General Electric : pourquoi les salariés d'Alstom Power bloquent-il le site industriel de Belfort ?

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Écrit par Vanessa Hirson

A l'appel de l'intersyndicale, les salariés d'Alstom Power poursuivent la grève et le blocage du site de Belfort alors que les négociations avec la direction de General Electric n'avancent pas. Ils demandent entre autres, une "prime Macron" de 1000 euros.

Il est 10h00 ce lundi 17 janvier sur le site de General Electric à Belfort. Comme tous les jours depuis le 11 janvier, c’est l’heure pour les syndicats et les salariés de faire un point sur la situation : « on poursuit la grève ou pas ? ». Mais ce lundi, c’est un peu différent. Face au mépris de la direction, les syndicats sont allés à la rencontre du nouveau directeur du site de Belfort dans son bureau. 

La tension ne baisse pas, les syndicats revendiquent toujours « une prime de 1000 euros et une augmentation de salaire de 3,50% dans le cadre des NAO, les Négociations Annuelles Obligatoires » annonce Laurent Santoire, délégué CGT de Steam Power.

Selon le syndicaliste près de 90% du personnel, ouvriers, techniciens et ingénieurs, sont en grève. 

Une pétition de 800 signatures  

Cette grève est consécutive à une pétition lancée en décembre dernier. A l’époque les syndicats demandent « une prime de 2000 euros dite prime « Macron » ou prime de reconnaissance » mais au bout de deux réunions avec la direction, cette dernière n’est pas d’accord sur le montant et les personnes éligibles. Elle propose non pas 2000 euros mais 350 euros. Les syndicats avaient jugé cette proposition « méprisante » et réclamaient des « négociations sérieuses » au risque que le mécontentement du personnel monte d’un cran.

Le 6 janvier, lors de la première réunion NAO, la direction reste sur sa proposition de décembre à savoir une prime de 350 euros limitée aux ouvriers et aux ETAM, Employés, Techniciens et Agents de Maîtrise. A l’appel des quatre syndicats, CGT, CFE-CGC, SUD et CFDT, une grève est alors votée le 11 janvier. « Ce mépris des réalités de l’inflation comme celui des attentes de reconnaissances exprimé par une large majorité des salariés a conduit à voter la grève avec occupation du site de Belfort ».  

Un manque de respect

Devant les palettes fumantes et les drapeaux des syndicats, certains représentants s'expriment à l'instar de Christian Mougenot, délégué syndical CFDT GE Steam Power Systems. " Les retraités sont partis avec leurs compétences, les conditions de travail ont été réorganisées, on a un carnet de commande qui avoisine les 4 milliards d'euros et ne pas accorder ce qu'on demande est un manque de reconnaissance de tout ce travail effectué ".

" Des salariés ont pu être en télétravail et pas d’autres et on ne peut pas, en fin d’année, dire merci pour votre engagement et puis ensuite nous oublier " renchérit Saïd Bersy, délégué syndical CGT et secrétaire CSEE GE Thermal Manufacturing.

Un compromis rejeté par la direction  

Pour une sortie de crise rapide, trois organisations syndicales ont proposé un compromis très en deçà de leurs revendications syndicales à savoir une enveloppe de 3,4% à répartir en augmentation générale et individuelle mais la direction a écarté cette proposition refusant même à présent de verser une prime.

La situation semble bloquée tout comme le site de GE à Belfort. Mardi 18 janvier, à 14h00, c’est la branche gaz qui rencontrera la direction dans le cadre de leur NAO. Quant aux syndicats de la branche Steam Power, ils attendent que la direction revienne vers eux avec "des propositions décentes". La direction de General Electric demandent d'ailleurs de les rencontrer ce mardi 18 janvier entre 9h et 9h30 "avec aucune garantie de contenu" précise Laurent Santoire, délégué CGT de Steam Power.