Vivre et grandir loin des villes : un obstacle à l'emploi ?

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Jeudi 13 février 2020, l’édition régionale du 19/20 en Bourgogne est en Côte-d'Or et s’intéresse aux jeunes qui vivent à la campagne. Ont-ils moins de chances que les citadins pour faire des études et s'insérer dans la vie active? 

Par CJ

Ils vivent à la campagne, chez leurs parents, et vont à l'école, au collège, au lycée. Mais à un moment ils vont devoir choisir. S'en aller loin pour continuer les études, ou rester à proximité ?  Quel type de formation ? Pour quel avenir ? Quel emploi ? 

Ceux qui font le choix de faire des études longues s'en vont vers les villes universitaires et restent plus tard en milieu urbain pour travailler. Mais beaucoup de jeunes préfèrent rester près de chez eux et optent pour des établissements qui leur permettent de se former à des métiers qu'ils pourront exercer à la campagne.

Ces jeunes ruraux entrent plus vite dans la vie active que les jeunes des villes. En apprentissage, en stage, ils trouvent des débouchés professionnels en milieu rural et lorsqu'ils quittent le domicile de leurs parents c'est souvent pour fonder leur propre famille.


Qui sont les jeunes ruraux ?


Selon les données sociodémographiques les plus récentes (injep), issues du recensement de la population en 2015, dans la tranche d'âge des 17-29 ans, 27% des jeunes français vivent dans l'espace rural. 

Entre 15 et 19 ans, 95% des jeunes ruraux vivent chez leurs parents. Ces jeunes s'orient plus fréquemment vers la voie professionnelle en fin de troisième. Ils entrent dans des Centres de Formations pour Apprentis (CFA) ou poursuivent leurs études en Lycée Professionnel (LP). 


Des qualifications professionnelles plus précoces que les jeunes urbains

Dans cette tranche d'âge, 58% des jeunes ruraux sont en contrat d'apprentissage ou de professionnalisation.

Parmi les 17-29 ans sortis du système éducatif, les jeunes ruraux sont plus nombreux que les jeunes urbains, à détenir un baccalauréat (29%), un CAP ou un BEP (27%).

Entre 17 et 19 ans, la moitié des jeunes urbains non scolarisés ne possèdent aucun diplôme ou au plus le diplôme national du brevet contre 4 jeunes ruraux sur 10. 


Moins d'études supérieures que les jeunes urbains mais du travail plus tôt

Seulement 1 jeune rural sur 10 quitte le domicile parental pour suivre des études dans l'enseignement supérieur, généralement dans les grandes villes. Ces jeunes vivent le plus souvent seuls ou en colocation. A l'issue de leurs études, ils sont plus nombreux à rester en milieu urbain pour y trouver un emploi, que ceux qui font le choix de retourner dans leur campagne d'origine.

Les jeunes ruraux font souvent des études moins longues que les jeunes urbains, notamment les garçons, mais ils travaillent plus tôt. Ils sont deux fois plus nombreux à avoir un emploi dans la tranche des 15-19 ans, en apprentissage, ou en stage rémunéré. 
 

Une propension à rester en milieu rural pour travailler...

La faiblesse de l'offre de formation de proximité, la mobilité en milieu rural, et la culture familiale, sont les principales raisons pour lesquelles les jeunes ruraux s'orientent plus fréquemment vers la voie professionnelle dès la classe de troisième.

Les jeunes ruraux de 15 à 29 ans occupent plus souvent un emploi d'ouvrier, en particulier dans l'agriculture et la construction (6 jeunes sur 10 contre un tiers des jeunes urbains). Les filles occupent le plus souvent un statut d'employée.

Lorsqu'ils ont un emploi, seulement 2 jeunes sur 10 (15-29 ans) travaillent dans leur commune de résidence, soit deux fois moins que les jeunes urbains, et pour 64% d'entre eux, leur emploi se situe dans une autre commune de leur département de résidence. La mobilité est un enjeu important d'insertion professionnelle.

Ces jeunes restent très attachés à leur territoire et ont plus qu'en ville, confiance dans les relations de proximité. Ils sont d'ailleurs plus investis dans le bénévolat que les jeunes urbains. 
 

...et pour fonder une famille

Quand ils quittent le domicile parental entre 25 et 29 ans, c'est pour se mettre en couple mais le plus fréquemment pour fonder une famille (41% des jeunes ruraux vivent en couple avec un enfant contre 26% pour les urbains).
 

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