Dans la Nièvre, "il faut suspendre le pass sanitaire", plaide le président du conseil départemental

Fabien Bazin, le président PS du conseil départemental de la Nièvre, est favorable à une suspension de l'application du pass sanitaire dans les territoires où le taux d'incidence est faible.

Le gouvernement semble ouvrir la porte à un assouplissement des mesures en vigueur pour lutter contre le Covid-19 là où l'épidémie est la moins virulente. Dimanche, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a évoqué une "réflexion" pour "adapter les règles" à "la situation locale et à l'évolution de la situation locale".

Alors qu'un conseil de défense doit avoir lieu dans la semaine, "probablement" mercredi selon Gabriel Attal, le président du conseil départemental de la Nièvre Fabien Bazin souhaite que l'application du pass sanitaire soit rapidement suspendue là où la dynamique de l'épidémie le permet.

 

• Que demandez-vous au gouvernement ?

Fabien Bazin, président du conseil départemental de la Nièvre : Il se trouve que le taux d'incidence dans la Nièvre est aujourd'hui à 22. Donc on est revenu à une situation sanitaire qui est tolérable et acceptable.

Ce que nous disons dans ce cas-là, c'est qu'il faut suspendre la question du pass sanitaire tout en maintenant bien entendu les gestes barrières et le port du masque, notamment pour les personnes qui ne sont pas vaccinées à ce jour. 

 

• Vous pensez que l'application du pass sanitaire pèse lourdement sur l'économie ? 

Elle pèse à la fois sur l'économie et elle pèse, j'allais dire, sur le moral des troupes, sur l'état général de la population. Ça fait quand même maintenant plus de 18 mois qu'on vit une situation totalement inattendue et extrêmement difficile à vivre.

Avec un fort taux de vaccination - 75 % dans la Nièvre - et un faible taux d'incidence, tout ce qui peut contribuer à alléger ces mesures, qui sont des mesures d'urgence, est bon à prendre.

Si ça repart, bien évidemment, il faudra probablement réinstaurer un pass si on sentait que le taux d'incidence explose à nouveau.

 

• Un conseil de défense sanitaire est annoncé pour cette semaine, peut-être mercredi. Il faudrait selon vous que ces mesures soient prises rapidement ? 

Oui. À partir du moment où les chiffres sont ce qu'ils sont et où le gouvernement fait une ouverture claire en disant "on lèvera peut-être sur certains territoires les mesures de pass", je ne vois pas pourquoi il ne faut pas y aller.

Tout est réversible, donc allons-y, tentons. Et si jamais on a la moindre inquiétude, la moindre crainte, on revient à la situation antérieure.

On respectera probablement plus le port du masque et les gestes barrières si on n'a pas cette pression qui, pour certains d'entre nous, est devenue extrêmement difficile à vivre au quotidien. 

Je pense qu'il y a peut-être une chance qu'on en ait fini avec cette affaire-là au printemps prochain. Il faut se donner toutes les chances d'arriver à cette échéance, mais il faut le faire en respectant nos concitoyens.

 

• Vous l'avez rappelé, 75 % de la population de votre département est désormais vaccinée. Que faut-il faire pour aller chercher ceux qui ne le sont pas encore ? 

Aujourd'hui, on sait qu'il y a des des personnes qui sont seules, qui sont en situation d'isolement - et je ne parle même pas des gens sans domicile fixe - qui n'ont pas accès au vaccin. Donc il y a un travail beaucoup plus fin à faire.

On a fait le gros des troupes aujourd'hui, la vaccination de masse chère à Alain Lassus [l'ancien président du conseil départemental de la Nièvre]. Maintenant, il faut rentrer dans le détail et aller chercher tous ceux qui souhaitent se faire vacciner et qui n'ont pas accès au vaccin en raison souvent de leur situation sociale.

Encore une fois, il faut faire confiance aux territoires pour ça. Notamment dans les territoires ruraux, on connaît bien nos populations, on connaît bien nos concitoyens. Il faut qu'avec les médecins libéraux, avec les 11 centres de vaccination dont nous disposons sur le territoire, avec les centres sociaux, on puisse vraiment s'assurer que tous ceux qui souhaitent se faire vacciner aient accès au vaccin aujourd'hui. Ce qui n'est pas encore totalement le cas. 

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