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Belfort : 200 salariés de General Electric bloquent une turbine, l'intersyndicale demande à rencontrer Emmanuel Macron

Les salariés de GE Belfort ont bloqué une turbine à gaz ce 7 juin à Belfort. / © Isabelle PETITLAURENT - maxPPP
Les salariés de GE Belfort ont bloqué une turbine à gaz ce 7 juin à Belfort. / © Isabelle PETITLAURENT - maxPPP

Le ton monte, l'intersyndicale craint d'avoir été lâchée par le gouvernement.  200 salariés ont bloqué pendant plusieurs heures ce vendredi 7 juin une commande qui devait quitter le site GE de Belfort.

Par Sophie Courageot


La turbine à gaz longue d'une centaine de tonnes est restée bloquée sur son long convoi de 7h45 jusqu'à 13 heures. Elle devait quitter le site de Belfort pour les Philippines. L'opération de blocage s'est déroulée dans le calme. 

L'intersyndicale a appris ce matin que Bruno Le Maire n'aurait toujours pas eu au téléphone Larry Culp, le patron de GE pour lui demander de revoir son plan. Le gouvernement s'était pourtant engagé par la voix de Bruno Le Maire à mettre la pression sur le groupe américain et à lui demander de revoir sa copie. 

"Aujourd’hui, nous apprenons que monsieur Le Maire ne s’est pas entretenu avec monsieur Larry CULP contrairement à son engagement et que le gouvernement ne va pas demander à GE de supprimer la première réunion officielle du 17 Juin qui lance officiellement les 4 mois du délai d’information-consultation du CSE, avant la mise en place du projet. Cette position est totalement incohérente. Comment le gouvernement peut-il d’une part demander à GE de revoir son projet, et d’autre part aux syndicats de commencer le processus sur ce même projet ? La parole du ministre Bruno Le Maire n’a plus aucun crédit aux yeux des salariés et de leurs représentants. Nous demandons à monsieur le président de la République de venir rencontrer l’intersyndicale, à l’issue de sa visite du musée Courbet d’Ornans le lundi 10 Juin prochain, indique un communiqué de l'intersyndicale de GE CFE-CGC-CGT-Sud Industrie. 

Une visite du Président de la République a été annoncée ce lundi 10 juin en Franche-Comté. Emmanuel Macron viendra à Ornans dans le Doubs à l'occasion du bicentenaire de Gustave Courbet. Ornans est à 1h30 de route de Belfort. 
 

Le plan social enclenché dès le 17 juin ? 


L'intersyndicale s'est mobilisée ce matin par rapport à une réunion prévue le 17 juin. Cette première réunion enclencherait le plan social. GE aurait alors quatre mois pour procéder aux licenciements sur son site de Belfort et Bourogne. "Ce ne sont pas de bonnes bases pour des discussions. On parle de recherches d'alternatives mais on n'attend pas le résultat de ces recherches pour lancer le plan", a déploré Alexis Sesmat, qui souligne que les syndicats veulent faire annuler la convocation de la réunion prévue le 17 juin. 

"Aujourd'hui, GE veut dérouler son projet. Bruno Le Maire a déclaré que ce projet doit être revu. Mais GE ne donne aucune réponse à ça" déplore un syndicaliste.
 
© France 3 Franche-Comté : Denis Colle
© France 3 Franche-Comté : Denis Colle

 
200 salariés de GE bloquent le départ d'une turbine à gaz à Belfort ce vendredi 7 juin. / © France 3 Franche-Comté : Vanessa Hirson
200 salariés de GE bloquent le départ d'une turbine à gaz à Belfort ce vendredi 7 juin. / © France 3 Franche-Comté : Vanessa Hirson

 



Mercredi 5 juin, quelques jours après son déplacement à Belfort, Bruno Le Maire le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait bien redit qu'il demandait des "clarifications" au géant américain General Electric sur ses intentions à Belfort, assurant qu'il était "inacceptable" que l'activité des turbines à gaz soit "purement et simplement liquidée". "Nous allons demander à GE de réduire son plan social et de clarifier ses intentions", a affirmé le ministre à l'Assemblée nationale.
 
"Est-ce qu'il s'agit de s'adapter à un marché de turbines à gaz qui est aujourd'hui moins porteur qu'il y a quelques années?", a-t-il déclaré, s'interrogeant sur les raisons économiques officiellement évoquées par GE pour justifier son plan de suppression d'emplois.  

Les salariés de Belfort se mobilisent, ils ont lancé une pétition, et feront signer celle-ci au festival de musique universitaire de Belfort ou 50.000 personnes sont attendues en ce long weekend de Pentecôte. Une appel des élus et intersyndicale est également lancé pour un grand rassemblement à Belfort le samedi 22 juin. 


 

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