• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

Dolmen : des portes-ouvertes pour “montrer ce qui va disparaître”

En détresse, à deux doigts de la liquidation judiciaire, la société Dolmen décide d'ouvrir ses portes. Vendredi, près de Guingamp, chacun est invité à découvrir cette entreprise de vêtements de travail, qui croule sous les commandes mais devra peut-être mettre la clé sous la porte.

Par Leïla Marchand

Jean-François Cuny crie au secours. Mais il est déterminé à aller jusqu'au bout. En juillet 2011, après 14 ans à travailler comme commerçant à Saint-Brieuc, il décide de reprendre Dolmen, aux côtés de Sandra Cuny. La société a du potentiel. Tenue depuis 90 ans par la famille fondatrice, située aux portes de Guingamp, elle emploie 44 salariés rompus à la création de textile et surtout de vêtements de travail.
Mais malgré leurs efforts, le projet pourrait se solder, trois ans plus tard, par une liquidation judiciaire.

Trois questions à Jean-François ​Cuny


Comment la société Dolmen en est-elle arrivée à cette situation critique ?​

"C'est un domaine où on a pas le droit à l'erreur. La société était déficitaire bien avant sa reprise. On avait identifié sa faiblesse : la partie négoce avec les petits grossistes répartis sur le Grand Ouest. Cette activité a commencé à s'éteindre et ça a grignoté 80% de notre trésorerie.
Pour se remettre en selle, on a demandé un prêt bancaire bancaire à moyen terme. On a reçu une fin de non-recevoir quatre mois et demi plus tard... On a commencé à creuser notre trou. Quand il manque de la trésorerie, c'est la fin. L'entreprise a été placée en redressement judiciaire le 24 juillet 2013."

L'entreprise sera fixée sur son sort le 16 juillet au tribunal de commerce de Saint-Brieuc. Où en êtes-vous aujourd'hui ?​

"On croule sous les demandes ! Depuis le redressement, le projet d’entreprise a été clairement défini : se concentrer sur les vêtements professionnels et les marques comme les pantalons "Breizhmod" pour la Scarmor. Ce que l'on vend c'est du savoir-faire, de la technique industrielle traditionnelle, du "produit en Bretagne". Notre atout c'est la rusticité et le côté costaud des produits.
Le travail paie : on a des demandes du Japon et des Etats-Unis, on est sollicité pour de grosses commandes comme une collection de 45 pièces de Samuel Beraha... Mais on ne peut pas y répondre ! Par manque de visibilité sur l'avenir. C'est une ineptie totale !"

 / ©
/ ©


Pourquoi ouvrez-vous vos portes vendredi ?

"On est dans l'urgence. On a besoin d'attirer l'attention des pouvoirs publics. Il y a sept jours, nous avons appris que les repreneurs qui avaient montré leur intérêt pour la société n'iraient pas au bout de leur démarche. Et le 16 juillet, si on ne présente pas un dossier comme il faut... Le sort de l'entreprise sera scellé.
Les salariés sont dépités mais ils ont de l'espoir. L'entreprise a du potentiel. Depuis douze mois, nous faisons face à toutes nos dettes sociales, nos achats courants, le paiement des salaires. Nous avons simplement besoin de plus de temps. On ne fabrique pas du pain ! Quand on traite des dossiers comme Carrefour avec Armor Lux, il faut compter trois mois de développement industriel. 
Alors à partir de 9 h 30 vendredi, on invite les gens à visiter le site, à nous regarder travailler. Pour dire : voilà le potentiel ici, voilà ce qui risque de disparaître.

Portes-ouvertes : vendredi 11 juillet à partir de 9h30, ZA Rucaër, au Pabu, Guingamp.

Sur le même sujet

Interview François Floret

Les + Lus