Sécurité routière : pourquoi les routes de Haute-Saône ne devraient pas repasser à 90 km/h dans l'immédiat

La Haute-Saône ne devrait pas prendre de décision sur un retour à 90 km/h avant fin juin 2020. / © Lionel Vadam/MaxPPP
La Haute-Saône ne devrait pas prendre de décision sur un retour à 90 km/h avant fin juin 2020. / © Lionel Vadam/MaxPPP

Alors que plusieurs départements ont choisi de revenir aux 90 km/h ces derniers jours, la Haute-Saône, longtemps en lutte contre la réduction de la vitesse maximale autorisée (VMA), n'envisagerait pas dans l'immédiat un retour à cette vitesse sur les routes secondaires.
 

Par Antoine Belhassen

Alors que plusieurs départements ont choisi de revenir aux 90 km/h ces derniers jours, la Haute-Saône, longtemps en lutte contre la réduction de la vitesse maximale autorisée (VMA), n'envisagerait pas dans l'immédiat un retour à cette vitesse sur les routes secondaires.

Suite au grand débat national suivant la crise des "gilets jaunes", Emmanuel Macron avait ouvert la porte à des assouplissements. En mai dernier, les députés avaient donné leur aval en commission pour laisser aux présidents de conseils départementaux la capacité de déroger aux 80 km/h sur les routes secondaires.

Le temps de la réflexion

En Haute-Saône, le département veut se donner le temps de la réflexion : "Le président n'a pas changé d'avis. Ce n'est pas la priorité du moment pour le département", explique la communication d'Yves Krattinger (DVG), président du conseil départemental de Haute-Saône.

Le département franc-comtois n'envisage donc pas un retour aux 90 km/h dans l'immédiat mais observerait l'avancée de la mesure et l'évolution de la mortalité routière : "Une décision sera prise avant fin juin 2020."

La Haute-Saône a été un des premiers départements à monter au créneau contre la mise en place des 80 km/h. Notamment avec la mise en place d'un tronçon expérimental dès 2015 sur la RN57 entre Rioz et Vellefaux. En mars 2018, Yves Krattinger avait adressé un courrier au Premier ministre, Edouard Philippe, rejetant le postulat d'une réduction généralisée à 80 km/h. Il avait alors proposé une carte du département avec une modulation de la vitesse allant de 70 à 90 km/h pour remplacer cette "réduction généralisée" :

Notre connaissance de la route peut apporter des éléments concrets (...) pour proposer une alternative réaliste qui permette d'atteindre les objectifs poursuivis

Sur cette carte susceptible d'être modifiée si un changement de vitesse est acté, certains tronçons autour de Gray, Vesoul, Villersexel et Lure figurent parmi les routes qui pourraient revenir à 90 km/h.

"Difficile de tirer des premières conclusions"

Mais pour le moment, rien de définitif en Haute-Saône. Une situation que déplore Michel Raison, sénateur LR de Haute-Saône, et fervent défenseur d'un retour aux 90 km/h : "Je n'ai pas les explications de Monsieur Krattinger mais je pense qu'il a suivi les avis des experts commandés par le gouvernement."

En janvier 2019, le Premier ministre Edouard Philippe avait présenté les chiffres de la sécurité routière et dressé le bilan de la mesure décriée d’abaissement de la vitesse maximale autorisée (VMA). "En 2018, 3 259 personnes ont perdu la vie sur les routes de la France métropolitaine. (...) Il n’y a jamais eu, depuis qu’on mesure l’accidentologie routière, aussi peu de morts sur les routes françaises", avait-il alors annoncé.
 

"Lorsque le gouvernement explique que la mortalité routière est en baisse, ce n'est pas forcément vrai. Une expérimentation se juge sur deux ans. Il est donc très difficile de tirer déjà des premières conclusions. De plus, les chiffres de la mortalité routière en 2019 et en 2013 sont les mêmes à 10 décès près. Avancer que la mortalité routière est en baisse depuis les 80 km/h est donc exagéré. Et d'autres parts, les améliorations automobiles de ces dernières années doivent également être prises en compte dans cette baisse de la mortalité routière", explique celui qui est en faveur d'un retour à 90 sur toutes les routes secondaires du département.

Il faudra comparer les chiffres entre les départements qui ont choisi de revenir aux 90 km/h et ceux qui sont restés aux 80 km/h. Si les proportionnelles montrent qu'abaisser la vitesse de 10 km/h réduirait la mortalité routière, alors nous aurons un élément de réponse définitif.

 

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