Le clocher de la cathédrale de Nevers inauguré après 5 ans de travaux

Un détail du clocher de la cathédrale de Nevers / © FTV
Un détail du clocher de la cathédrale de Nevers / © FTV

La cathédrale Saint-Cyr et Sainte-Julitte de Nevers se voit enfin débarrassée de ses échafaudages ! Après 5 ans de travaux de restauration, le clocher apparaît enfin entièrement restauré. Un évènement pour cette cathédrale dont les parties les plus anciennes datent du XIème siècle.

Par F.L.

Un patrimoine historique exceptionnel pour un chantier ambitieux

Engagée et financée en totalité par l’État à hauteur de 9 M€, la restauration du clocher de la cathédrale de Nevers, propriété de l’État, est l’un des chantiers de sculpture monumentale les plus ambitieux engagés par le ministère de la Culture et de la Communication ces dernières années.
Sa réalisation a été marquée par une collaboration exemplaire entre maîtrise d’oeuvre, maîtrise d’ouvrage et entreprises spécialisées, sur un chantier d’une grande complexité technique et scientifique.

La cathédrale de Nevers a été édifiée à partir du XIème siècle et comporte un choeur occidental roman.
La nef et le choeur oriental gothique ont été construits au cours des XIIIème et XIVème. Des chapelles ouvertes sur les bas-côtés de la nef et sur le choeur ont été ajoutées aux XVème et XVIème.
Le clocher, dit "tour Bohier", a été élevé en deux temps (fin XIVème-début XVIème).

Bombardements de 1944

La nuit du 16 juillet 1944, l'aviation alliée anglaise avait procédé à des bombardements visant l'emprise ferroviaire de la ville. La cathédrale de Nevers, après le bombardement du 16 juillet 1944 / © Orgues en Nièvre
Malheureusement, les frappes aériennes ont endommagé et ruiné une grande partie du vaisseau central et les voûtes de l'abside gothique de la cathédrale, le clocher a été épargné.




Erosion du temps et de la pollution

L'état sanitaire très dégradé des parements de la tour a amené l'État, propriétaire à commander une étude préalable à l'architecte en chef des monuments historiques en 2005.
À la suite de chutes de matériaux mettant en danger la sécurité du public, des mesures conservatoires et une tranche expérimentale de travaux, menée avec l’appui du Laboratoire de recherche des monuments historiques, sont mises en place par la DRAC entre 2006 à 2008 sur une zone-test.
L'état de dégradation de la pierre et des statues a mené à une réfection complète de celles-ci / © DRAC Bourgogne
Cette 1ère intervention a permis de dresser la liste des pathologies (érosion de la pierre, fissures, desquamation, présence de mousses et lichens, encroûtement, traces de pollution...) et de réaliser des essais de nettoyage permettant d'affiner le projet de restauration du clocher.
Le programme de restauration engagé vise à la conservation maximale de la sculpture décorative et de la statuaire monumentale et au remplacement ponctuel des parties les plus altérées, afin de conserver au clocher de la cathédrale son rôle ornemental dans le paysage urbain.

Un chantier monumental et coûteux

De par sa complexité et de son ampleur, le projet de restauration est présenté devant la Commission nationale des monuments historiques en 2010.
Le choix s'effectue sur le remplacement des statues de parement de 3 m de haut.
En cours de chantier, le choix du mode de copie se porte finalement sur la réalisation de sculptures neuves en pierre de taille afin de concourir à la préservation des savoir-faire traditionnels des sculpteurs, selon une pratique continue du service des monuments historiques depuis le XIXe s. 
Ces travaux, répartis sur 3 tranches correspondant aux 3 étages de la tour, ont débuté à l’été 2011 et sont en cours d’achèvement.
  • 1ère tranche : niveau supérieur et tourelle (2010 : montant : 3 600 000 €)
  • 2ème tranche : niveau intermédiaire (2011 : montant : 3 300 000 €)
  • 3ème tranche : niveau inférieur (2012 : montant : 1 200 000 €)

Un des chantiers les plus importants de la décennie

Par sa complexité scientifique et technique et par son volume de travaux, cette opération de restauration est l’une des plus importantes de la dernière décennie menées sur les cathédrales en France.
Au temps fort du chantier, près d’une vingtaine de compagnons se sont formés et ont oeuvré sur les échafaudages et en atelier (maçons, tailleurs de pierres, appareilleurs, mouleurs, sculpteurs, restaurateurs, laboratoire de traitement de pierre, maîtres-verriers, charpentiers, couvreurs).

La pierre de Nevers, sensible au gel

Plus de 300 m3 de pierres ont été changés sur les façades très altérées.
La pierre de Nevers, gélive, a été remplacée avec l’appui scientifique du Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques par des matériaux en provenance du Poitou.
Les gargouilles neuves ont été taillées dans la pierre nivernaise de Verger. Une vingtaine de statues d’environ 3 m de haut ont été sculptées à partir de moulages augmentés.

Le reportage de Cécile Claveaux et Tania Gomez

Intervenants :
  • Paul Barnoud, Architecte en chef des monuments historiques
  • Christelle Creffe, Directrice régionale des affaires culturelles de Bourgogne
Fin des travaux de rénovation cathédrale de Nevers
Ce vendredi matin, 23 octobre avait lieu l'inauguration du clocher de la cathédrale de Nevers. L'occasion de marquer la fin d'un important chantier. La réfection de cette partie de l'édifice a demandé de longues années de travail et un budget important. Cécile Claveaux et Tania Gomez étaient sur place.







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