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Votation en Suisse, le “No Billag” : vers la suppression de la redevance audiovisuelle ?

Dimanche, le Suisses votent : pour ou contre la suppression de la redevance audiovisuelle ? / © Eric Debief, France 3 Franche-Comté
Dimanche, le Suisses votent : pour ou contre la suppression de la redevance audiovisuelle ? / © Eric Debief, France 3 Franche-Comté

Dimanche, nos voisins doivent se prononcer sur le mode de fonctionnement des médias, privés et publics. L’alternative : garder le système actuel avec une redevance payée par tous les citoyens ou s’abonner à des chaînes et des radios payantes. Et le débat fait rage…

Par Catherine Eme-Ziri

Des jeunes Libéraux, rejoints par une partie de la droite, ont lancé cette initiative contre le Billag. Le Billag, c’est organisme qui collecte la redevance auprès des particuliers et des entreprises. Un organisme collecteur d’impôts pas forcément aimé en Suisse…

Déjà, une première modification. Jusqu’à aujourd’hui, seuls les détenteurs de postes de télé étaient assujettis à la redevance de 465 francs suisses. Le Billag faisait la chasse aux contribuables jusqu'à leurs domiciles. A partir de 2019, tous les habitants payeront cette taxe, d’un montant fixé à 365 francs suisses. Une diminution qui s’explique par le plus grand nombre d’imposables. Cette réforme est arrivée aussi après l’annonce de cette votation…


Que demande-t-on aux Suisses ? S’ils veulent ou non garder le Billag ou changer complètement de modèle. Soit une redevance payée par tous les citoyens, soit devenir des consommateurs qui choisissent de s’abonner à des chaînes et des radios et donc de ne payer que ce qu’ils regardent…
Dans un premier temps, la majorité des citoyens semblait vouloir choisir le « Oui » à la suppression de Billag, du système de redevance. Dans ce pays plutôt libéral, « Je paye ce que je regarde » semblait la bonne formule.
Puis, le camp du « Non » s’est fortement mobilisé. Le camp du « Non », c’est la plupart des médias, le monde de la culture, celui des sports…

Comment fonctionne ce système ?

En Suisse, les médias publics et privés sont subventionnés par cette redevance, de 30 à 75 % de leurs budgets. Ils se sentent donc en grand danger. Même la SSR, le service public national de radio et télé, s’estime menacée. « Faux » rétorquent les tenants du « oui » : « Elle propose des programmes de tellement bonne qualité qu’elle aura de nombreux abonnés… ».
Le monde culturel suisse appelle à voter « non », estimant que la production helvètique ne se relèverait pas d’un tel chambardement. Idem pour le monde sportif suisse qui craint de disparaître des écrans…

Ajouter aussi un élément important : dans ce pays, quatre langues officielles cohabitent. Le français, le suisse-allemand, l’italien et le romanche. Selon les opposants, cette diversité linguistique serait mise à mal si le système de financement était changé.

Quelles conséquences possibles ?

Le débat fait rage entre deux types de financement qui sous-entendent deux modes de société. « Ou une libérale et individualiste, ou une plus collective et solidaire. » (Vendredi 23 février 2018, Le Temps, Michel Guillaume.) Les réseaux sociaux ont largement contribué à envenimer le débat.
Pour les tenants du « Non », c’est aussi le pluralisme du débat démocratique qui est en jeu. Sans financement public, seuls les plus riches auraient le droit de s’exprimer.

Selon les observateurs, c’est le débat le plus violent depuis 1992, date de la votation sur l’entrée dans l’Europe.

Avec un paradoxe : la SSR, service public audiovisuel, ou son antenne romande la RTS, sont juges et parties. Les télés et radios publiques ont organisé des débats. Dans des conditions difficiles, on imagine… Mais elles s’imposent le silence, la dernière semaine avant le vote.
D’ores et déjà, les libéraux s’estiment heureux, même s’ils donnés perdants dimanche : ils ont placé ce débat au cœur de la société, obligeant les uns et les autres à se positionner sur le rôle du service public. En attendant, disent certains, de relancer le débat cette fois-ci sur le modèle de santé suisse, déjà jugé très coûteux et suffisamment efficace…

Le dernier sondage donne le « Non » gagnant à 60-65 %, donc le maintien de la redevance.  Résultat dans les urnes dimanche.
Votation en suisse, le "No Billag" : vers la suppression de la redevance audiovisuelle ?
Les Suisses doivent voter dimanche 4 mars : pour ou contre la suppression de la redevance audiovisuelle ? Enjeux et conséquences pour les radios et télévisions publiques et semi-publiques Reportage : C. Eme-Ziri, E. Debief, S. Linozzi et M. Blanc avec en interview : Nicolas Jutzet, partisan du "Oui", Laurent Wehrli, partisan du "Non" et tous deux du Parti Libéral Radical et Florian Jeanneret, directeur général de Radio Chablais, partisan du non

L'interview de Nicolas Jutzet, partisan du "oui" :

Votation en Suisse, le "No Billag" : vers la suppression de la redevance audiovisuelle ?
L'interview de Nicola sJutzet, partisan du "oui"



L'interview de Laurent Wehrli, partisan du "non" :

Votation en Suisse, le "No Billag" : vers la suppression de la redevance audiovisuelle ?
L'interview de Laurent Wehrli


L'interview de Florian Jeanneret, Directeur général de Radio chablais et partisan du "non" :
 

Votation en suisse, le "No Billag" : vers la suppression de la redevance audiovisuelle ?
L'interview de Florian Jeanneret, directeur général de Radio chablais

 

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