Jérôme Kerviel sera fixé sur son sort mercredi prochain

Jérôme Kerviel à son arrivée au Palais de Justice de Paris en juin 2012 / © BERTRAND GUAY / AFP
Jérôme Kerviel à son arrivée au Palais de Justice de Paris en juin 2012 / © BERTRAND GUAY / AFP

La cour d'Appel de Paris rendra son délibéré mercredi, le 24 octobre, du procès en appel de Jérôme Kerviel. ""Ici, devant vous, je joue ma peau..." avait-il conclu l'audience de son deuxième procès, en juin dernier.

Par Stéphane Grammont

Jérôme Kerviel, 35 ans, il est né en 1977 à Pont l'Abbé dans le Finistère, a fait perdre 5 milliards d'euro à la Société Général en prenant des positions spéculatives enageant la banque jusqu'à 50 milliards d'euros. Il dissimulait ses opérations, selon lui avec la complicité de la banque. Il est poursuivi pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans le système informatique de la banque

Les condamnations

En octobre 2010, Jérôme Kerviel a été condamné à trois ans de prison ferme et à des dommages et intérêts astronomiques de 4,9 milliards d'euros. Lors de l'audience en Appel en juin dernier, cinq ans ferme ont été requis contre lui. Au fil des deux procès, peu enclin à se livrer, il a eu du mal à se décrire, à s'expliquer, tout en affirmant que sa culture et son éducation étaient celles du respect et du travail bien fait, pas celles de l'argent. "Mais qui êtes-vous donc, Monsieur Kerviel ?", lui lançait il y a deux ans le président du  tribunal, frustré de n'avoir pu cerner la personnalité de ce jeune Breton au physique d'acteur et au regard clair, qui avait joué avec l'argent de la banque comme au casino.

Sa défense
A ses procès, il a admis avoir commis des erreurs et perdu le sens des réalités. Mais il a aussi répété que son seul objectif était de faire gagner de l'argent à la Société Générale et que ses supérieurs savaient ce qu'il faisait. Ce qu'ils ont tous nié. En appel, il est allé plus loin, estimant avoir servi de fusible à la banque, qui l'aurait utilisé pour masquer ses pertes dues à ses opérations hasardeuses sur le marché des crédits hypothécaires américains. Il aurait donc été victime d'une machination. "Je ne suis qu'un homme qui a commis des erreurs au sein d'une banque qui les
a longtemps admises parce qu'elle en tirait profit
", assurait-il aussi dans un livre publié en mai 2010 ("L'engrenage, Mémoires d'un trader").


Qui est Jérôme kerviel?

"Je suis quelqu'un d'ordinaire, je ne suis pas fou", déclarait-il en 2008 aux enquêteurs. Ce natif de Pont-l'Abbé (Finistère) n'est pas issu d'une famille de banquiers ni d'un creuset prestigieux de golden boys. Son père, décédé en 2006, était enseignant technique et sa mère coiffeuse. Il a un frère, de sept ans son aîné. Mais dès le lycée, dit-il, il était attiré par la banque. Après le bac et un an à la faculté de sciences économiques de Quimper, il a obtenu une maîtrise en finance à l'Institut universitaire professionnalisé (IUP) de Nantes, puis un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) à l'université de Lyon. 

Il était ensuite rapidement recruté par la Société Générale, en 2000, comme gestionnaire au service du contrôle "middle office". Deux ans plus tard, il devenait assistant trader et, début 2005, accédait au poste de trader. Ses anciens collègues l'ont décrit comme très professionnel et travailleur, plutôt réservé et solitaire. Il a lui-même regretté d'avoir négligé sa famille et ses amis du fait de ce travail qui l'accaparait. 

Qu'est-il devenu?

En 2008, après un mois en détention provisoire, il avait rejoint une petite société
informatique de la banlieue parisienne, qu'il a quittée depuis. Célibataire, sans
enfant, Jérôme Kerviel dit vivre de l'aide de ses proches.

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