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Municipales : "Il faut voter fin juin sinon on perd une année", les élus impatients d'un second tour avant l'été

Premier tour le 15 mars puis... plus rien ! Pour les communes qui ont déjà tous leurs élus, les conseils municipaux vont être installés au plus tard le 28 mai. Le second tour, lui, pourrait se tenir le dimanche 28 juin. Peu de candidats sont pour des élections rejouées en automne !

Mairie de Bethoncourt
Mairie de Bethoncourt © France 3 FC
C'est toujours difficile d'écrire un article qui se veut honnête intellectuellement parlant quand, après de nombreux coups de fil, vous n'obtenez presque que la même réponse : "Oui, le second tour doit se tenir fin juin !".

Donc, on va dire que rares sont ceux qui voudraient que les Français rejouent les élections municipales entièrement, avec un premier et un second tour, cet automne, comme si le premier tour du 15 mars n'avait jamais eu lieu. Peut-être quelques perdants de la première version, qui aimeraient retenter leur chance... mais qui ne le diront pas de cette façon, forcément !


La parole à ceux qui préféreraient un second tour sur septembre-octobre


C'est le cas de Jean-Philippe Allenbach candidat du Mouvement Franche-Comté à Besançon (2,18% des voix le 15 mars)
Dans un communiqué, il demande que les municipales soient rejouées à l'automne car : "Pour le MFC, il va de soi que l'abstention massive des plus de 50 ans, qui constituent 40 % du corps électoral,  qui sont ceux qui votent le plus et qui, en outre, sont les plus attachés à l’histoire de leur ville et à l’identité de leur région, notamment par rapport à la Bourgogne, lui a porté tort au niveau du résultat.  Et aussi au niveau financier, puisque du coup s’est subitement éloignée pour lui la perspective de faire plus de 5% et donc d’ être remboursé de ses frais de campagne. Ce n'est pas là une simple demande du MFC, mais une impérieuse nécessité démocratique."

Jean-Louis Fousseret, toujours maire de Besançon et toujours adhérent de La République En Marche (LREM) s'interroge lui aussi : "Le premier tour a-t-il été faussé par le manque de participation ? Est-ce bien démocratique ?". Pour rappel, il soutenait et se trouvait en 54 ème position sur la liste d'Alexandra Cordier, ex-LREM, qui n'a pas dépassé la barre fatidique des 5 %. Le maire sortant ajoute : "J'attends les recommandations du conseil scientifique. Il s'agit d'une décision difficile à prendre. Moi, j'ai un certain recul, je ne suis pas candidat. Je comprends l'impatience de ceux qui pensent qu'ils vont être élus mais faut-il craindre une nouvelle vague du virus ? Si on annonce des élections fin juin et qu'on est obligé de les annuler, ce serait terrible ! De plus, les gens n'en parlent pas, ils sont davantage intéressés par leur santé et la reprise économique."

La reprise économique : c'est justement en son nom que les responsables politiques veulent massivement un second tour dès fin juin.

 

Installer les conseils municipaux, la priorité du moment


Le 15 mars dernier, a eu lieu le premier tour des élections municipales 2020. Peu de participation, soit, mais quand même 95 % des communes de notre pays soit 30.139 communes ont élu leurs conseils municipaux au complet. Problème : comme les rassemblements étaient interdits à cause du Covid-19, les conseillers municipaux n'ont pas pu se réunir et élire les maires et les adjoints.

Ce sera chose faite à partir de ce samedi 23 mai, et durant la semaine qui suivra, jusqu'au 28 mai. Et ces "installations", selon le langage approprié, seront les bienvenues. Bernard Mamet, encore maire des Rousses et président de l'Association des Maires du Jura, s'en félicite : "La situation est compliquée dans certaines communes. Le maire sortant ne veut plus continuer, il ne s'est pas représenté, mais il doit quand même faire le boulot en attendant l'installation du nouveau et de son équipe. Sans parler de ceux qui se représentaient et qui ont été battus... Comme ça, ce sera clair. Dans le Jura, 404 communes sont au complet sur les 494 que compte le département.

De l'autre côté de la région, dans le Territoire de Belfort, la maire réélue de Delle est, elle aussi, contente, Sandrine Larcher : "Nous sommes dans la version simple de ces élections municipales. J'ai été élue dès le premier tour et le conseil municipal sera en ordre de marche le 26 mai. Et pour la ComCom, l'installation, ce sera le 6 juin. Toutes les communes de la ComCom du Sud Territoire (27 communes pour plus de 23.000 habitants) sont, elles aussi, au complet. Nous avons de la chance !" De la chance car, dès les maires et conseils municipaux installés, puis ensuite les conseillers communautaires désignés, le travail dans la ComCom pourra reprendre... et rattraper le temps perdu.

Car cette perte de temps, c'est la principale inquiétude des élus locaux.

 
Panneaux électoraux pour les élections municipales 2020 à Besançon le 22 avril
Panneaux électoraux pour les élections municipales 2020 à Besançon le 22 avril © Jérémy Chevreuil - France 3 Franche-Comté


"Il faut voter fin juin. Les mairies pourront reprendre, et les ComCom aussi"


Pour Jean-Paul Carteret, maire réélu de Lavoncourt et président de l'Association des Maires Ruraux de Haute-Saône, il faut sortir de cette situation au plus vite : "Il faut bien évidemment écouter les recommandations du conseil scientifique mais il faut voter fin juin. Les mairies pourront reprendre, et les ComCom aussi. Sinon, les ComCom vont patiner encore 6 mois de plus. On n'a pas besoin de ça !"

Même constat pour Damien Meslot, le maire LR de Belfort arrivé largement en tête au premier tour, il lui a manqué seulement 169 voix pour être élu dès le 15 mars : "Il faut voter fin juin. Pas tant pour la situation politique qu'économique. Les 5.000 communes concernées par un second tour, ce sont les plus grandes, celles qui ont les budgets les plus importants. Elles représentent 25 millions d'habitants ! Si on attend septembre-octobre, on perd une année ! Comment expliquer qu'on ouvre les écoles, les plages et les entreprises et qu'on ne puisse pas passer 10 minutes dans un bureau de vote ? Il faudra m'expliquer !"

Pour Christophe Bois, de Lons-le-Saunier, le second tour, ce sera fin juin. Candidat Agir, avec le soutien du maire sortant de droite Jacques Pélissard et La République en Marche, aucun doute pour lui : "J'ai différentes sources qui affirment que ce sera fin juin. De plus, la sortie de Christian Jacob (Président Des Républicains qui a plaidé la semaine dernière pour des élections fin juin), c'était un renvoi d'ascenseur. Il s'est violemment opposé au président de la République quand Emmanuel Macron voulait annuler le premier tour. Maintenant, il lui file un coup main."

Alors, si même l'opposition de droite est pour, après l'appel de 36 maires, toutes étiquettes politiques confondues, demandant le second tour en juin... Anne Hidalgo (Paris), François Rebsamen (Dijon), Nicolas Florian (Bordeaux) et Christian Estrosi (Nice) entre autres, ont appelé à organiser le second tour des élections municipales en juin, dans une tribune parue dans le Journal du dimanche 17 mai.

L'affaire semble bouclée, non ?


L'avis du conseil scientifique attendu au plus tard demain


Le conseil scientifique remettra entre lundi 18 mai, ce soir donc, et mardi 19 mai son rapport au Premier ministre sur la possibilité de tenir le deuxième tour des élections municipales en juin.


Dans notre pays, les collectivités territoriales assurent 70 % des commandes pour les entreprises des BTP, Bâtiment et Travaux Publics. Tout s'est arrêté dès le début d'année, à cause des élections municipales, puis mi-mars à cause du confinement. La reprise de ce secteur d'activité passe obligatoirement par une remise en route (sans jeu de mot) des collectivités territoriales, à commencer par les ComCom et autres Agglomérations.
 
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