Cinéma : comment un historien de Saône-et-Loire en est arrivé à conseiller Ridley Scott pour son dernier film

Le film médiéval de Ridley Scott, intitulé The last duel (le dernier duel), est sorti le 13 octobre dans les salles. L'histoire peut sembler incroyable, mais un jeune Bourguignon, Lorris Chevalier, historien médiéval, a conseillé la production du film.

Lorsqu'il croise le réalisateur Ridley Scott pour la première fois, Lorris Chevalier ne sait pas encore que cette rencontre va être déterminante. Nous sommes en 2019 et le jeune homme poursuit un doctorat en histoire médiévale à la faculté de Dijon (consacré à l'éthique chevaleresque). A 26 ans, pour financer ses études, il est aussi chargé de développement touristique au château de Berzé, en Saône-et-Loire. C'est là qu'il va rencontrer le réalisateur des films cultes "Alien" et "Blade runner", venu en repérages avec son équipe, pour la préparation de sa nouvelle superproduction, un film d'époque avec Matt Damon et Adam Driver.

Loris Chevallier présente les lieux au cinéaste et ils sympathisent lors de la visite. Quelque temps plus tard, à sa grande surprise, il est rappelé par la production qui lui annonce que "son" château a été retenu comme décor, pour quelques scènes clé du film. On lui demande aussi de rédiger plusieurs dossiers historiques. Le chargé de développement se transforme en documentaliste.

 

Je disais qu’il me fallait un mois pour le dossier et l’on me répondait que c’était pour le lendemain matin.

Lorris Chevalier

 

 

Au plus près de Ridley Scott et des acteurs

En mars 2020, l'équipe de tournage s'installe en Saône-et-Loire pour une semaine. Lorris Chevalier va, dit-il, rester en permanence sur le plateau et selon lui, entre les prises, Ridley Scott n'hésite pas à le solliciter : "Je restais toujours à côté de lui, pour répondre à ses questions. On m’a également interrogé sur tout ce qui est liturgique, comme la manière dont le prêtre doit se tenir pour tel ou tel sacrement. J’ai aussi pu aider à la prononciation du latin. Je suis moi-même catholique et je vais à la messe en latin, donc je suis familier de cette langue, qui était évidemment identique au 14ème siècle".

Il dit même que les acteurs venaient le voir : "Surtout Matt Damon, qui me posait beaucoup de questions, notamment sur la dévotion et la piété médiévale, pour mieux rentrer dans son personnage”.

Lorris Chevalier affirme avoir ensuite accompagné l'équipe sur les autres lieux de tournage, en France et à l’étranger : “On est parti en famille en Irlande pendant presque deux mois. Au total, j'ai travaillé pendant huit mois sur ce film".
 

L'histoire du jeune doctorant va prendre un tour carrément inattendu quand, explique-t-il, on lui a demandé de passer devant la caméra.

Figurant sur le film

Lorris Chevalier raconte aussi que, le soir, il chantait des chansons médiévales avec les figurants. “Je suis un mauvais chanteur, mais le seul qui connaissait les chansons”, se souvient-il, amusé. Cela va l'amener à devenir... figurant sur le film : "On m’a demandé de chanter deux fois des chansons médiévales du 14ème siècle et les deux prises ont été gardées".

Il a découvert le film en avant-première, lors d'une projection à Dijon et il l'a adoré.

 

 

Bluffé par les prestations des comédiens, il se dit aussi fier de son travail. Il a pris plaisir à repérer dans les scènes du film, des accessoires qu'il a proposé : “J’ai regardé tous les objets que j’avais mis.” 

Aujourd'hui, Lorris Chavalier a laissé tomber son doctorat. En attendant, peut-être, de retravailler pour le cinéma, il a décidé d'ouvrir dans sa ville, Tournus, une boutique de produits monastiques.

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