Yonne : La Tour Eiffel de la Fabuloserie menace de s'effondrer. Un appel aux dons est lancé

Située dans les jardins de la maison-musée de la Fabuloserie à Dicy (Yonne), la Tour Eiffel du Manège de Petit Pierre menace de s'effondrer si rien n'est fait. Une campagne de financement participatif a été lancé par les gérantes du lieu pour tenter de la sauver. 

La Tour Eiffel du Manège de Petit Pierre culmine à 23 mètres de haut.
La Tour Eiffel du Manège de Petit Pierre culmine à 23 mètres de haut. © Sophie Bourbonnais

C'est une oeuvre hors-norme et unique qui culmine à 23 mètres de haut dans les jardins de la Fabuloserie, une maison-musée d'art brut située à Dicy (Yonne). Cette oeuvre, c'est la Tour Eiffel. Une tour réalisée en bois d'acacia qui domine l'oeuvre visuelle et sonore Manège de Pierre Avezard, dit "Petit Pierre".

Ce Manège, ainsi nommé par son créateur, est aujourd'hui en péril. "La tour Eiffel menace de s'effondrer. Tout le haut est à refaire" explique Sophie Bourbonnais, une des deux gérantes du musée. Aujourd'hui, il faut reprendre l'ensemble de la structure en bois d'accacia et remplacer des morceaux abîmés ou manquants pour assurer qu'elle ne tombe pas. 

Pour assurer son maintien, il faut aujourd'hui refaire tous les liens en fil de fer sur la totalité de l'édifice.
Pour assurer son maintien, il faut aujourd'hui refaire tous les liens en fil de fer sur la totalité de l'édifice. © Sophie Bourbonnais

Un joyaux de l'art brut

Considérée comme un joyaux de l'art brut, l'oeuvre du Manège de Petit Pierre est un objet d'étude pour les spécialistes et historiens de l'art. Elle est l'oeuvre de toute une vie, celle de Pierre Avezard, un garçon-vacher du Loiret né handicapé. 

Elle a été fabriquée pendant un demi-siècle, à partir de bouts de tôles, de morceaux de fer blanc récupérés, de boulons, de débris de métaux. Sur le plan artistique, cette œuvre a beaucoup inspiré des réalisateurs, metteurs en scènes, plasticiens, écrivains.

Dès 1978, le Manège a été présenté par des photos lors de l’exposition Les Singuliers de l’art au Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Mais c’est en 1980, qu’une rencontre fut décisive. Celle avec le jeune réalisateur Emmanuel Clot. Il filme le Manège avec une sensibilité et une émotion qui lui vaudront le César du meilleur court-métrage documentaire. Ce film fut le véritable déclencheur du rayonnement du Manège dans sa région et au-delà.

Le court-métrage Petit Pierre réalisé par Emmanuel Clot

Une oeuvre délocalisée dans l'Yonne 

A partir de 1974, Petit Pierre vieillit, il a moins de force pour entretenir quotidiennement son Manège et surtout pour faire face au vandalisme. En effet, à cette époque, plusieurs pièces disparaissent.. 

En 1982, une association de sauvegarde du Manège, puis une étude diligentée par la Région Centre avec le concours du Ministère de la Culture, posent les bases de la préservation du Manège.

Deux projets de sauvegarde prévoient pour l'un une grande serre protectrice, pour l'autre un transfert dans le Parc de la Villette. Mais aucun ne verra le jour. Le coût des deux opérations, sans compter la problématique de l’entretien permanent des mécanismes et du personnel à affecter aux visites, conduisent à son abandon. 

Avant que Petit Pierre ne décède en 1992, courant 1987, avec son accord et celui de sa famille, le Manège est ainsi démonté pièce à pièce, classé, répertorié,  transporté et remonté en 1987 à la Fabuloserie. Il est inauguré en 1989.

L'appel aux dons comme dernier recours 

L'oeuvre nécessite un entretien presque quotidien et depuis quelques années, c'est Cyril Choux, un artisan spécialisé dans les travaux d’accès difficiles qui s'en occupe. "Il s’est pris d’amour pour ce parc et pour cette oeuvre de petit Pierre", raconte Sophie Bourbonnais. "C'est lui qui nous a alerté qu'il fallait faire quelque chose. Il nous a dit : là elle va tomber et vous ne toruverez personne pour la remonter'".

Mais pour financer l'ensemble des travaux, les gérantes de la Fabuloserie doivent réunir aujourd'hui 25 000 euros. Une somme importante alors que les confinements successifs les ont privé d'une grande partie de leurs visiteurs. "Cela tombe mal. L’année dernière, nos recettes ont été amputées de 50 % car nous n’avons pas pu recevoir de groupes scolaires."

Sophie Bourbonnais explique que leur première démarche a été de se tourner vers les institutions publiques mais sans succès. "J’ai appelé la direction générale des affaires culturelles ou la région. On m'a dit qu'il n’y avait rien de prévu pour nous. Il ne nous restait plus que la campagne de financement participatif". 

Elle a donc lancé une cagnotte en ligne comme dernier recours sur la plate-forme Kisskissbankbank. Et depuis son lancement il y a trois jours, de nombreux contributeurs ont participé. Près de 7 000 euros ont déjà été récoltés. 

Une fois l'argent rassemblé, les travaux devraient débuter au mois de mai et ne devraient pas durer plus de dix jours. 

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