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Seulement 10% des “ex-Doux” ont retrouvé un CDI

© France 3 Bretagne
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Plus d'un an après le licenciement de 873 salariés chez le volailler Doux, seules 87 personnes ont retrouvé un CDI, malgré le dispositif d'accompagnement renforcé mis en oeuvre pour les aider à rebondir.

Par Sylvaine Salliou

Sur les 873 salariés restés sur le carreau après la liquidation en août 2012 du pôle "frais" de Doux, 87 sont en CDI et 59 en CDD de plus de 6 mois, selon les chiffres fournis par Pôle Emploi du Morbihan. La plupart des Morbihannais ayant retrouvé un emploi travaillent désormais dans l'agroalimentaire ou des secteurs variés (techniciens de maintenance, assistantes familiales ou de gestion...), selon Pôle Emploi, qui note que seulement deux d'entre eux ont quitté la région.

Au total, quelque 280 autres sont à la recherche d'un emploi, 95 bénéficient d'une formation de moins de 6 mois, 88 d'une formation de 6 à 12 mois, 3 d'une formation de plus d'un an et 17 ont créé une entreprise.


Des besoins de formation

Si ce résultat n'est pas satisfaisant, il y a "malgré tout quelque chose de positif, car on avait un public peu formé, qui ne voulait pas forcément suivre de formation au départ... les salariés avaient peur de revenir à l'école, or les formations ne consistent pas à revenir à l'école", note Stéphane Lavigne, directeur de Pôle Emploi dans le Morbihan. 
Dès septembre 2012, un important arsenal de mesures a été déployé. Un Contrat de sécurisation professionnelle (CSP) d'un an, financé par l'Unedic et l'Etat, a garanti aux anciens salariés 80% de leur salaire net et un accompagnement personnalisé par Pôle Emploi. Un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), financé par Doux (3,5 millions d'euros) et prolongé jusqu'en juin 2014, prévoit aussi des mesures de formation, d'aide à la mobilité et à la création d'entreprise. Au total, "plus de 400 formations pour près d'1,4 million d'euros" ont été financées selon la préfecture de région. 

Yannick suit une formation de tourneur : "si j'avais su, je l'aurais fait avant"


Nous avons rencontré Yannick, ancien salarié de Doux. Il a quitté l'usine de Pleucadeuc. Licencié après 30 ans. Il voulait changer de métier depuis longtemps. Passé le choc du licenciement, il est content d'être passé à autre chose. Depuis juin dernier, il suit une formation de tourneur à l'Afpa de Lorient. Patrick n'aime pas revenir devant son ancienne usine à Sérent. Ici 66 salariés ont été gardés. Pas lui. Et sa vie chez Doux, il n'arrive pas à l'oublier. Depuis, il enchaîne les petits contrats, une ou deux semaines, du côté de Sérent. Patrick est prêt à tout pour travailler, même retourner à l'usine. Yannick, lui est presque sûr de retrouver un emploi de tourneur après sa formation. Reportage

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10% des salariés de Doux ont retrouvé un CDI
Yannick, ancien salarié de Doux à Pleucadeuc Patrick, ancien salarié de Doux à Sérent

Ils n'ont jamais reçu aucune formation chez Doux

Chez Doux, "on ne vous a jamais demandé de faire autre chose que couper des cuisses de dinde et mettre de la viande dans des barquettes: le gros frein pour retrouver un emploi, c'est le manque de formation", tempête Jean-Luc Guillart, ancien délégué CFDT chez le volailler. "Les formations obligatoires pour faire tourner l'entreprise (sécurité, hygiène) étaient effectuées mais pas les formations pour développer les compétences des ouvriers", déplore-t-il. "Il est vrai que Doux est une entreprise qui est restée bien en-deçà de la mobilisation de ses moyens de formation", confirme-t-on de source proche du dossier, soulignant dans ce domaine une "particularité Doux".
La société parisienne assurant la communication pour le groupe affirme, elle, que "le budget formation était conforme aux obligations légales".

 

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