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GE supprime des emplois : les élus du Territoire de Belfort demandent à être reçus par Emmanuel Macron

Emmanuel Macron alors ministre des finances en visite en 2015 à Alstom Belfort / © Lionel Vadam - maxPPP
Emmanuel Macron alors ministre des finances en visite en 2015 à Alstom Belfort / © Lionel Vadam - maxPPP

Inquiets de la situation économique de General Electric et des conséquences à terme pour l'emploi dans le Territoire de Belfort, 5 élus ont écrit au Président de la République. 

Par Sophie Courageot

Comment maintenir l'activité industrielle sur Belfort ? Le groupe américain GE réduit ses effectifs. La semaine dernière, GE a signé avec les syndicats un accord qui prévoit 180 départs volontaires à Belfort dans la division Asltom Power Systems. Cette division emploie encore 1.100 salariés à Belfort.  L'accord national prévoit au total le départ volontaire de 264 personnes en France avant le 30 juin 2020.

GE avait racheté cette branche Alstom Power Systems qui regroupe les anciennes activités à destination du secteur de l'énergie d'Alstom en 2015 à General Electric. Les promesses d'y créer 1000 emplois n'ont pas été tenues. Les syndicats espèrent eux désormais un rapprochement entre GE et le groupe d'aviation Safran pour fabriquer à nouveau des pièces pour l'aéronautique.
 

"Ce qui nous inquiète c'est que l'Etat ne s'engage pas"


Damien Meslot, maire de Belfort, Florian Bouquet, président du conseil départemental, Ian Boucard, député du Territoire de Belfort, Michel Zumkeller, député et Cédric Perrin, sénateurs ont pris la plume retraçant le poids de l'activité industrielle dans le département. "Aujourd’hui, cette histoire est menacée par la situation du site General Electric de Belfort, situation que vous connaissez parfaitement" écrivent-ils rappellant à Emmanuel Macron qu'il était ministre de l'économie et des finances au moment du rachat de la branche énergié d'Alstom par le groupe américain. 

Selon les élus la branche gaz de GE Belfort est elle aussi menacée par un plan social de 1000 emplois. " Ce que je veux aujourd'hui, c'est qu'on fasse pression sur GE. On peut faire de l'aéronautique à Belfort. L'Etat veut augmenter la durée de vie des centrales nucléaires. On veut que Belfort devienne centre de référence" nous confie Damien Meslot, maire LR de Belfort. GE emploie aujourd'hui 3.800 emplois sur ces sites de Belfort et Bourogne. 

Les élus espèrent maintenir une activité industrielle dans le Territoire de Belfort grâce aux véhicules fonctionnant à l'hydrogène. Un institut national de stockage à hydrogène (ISTHY) est en projet à Belfort dans le cadre d'un projet "Territoire d'innovation". "Le Gouvernement est décideur pour retenir Belfort tant au titre de Territoire d’innovation, à travers le Secrétariat général pour l’investissement, qu’au titre de lieu d’implantation de l’ISTHY, à travers le ministère de la Transition écologique et solidaire.Nous vous serions extrêmement reconnaissants de bien vouloir nous recevoir afin que nous puissions étudier ensemble toutes les opportunités permettant de maintenir l’industrie et l’emploi à Belfort" écrivent-ils au président Macron en espèrant un rendez-vous auprès de l'Elysée.

Ce mercredi 3 avril, les élus du Territoire de Belfort, Marie-Guite Dufay présidente de la région et la Préfète ont rencontré les organisations syndicales pour faire le point sur le dossier GE. 


L’intégralité du courrier envoyé ce mercredi 3 avril à Emmanuel Macron

Depuis le XIXe siècle, Belfort et ses habitants vivent au rythme de l’industrie. Ils ont forgé l’une des plus belles aventures industrielles françaises et leur savoir-faire est mondialement reconnu. Ils ont apporté à la France sa puissance industrielle, avec ses centrales nucléaires et son TGV. Aujourd’hui, cette histoire est menacée par la situation du site General Electric de Belfort, situation que vous connaissez parfaitement.
Lors du rachat de la branche énergie d’Alstom en 2015, le projet de General Electric, soutenu par le Gouvernement, incluait la création de 1 000 emplois nets en France et assurait une certaine maîtrise des activités stratégiques pour notre pays. Lors de votre venue à Belfort, en tant que Ministre de l’Économie et des Finances, vous aviez indiqué que « Belfort a un avenir industriel. Cet avenir industriel fait partie d'abord des engagements pris de part et d'autres, et ces engagements sont suivis par le Gouvernement ».
Dans ce contexte, nous avions souligné l’impérieuse nécessité pour l’Etat français de faire valoir son option d’achat des parts détenues par Bouygues avant octobre 2017, ce qu’il n’avait pas souhaité faire.

Loin de pouvoir tenir ses engagements, General Electric a annoncé en juin 2018 qu’elle ne créerait pas les 1 000 emplois promis. Surtout, l’entreprise a lancé fin 2018 un plan de rupture conventionnelle collective de 470 emplois, dont 146 à Belfort. Ce sont finalement 264 postes qui sont supprimés par l’accord signé le 25 mars 2019.

Aujourd’hui, l’activité gaz du site de Belfort est menacée par un plan social près de 1 000 emplois. Dans le même temps, GE transfère aux États-Unis, et notamment sur le site de Greenville, le savoir-faire français.

Enfin, Belfort prépare l’avenir en développant une filière industrielle de l’hydrogène. En effet, les propriétés physico-chimiques de l’hydrogène pourraient lui permettre de se substituer aux hydrocarbures et de faciliter l’intégration des énergies renouvelables. La technologie hydrogène est connue depuis plusieurs décennies, mais a fortement évolué ces dernières années au point de susciter un regain d’intérêt pour la filière. Celle-ci représente une alternative de choix pour répondre aux défis de la mobilité durable : équipés d’une pile à combustible, les véhicules à hydrogène rejettent uniquement de l’eau, disposent d’une autonomie 2 à 3 fois supérieure à celle des véhicules électriques classiques et se rechargent en 5 minutes dans des stations adaptées.

Dans le cadre de l’appel à projet Territoire d’innovation, le Grand Belfort et Pays de Montbéliard Agglomération ont conjointement présenté le projet « Transformation d’un territoire industriel ». Il prévoit la création à Belfort de l’Institut national de stockage d’hydrogène (ISTHY), centre de test d’envergure nationale et européenne pour réaliser des tests sous gaz sur les réservoirs d’hydrogène et leurs composants. Les cinq centres existant dans le monde sont saturés et la France n’en compte aucun.

Le Territoire de Belfort est reconnu internationalement pour être impliqué depuis plus de 20 ans dans la recherche sur l’hydrogène, notamment avec le laboratoire FC Lab. De nombreux industriels implantés localement sont intéressés par le projet et contribuent au développement de la filière, notamment Alstom, Faurecia et Delfingen. L’implantation de l’ISTHY à Belfort s’inscrit dans une stratégie globale incluant le déploiement de bus H2, la construction d’une station H2 pour la mobilité et l’optimisation énergétique de bâtiments via l’hydrogène. Elle sécuriserait et accélérerait grandement le développement de cette filière à Belfort et serait génératrice de centaines d’emplois à terme.

Le Gouvernement est décideur pour retenir Belfort tant au titre de Territoire d’innovation, à travers le Secrétariat général pour l’investissement, qu’au titre de lieu d’implantation de l’ISTHY, à travers le ministère de la Transition écologique et solidaire.

Nous vous serions extrêmement reconnaissants de bien vouloir nous recevoir afin que nous puissions étudier ensemble toutes les opportunités permettant de maintenir l’industrie et l’emploi à Belfort.
Nous vous remercions et nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de nos très hautes considérations
.

Damien MESLOT
Maire de Belfort

Florian BOUQUET
Président du Département

Ian BOUCARD
Député du Territoire de Belfort

Michel ZUMKELLER
Député du Territoire de Belfort Député du Territoire de Belfort

Cédric PERRIN
Sénateur du Territoire de Belfort
 

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