Disparition de Romain Lannuzel. Sur la piste d'un prédateur sexuel.

Romain Lannuzel a disparu le 13 novembre 2007 à Barcelone
Romain Lannuzel a disparu le 13 novembre 2007 à Barcelone

Le 13 novembre 2007, le Finistérien Romain Lannuzel disparaissait à Barcelone sans laisser de trace. Depuis sa famille ne cesse de le rechercher. Il y a un an, elle a fait appel à un enquêteur de renom, Jean-François Abgrall, qui privilégie la piste d'un prédateur sexuel.

Par Thierry Peigné

Comme tous les ans à la date anniversaire de la disparition de Romain Lannuzel, sa mère Mireille se rend à Barcelone. Là même où le 13 novembre 2007 à 18h57, l'étudiant finistérien a passé son dernier appel téléphonique connu. Depuis cet instant, plus aucune nouvelle du jeune étudiant Erasmus de 20 ans. Sa famille cherche depuis ce temps là des réponses suite à sa disparition. Pour elle, la piste du suicide ne tient pas la route vu le caractère de Romain. 

L'enquête reprise à zéro

Devant l'enquête espagnole qui n'avance plus, la famille a décidé il y a plus d'un an de faire appel à un cabinet d'enquêteurs privés. Dirigé par l'ancien gendarme Jean-François Abgrall, l'agence installée à Lampaul-Plouarzel reprend les investigations à zéro. Elle rencontre longuement la famille, dresse le profil du jeune Finistérien, étudie une fois traduite, toute la procédure des policiers catalans, approche toutes les connaissances de Romain Lannuzel et particulièrement ceux qui avaient étudié avec lui à Barcelone. L'emploi du temps de la dernière journée est minutieusement rétabli jusqu'à cet appel téléphonique de 18h57 où la trace de Romain Lannuzel se perd définitivement. L'enquêteur privé est d'ailleurs convaincu que "le jeune homme s'est rendu à un rendez-vous avant d'aller déménager des effets personnels à son ancien appartement comme il venait de le signifier dans ce coup de fil à ses deux anciennes colocataires".  
Romain Lannuzel, 20 ans, disparu à Barcelone / ©

Un mois d'investigations à Barcelone

Mais pour compléter ce qu'il appelle le climat criminologique des lieux où les faits se sont déroulés, Jean-François Abgrall envoie en février dernier à Barcelone sa collaboratrice Sandrine Wattecamps. Sur place, un mois durant, la psychocriminologue multiplie les investigations. Elle découvre qu'un Equatorien d'une quarantaine d'années est incarcéré pour le meurtre d'un jeune américain de 20 ans. Ce dernier avait été retrouvé mort et drogué en janvier 2012 dans le logement du suspect. 

Un prédateur sexuel

A l'époque, chez le présumé meurtrier, une centaine de photos sont retrouvées. Sur les clichés, une vingtaine de jeunes hommes blancs nus ou à moitié nus, dans des situations sans équivoque et même parfois pendant un acte sexuel. Les jeunes hommes sont à chaque fois inertes, "soit endormis, soit drogués ou ... pourquoi pas morts" selon Jean-François Abgrall. L'enquêteur privé aimerait que la famille Lannuzel puisse avoir accès à ces clichés pour voir si Romain est parmi eux.

L'Equatorien, homme cultivé qui présentait bien, bénéficiait de logements auprès de membres d'associations caritatives ou culturelles pour lesquelles il intervenait. Il changeait régulièrement de lieux de résidence mais cherchait toujours à se rapprocher des quartiers étudiants pour avoir l'opportunité de rencontrer des jeunes hommes blancs étrangers. Fait troublant : l'Equatorien résidait à 200 m de l'endroit où l'étudiant finistérien avait passé son dernier coup de fil ce 13 novembre 2007.

Compléments d'enquête

Lors de son déplacement à Barcelone jusqu'à la fin de semaine, Mireille Lannuzel va médiatiser une nouvelle fois la disparition de son fils. Elle va rencontrer les enquêteurs espagnols en charge de l'affaire. Elle va également prendre un avocat local afin de pouvoir accéder à des pièces du dossier du présumé meurtrier équatorien, telles que les photos des jeunes hommes.

Cet avocat permettra aussi de solliciter des prélèvements ADN sur trois cadavres découverts ces dernières années à Barcelone afin de les identifier et éliminer le moindre doute sur le fait qu'il pourrait s'agir de Romain.

Pour François Abgrall et sa collaboratrice, il y a eu des négligences dans cette affaire. La disparition de l'étudiant n'a été signalée que 3 à 4 jours plus tard, et il y a eu des "flottements dans les investigations qui n'auraient pas été assez poussées et actées". La police catalane aurait du "faire des rapprochements entre autre avec l'affaire de l'Equatorien".

Les deux enquêteurs finistériens rappelle que toutes les personnes susceptibles d'apporter des éléments sur cette disparition inexpliquée peuvent se faire connaître par le biais du site de l'agence Abgrall Info.

 

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