Yonne : l’usine Michelin d’Avallon menacée ?

Selon des informations du journal Le Monde, quatre sites français du fabricant de pneumatiques Michelin souffriraient de problèmes importants de compétitivité. C’est le cas de l’usine d’Avallon, dans l’Yonne.

Un employé de l'usine Michelin de La-Roche-sur-Yon (Vendée), en avril 2016
Un employé de l'usine Michelin de La-Roche-sur-Yon (Vendée), en avril 2016 © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
L’usine Michelin d’Avallon est-elle menacée ? C’est en tout cas ce que laisse entendre un document présenté aux syndicats de l’entreprise qui fabrique des pneumatiques, que le journal Le Monde a pu se procurer. Michelin tire en effet un bilan de ses usines françaises.

Quatre sites sont notamment concernés par "des problèmes importants de compétitivité" : La Roche-sur-Yon (Vendée), Cholet (Maine-et-Loire), Cataroux (Puy-de-Dôme) et Avallon (Yonne). Le site de l’Yonne, qui abrite la société Pneu Laurent, filiale du groupe Michelin, s’occupe du rechapage de pneumatiques pour poids lourds. L'usine emploie 415 salariés.
 
 Le site d'Avallon, qui abrite la société Pneu Laurent, filiale du groupe Michelin, emploie 415 salariés
Le site d'Avallon, qui abrite la société Pneu Laurent, filiale du groupe Michelin, emploie 415 salariés © Baziz Djaouti / France 3 Bourgogne
 

Aucun projet de fermeture 


Selon ce diagnostic, l’évolution du marché et la concurrence "ne permettent pas d’envisager le maintien, à terme, d’un tissu industriel aussi dense en Europe de l’Ouest". Mais ce manque de compétitivité veut-il forcément dire que des emplois sont directement menacés ? Selon la direction, citée par le quotidien du soir, il n’existe aucun projet de fermeture pour ces quatre sites. 

Un élément confirmé par Arnaud Malecamp, directeur de Pneu Laurent, au micro de France 3 Bourgogne
: "Aujourd’hui, notre activité sur le site est assez dynamique.  Nous n’avons aucun signal à court-terme que nos activités sont menacées ou en danger. Nous avons aujourd’hui des objectifs de progrès, de compétitivité, qui sont atteignables dans les prochaines années en mobilisant l’ensemble du personnel."

Pour la CGT, qui a reçu ce document, "la confidentialité qu’on nous demandait n’était pas acceptable". Même discours pour le délégué CFE-CGC : "La transparence est une chose, mais l’aspect négatif, c’est qu’il y a des craintes pour certains sites. L’entreprise se porte bien et il serait pour nous inacceptable que des activités soient arrêtées", note-t-il, dans une interview accordée au Monde.
 
Yonne : l’usine Michelin d’Avallon menacée ? ©France 3 Bourgogne
 

En 2017, un tout autre discours


En avril 2017, à quelques jours de l'élection présidentielle, l'ancien président de la République, François Hollande, avait visité le site d'Avallon. "Je pense que votre activité a de l'avenir, car de plus en plus on exigera le recyclage, l'économie circulaire et on évitera que les produits n’aient qu'une durée de vie particulièrement courte".

Le président du groupe Michelin, Jean-Dominique Sénard, avait renchéri : "Ici, à Avallon, on se bat comme sur d'autres sites en France pour montrer que la compétitivité de l’industrie en France est possible". Un discours bien loin de la situation actuelle.


Notre reportage, en avril 2017
 
durée de la vidéo: 01 min 58
Yonne : François Hollande en visite à Avallon
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