« Des agents m’appellent, angoissés à l’idée de travailler » : à l’Hôpital de Trévenans, les personnels positifs au covid-19 et asymptomatiques peuvent continuer à exercer

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Écrit par Sophie Hienard
L'hôpital du Nord Franche-Comté face à la 5e vague de l'épidémie de covid.
L'hôpital du Nord Franche-Comté face à la 5e vague de l'épidémie de covid. © MICHAEL DESPREZ / l'EST REPUBLICAIN - MAXPPP

Dans une note interne, la direction de l’établissement de santé de Trévenans, près de Belfort, indique que les agents positifs au covid-19 et asymptomatiques peuvent venir travailler, avec des gestes barrières renforcés. Une mesure prise en raison de la tension qui s’exerce sur l’hôpital Nord Franche-Comté, à l’heure de la cinquième vague.

Face à la cinquième vague, le plan blanc a été déclenché dans certains hôpitaux comme Strasbourg ou Pontarlier. La direction de l’hôpital Nord-Franche-Comté n'a pas pris cette mesure à l'heure où nous écrivons, mais a pris les devants.

Dans une note de service datant du 3 décembre 2021, que nous avons pu nous procurer, il est indiqué que le « maintien en exercice [est] possible » pour les salariés de l’hôpital asymptomatiques doublement vaccinés « compte-tenu des tensions hospitalières et de risque de rupture de l’offre et de la sécurité des soins ». Il est aussi précisé que leur présence doit s’effectuer « dans le strict respect des mesures barrières ». Si des symptômes apparaissent, ces personnes seront évincées pendant dix jours ou jusqu’à l’amélioration de leur état respiratoire.

Incompréhension des syndicats

« Nous ne comprenons pas la décision », rétorque Céline Durosay, vice-présidente du syndicat CNI. Jusqu’alors, les personnes testées positives au covid-19 et sans symptômes devaient rester isoler pendant 7 jours. « La direction nous parle de ‘strict respect des mesures barrières’ pour les personnes positives asymptomatiques, reprend l’infirmière syndiquée. Or, ces mesures s’appliquent déjà le cas pour tout le personnel de l’hôpital. Et des agents à risque m’appellent, angoissés à l’idée de travailler, d’être contaminés. »

Si la note évoque « un maintien en exercice possible », sera-t-il contraint ? Côté CGT, Bruno Lemiere, secrétaire général l’affirme : « La situation est scandaleuse. Les agents positifs asymptomatiques subiront des pressions pour continuer à travailler. » Les deux syndicats le remarquent : les personnes asymptomatiques peuvent quand même contaminer les patients. Dusica Behra, délégué CGT persiste : « Le gouvernement nous avait pointé du doigt il y a quelques mois, en nous accusant d'avoir contaminé les patients et cela a été leur argument pour nous imposer la vaccination obligatoire. Nous autoriser à travailler en étant positif au covid est une incohérence totale ». 

Une décision contraire à la DGS prise dans un contexte de tensions sur l’hôpital

Les syndicats invitent donc les personnes concernées à rester isolées pendant 7 jours, conformément aux directives de la Direction Générale de la Santé (DGS). Dans une note, en date du 16 février 2021, l’instance précise : « En cas de découverte chez un professionnel asymptomatique d’un prélèvement nasopharyngé positif (RT-PCR), prévoir une éviction de 7 jours après la RT-PCR et le respect des mesures barrières renforcées pendant les 7 jours suivants. »

« Je comprends que la situation a poussé la direction à prendre cette décision, néanmoins, le fonctionnement reste paradoxal », souffle la vice-présidente de la CNI. Car cette mesure avait déjà été mise en œuvre l’hiver dernier, dans un contexte où la couverture vaccinale n’était pas aussi forte qu’aujourd’hui. Mais Céline Durosay tient à le rappeler : « Les taux d’incidence ne cessent d’augmenter, et le variant Omicron pourrait changer la donne, car il semblerait extrêmement contagieux et nous ne savons pas encore comment il réagit face aux vaccins. »

Les tensions sur l’hôpital sont telles, que l’Agence Régionale de Santé avait sollicité des établissements privés des alentours, afin qu’ils accueillent des patients, nous apprend Céline Durosay (CNI).  Une manière de soulager l’établissement public. D’après elle, cette demande n’est pas respectée : « A chaque fois qu’on envoie un patient non covid, le privé nous le refuse. » La direction de l'hôpital donnera une conférence de presse mardi 7 décembre, pour évoquer la situation épidémique. 

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