Saône-et-Loire : après le succès des centres de santé, le département lance la phase 2 et s'attaque aux spécialistes

Créés en 2017, les centres de santé départementaux sont un succès. Ils ont permis le recrutement de 55 médecins en Saône-et-Loire. Le dispositif va maintenant aller plus loin en permettant à des spécialistes de s'installer sur le même modèle. Explications. 
À Chalon-sur-Saône, le centre de santé départemental a été inauguré le 30 mars 2018.
À Chalon-sur-Saône, le centre de santé départemental a été inauguré le 30 mars 2018. © Google Maps

Deux ans après l'inauguration du premier centre de santé départemental à Digoin, 55 postes de médecins généralistes ont été créés dans 24 lieux de consultations. En 2017, face aux manques de médecins qui guettent la Saône-et-Loire, ces centres voient le jour. Le but, salarier des médecins et en finir avec les déserts médicaux. 

55 postes créés partout dans le département

Depuis, des antennes ont également été ouvertes aux quatres coins de la Saône-et-Loire, de Saint-Léger-sous-Beuvray, à Saint-Symphorien-d'Ancelles en passant par Joncy, Simard ou Paray-le-Monial. Aujourd’hui, 15 000 personnes ont retrouvé un médecin traitant, 75% des Saône-et-Loiriens disposent d’un lieu de consultation à moins de 15 minutes de chez eux ", clame André Accary, le président du département. (LR). 

Entre tremps, le concept a été repris par d’autres collectivités françaises, dans les départements de la Corrèze et de l’Orne et dans la région Centre-Val-de-Loire.

Ouvrir le dispositif aux médecins spécialistes


Maintenant, le département souhaite développer cette stratégie et surtout s'attaquer à un autre problème médical : le manque de médecins spécialistes. 2020 marquera le lancement de cette deuxième étape. En Saône-et-Loire, par exemple, il n’y a que 3,4 dermartologues pour 100 000 habitants contre 5,6 en France, 8,5 cardiologues contre 10,4, 7,2 ophtalmologues contre 8,5 et 2,3 gynécologues contre 4,1.


 

" On va maintenant travailler sur le modèle complémentaire. Le processus sera le même que pour le recrutement de médecins généralistes et devrait prendre six mois. "

André Accary



Pour l'heure, le département travaille à cibler les manques. Sur tout le territoire, une première expertise a été faite afin de recenser les lieux dénués de spécialistes. Une seconde " plus fine " est en cours et permettra de donner un chiffre précis du nombre de personnel à recruter. L'élu précise : " On ne vient pas en concurrence des spécialistes déjà en place. Nous comblons les manques ". Il poursuit : " l’objectif est très simple c’est de régler définitivement le problème de l’offre médicale sur ce territoire. Je souhaite que les habitants n’aient pas cette problématique que l’on peut retrouver dans tous les départements de France. "

Des jeunes diplômés aux professionnels en fin de carrière : tous les profils sont concernés par ce dispositif. Parmi les spécialistes déjà installés, 52 % sont des femmes et l'âge oscille entre 28 et 65 ans. Pour pérenniser ce dispositif et continuer à attirer les professionnels de santé, des partenariats devraient aussi voir le jour avec des établissements hospitaliers. Le département souhaite pouvoir permettre à des salariés d'autres établissements de venir quelques heures par semaine par exemple. " On fera vraiment à la carte et selon les besoins " résume Alain Accary.

Les règles de la téléconsultation sont assouplies de manière temporaire en raison de l'épidémie de coronavirus.
Les règles de la téléconsultation sont assouplies de manière temporaire en raison de l'épidémie de coronavirus. © NATHALIE SAINT-AFFRE/MAXPPP

 

Développer la télé-expertise

Pour pallier le manque de médecins spécialistes dans certains territoires, le département mise aussi le développement de la télé-médecine. Ce service permet les consultations à distance avec un professionnel de santé. Il est courant dans les zones rurales ou lorsque les patients ne peuvent pas se déplacer. Depuis le lancement de ce dispositif au mois d'avril, 966 téléconsultations ont été réalisées. Certaines dans le cadre du coronavirus.

Ce dispositif doit encore se développer au courant de l'année afin de permettre la télé-expertise. Dans les faits, un patient peut être osculté par un médecin, lui-même en liaison avec un confrère spécialiste. André Accary le précise : " il doit y avoir un médecin des deux côtés du téléphone ". 

 Dans les prochains mois, plus de 30 projets seront mis en place en Saône-et-Loire. Une première expérimentation sera lancée avant cet été dans les Ehpad de Marcigny et Semur-en-Brionnais en télé-expertise avec le centre hospitalier de Paray-le-Monial.

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