Les vétérinaires ruraux, une espèce en voie de disparition

© Mary Sohier/France Télévisions
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On parle souvent du manque de médecins dans nos campagnes mais ce ne sont pas les seuls professionnels de santé qui commencent à se faire rares. Pour les cliniques vétérinaires, difficile de recruter de jeunes diplômés.

Par Mary Sohier

Le béret sur la tête, les bottes au pied et une démarche assurée, William Gallay fait presque partie du paysage. C'est pourtant la première fois que ce jeune vétérinaire de 29 ans met les pieds à Cornod, dans le Jura. Ce matin-là, il soigne une fièvre de lait. La vache, en manque de calcium, ne peut se relever. 

C'est très bien qu'il y ait des jeunes qui veulent bien venir par ici.
Dominique Moiroux, agriculteur

William, 29 ans, a posé ses valises dans le Jura à la rentrée de 2019 : "C'était un choix de s'installer ici. D'abord parce que j'aime le cadre de vie, la nature. Ensuite, parce qu'avec l'AOP, l'élevage se porte un peu mieux qu'ailleurs."

Pour autant, le cas de William fait presque office d'exception. Sur les 18 500 vétérinaires qui exercent en France, seulement 4 000 interviennent en zone rurale. Un chiffre qui ne cesse de baisser.

Pour recruter Wiliam, cinq mois de recherches ont été nécessaires. "On a eu trois couples qui ont répondu à l'annonce dont deux qui sont venus nous voir. Comme on avait qu'un poste à proposer, ça n'a pas abouti. Heureusement pour nous, William était célibataire", explique Thomas Mercky, vétérinaire.

Des annonces sans réponse

Mais tous n'ont pas eu cette chance. Dans le Doubs, la clinique vétérinaire de Vercel-Villedieu-le-Camp est en sous-effectif depuis le début de l'année suite à un congé maternité. Une annonce a été publiée sur des sites professionnels mais malgré un salaire attractif de plusieurs milliers d'euros, la clinique n'a eu aucune réponse et a dû s'adapter. "On a trois élèves vétérinaires qui sont venus nous aider sur la période de mai à mi-septembre. Depuis, on a plus personne, on gère de nouveau en interne. On va essayer de recruter quelqu'un prochainement", raconte Christophe Tonnin, vétérinaire.

La clinique  n'exclut pas de proposer un poste sans garde à assurer. Les permanences étant l'un des principaux freins pour les jeunes diplômés. Entre les choix de carrière, les arrêts maladie ou encore les départs à la retraite, une pénurie de vétérinaires ruraux pourrait voir le jour d'ici 5 à 10 ans.
 

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