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Thibaut Pinot : en route vers le maillot jaune ?

Vainqueur au tourmalet, samedi 20 juillet
Vainqueur au tourmalet, samedi 20 juillet

Le coureur franc-comtois a réalisé un week-end presque parfait avec, dans les Pyrénnées, une victoire d'étape et une deuxième place. Cette semaine, les Alpes l'attendent. Quelles sont ses chances de remporter le Tour, édition 2019 ? Son interview...

Par Catherine Eme-Ziri

Thibaut Pinot et le Tour de France, c'est une histoire compliquée : ou il abandonne (à cause d'affreux microbes, à trois reprises) ou il se classe... et même très bien ( 16ème, 10ème et 3 ème en 2014) !
Cette année, tout paraît lui sourire, sauf "cette journée de merde" dixit le cycliste haut-saônois lui-même. Pour une "bordure", une histoire de vent, il perd bêtement 1 minute et 40 secondes. Sinon, tout va bien...
Samedi, il gagne une étape de montagne, dans les Pyrénées, au sommet du Tourmalet et hier, dimanche, il prend une très belle 2ème place, en scotchant ses poursuivants dans les derniers kilomètres.

Alors quelles sont ses chances de remporter la boucle ? Beaucoup y croient. Même l'actuel maillot jaune, Julian Alaphilippe qui, s'il perd sa première place dans la montagne, verrait bien le Haut-Saônois lui succèder.

Seul bémol : s'il a gagné au Tourmalet, Thibaut Pinot a fait de l'humour en disant que c'était grâce à la pluie, un temps qu'il connaît bien chez lui. Oui, mais cette semaine, les Alpes seront sous un soleil de plomb....

 Retour en images sur ce week-ernd et sur ce qui attend Pinot et ses coéquipiers :
Thibaut Pinot : en route vers le maillot jaune ?
Le Haut-Saônois a réalisé un week-end sans faute ou presque : une victoire et une deuxième place... Et si on y croyait au maillot jaune pour l'enfant de Mélisey ? Voici la semaine qui l'attend... Récit : C. Eme-Ziri avec un montage de M. Loir


L'interview donnée à l'AFP aujourd'hui, jour de repos, lundi 22 juillet :

     
    Q: Êtes-vous le favori du Tour maintenant, comme le croient les bookmakers ? 
    R: "Je ne me sens pas encore le favori, loin de là. Cela fluctue très vite, je ne m'occupe pas de ça. Sur les deux derniers jours j'étais peut-être le plus fort mais le Tour dure jusqu'à dimanche, il peut se passer beaucoup de choses." 
    Q: Selon le patron de l'équipe Ineos (Dave Brailsford), c'est vous qui allez avoir la pression maintenant... 
    R: "Pour l'instant, c'est Julian (Alaphilippe) qui a la pression, il est maillot jaune, il a 1 min 30 d'avance. On est deux Français dans les quatre premiers, c'est une bonne chose pour moi." 
    Q: Quelle est l'étape des Alpes la plus favorable à une attaque ? 
    R: "Les trois étapes sont belles, je connais très bien les deux dernières. La plus dure, je pense, est celle du Galibier (jeudi). Je n'ai pas à choisir, ça dépendra de mes jambes. Si elles sont bonnes, je passerai à l'attaque." 
    Q: Le soutien populaire vous écrase-t-il ou vous porte-t-il ? 
    R: "Si la pression m'écrasait, je ne serais pas là, je n'aurais pas gagné au Tourmalet. Les grandes ambiances me poussent, elles me donnent des ailes. C'est comme dans un stade, on est toujours plus fort quand on joue à domicile. Cela aide aussi Julian je pense, on compte sur le soutien du public pour nous pousser le plus haut possible." 
    Q: Il y a une grosse attente, presque de l'emballement autour de vous... 
    R: "J'ai appris à gérer tout ça, à voir le bon côté des choses. Je ne suis plus comme avant, tout m'embêtait un peu. Là, je suis dans ma bulle, dans mon Tour de France, ça fait partie du truc, je suis content d'être là." 
    Q: Craignez-vous l'étape de mardi sous la canicule ? 
    R: "Comme chaque étape de plaine, vent ou pas, ce n'est jamais une partie de plaisir. Je ne les aime pas mais il faut faire avec. On va rester placé comme on l'a fait depuis le début et essayer de la passer sans souci." 
    Q: Finalement, la bordure d'Albi vous a rendu service en terme de mental... 
    R: "On ne peut pas vraiment le savoir mais je pense qu'elle m'a fait du bien. Depuis cette bordure on court encore mieux, on est encore plus déterminé. Le soir de la bordure j'avais la rage, je ne pensais qu'à gagner au Tourmalet." 
    Q: Avez-vous déjà atteint ce niveau ? 
    R: "Les indicateurs de puissance montrent que je suis exactement au même niveau que l'an dernier, à la Vuelta et au Lombardie. C'est ce que je voulais. Je ne pense pas progresser d'ici à la fin du Tour mais, si je garde ce niveau, ça sera très bien." 
    Q: Quel adversaire privilégiez-vous en montagne ? 
    R: "Les 5-6 premiers du classement général sont à peu près au même niveau." 
    Q: Vous semblez ne craindre personne ? 
    R: "Je n'ai jamais eu peur de personne, je voulais gagner samedi, c'est fait. Maintenant je pense au général. Hier (dimanche), je n'ai pas calculé, je ne me suis jamais trop retourné, je suis là pour reprendre du temps. C'est le vélo que j'aime, attaquer sans calculer." 
    Q: Avez-vous conscience que c'est peut-être la chance de votre vie de gagner le Tour ? 
    R: "On verra samedi à Val Thorens. Je ne pense pas à ça. Même si j'ai montré de belles choses ce week-end, je suis 4e du classement. J'ai appris à ne pas m'enflammer, je vais continuer à courir comme je sais le faire." 
    Q: Le grimpeur que vous êtes a gagné à l'Alpe d'Huez et au Tourmalet. Que vous manque-t-il ? 
    R: "Il me reste le Ventoux. J'espère gagner là-haut d'ici à la fin de ma carrière. J'aime gagner dans les lieux mythiques." 
    Q: Quelle est votre relation avec Julian Alaphilippe ? 
    R: "Je ne le connais pas trop parce qu'on se croise rarement sur les courses. J'ai appris à le connaître en équipe de France, on s'entend très bien, on s'apprécie. Il y a beaucoup de respect. Saint-Etienne, le Tourmalet, ce sont de très grands moments pour nous deux." 
    jm/dif
    
    
    
    
    
    
    
    
    
    
    
    
    
    
    
       
   

  

    
    
    
    
    
    
    
    
    
    
    
    
    
    
    

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