptionnelle de 500.000 euros de la Région Bourgogne-Franche-Comté pour payer les salaires d’avril et ne pas mettre la trésorerie dans le rouge. 

280 emplois en jeu dans le Haut-Jura 

MBF c’est 280 salariés, dont 30 intérimaires, le premier employeur de la ville de Saint-Claude. Les salariés ont multiplié les actions pour se faire entendre, alerter sur la possible liquidation de l’entreprise.  Selon l'intersyndicale, les deux clients quasi-exclusifs de MBF, Renault et PSA-Stellantis, n'honoreraient pas leurs commandes à hauteur des engagements prévus. La fonderie du Haut-Jura produit des carters de moteurs et pièces de boîtes de vitesse, elle est à l’arrêt depuis le 31 mars. 

L’Etat veut-il sauver MBF ? Les syndicats en doutent

“Les constructeurs Français ont décidé de TUER MBF, car même les engagements de volume qu’ils avaient pris durant la procédure collective ont été revu à la baisse en fin de semaine dernière, ce qui complique encore plus la pérennité de l’entreprise” explique l’intersyndicale CGT-Sud-CFDT-FO de MBF dans un communiqué du 9 mai. Les syndicats ont fait une demande à Bruno Le Maire le 13 avril d’une table ronde avec les constructeurs. Ils déplorent n’avoir eu aucune réponse. “Cela pose vraiment la question de la volonté de l’État à garder encore une souveraineté dans le secteur de la fonderie et plus particulièrement chez MBF” ajoute l’intersyndicale.

La fédération CGT de la métallurgie souhaite "un moratoire des restructurations" des fonderies et a "réitéré" mardi 4 mai à Bercy sa demande d'une table ronde sur la filière automobile réunissant "tous les acteurs" du secteur.          

MBF Saint-Claude n'est pas la seule fonderie française en difficulté

D'autres sites sont en passe de voir disparaitre des emplois comme les fonderies de Bretagne (rattachée à Renault, 340 salariés), la Société Aveyronnaise de Métallurgie (365 salariés), la Fonderie du Poitou et l'ex-Française de roue (850 salariés en tout), dernière fabricante de jantes aluminium en France.

Dépendantes des constructeurs automobiles comme Stellantis (Peugeot) ou Renault, ces usines doivent faire face à des commandes de moins en moins grandes. Deux raisons peuvent expliquer cette baisse : le moindre recours à des moteurs diesel et la fin des moteurs thermiques actée pour 2040. Les salariés de MBF ont fait début mai un tour de France de ces sites pour alerter sur les difficultés du secteur.

            

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
économie emploi