Bretagne : 93 300 immigrés aux profils de plus en plus divers

Foule dans une rue de Rennes / © Maxppp / PQR / M. Ollivier
Foule dans une rue de Rennes / © Maxppp / PQR / M. Ollivier

En 2011, la part des immigrés en Bretagne reste une des plus faibles de France avec 2,9%. Un pourcentage qui a doublé depuis 1999. Les Britanniques sont venus en nombre ainsi que de nouvelles nationalités. En outre, les immigrés en Bretagne présentent des profils de plus en plus divers.

Par Thierry Peigné

En 2011, la Bretagne compte 93 300 immigrés, soit 2,9% de sa population. Cette part, la plus faible de toutes les régions françaises après la Basse-Normandie (2,8%) est bien inférieure à la moyenne de France métropolitaine (8,7%). Le nombre d’immigrés a cependant doublé depuis 1999.
Entre 2006 et 2011, alors que la population totale n’a augmenté que de 4% en Bretagne, le nombre d’immigrés a progressé de 28%. Un constat qui s’explique à la fois par
leur faible implantation, mais également par le regain d’attractivité de la région depuis près de deux décennies

A ce jour, les immigrés résidant en Bretagne présentent une grande variété de profils, de par leur pays d’origine, leur niveau de diplôme, leur localisation, les raisons de leur migration et les activités exercées.

Les Britanniques avant tout

Depuis 1999, le nombre d’immigrés britanniques a triplé, progressant ainsi de 4 500 à 13 800 individus. Il représente désormais 15% des immigrés en Bretagne. Les immigrés d’origine européenne restent majoritaires en Bretagne. La région enregistre une forte progression d’immigrés originaires de pays peu présents en 1999, comme la Roumanie (+13% entre 199 et 2011), la Russie (+16%) et la Chine (+19%).
 / © INSEE
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En dehors du Royaume-Uni, les origines les plus représentées en Bretagne, en 1999 comme en 2011, sont le Maroc, le Portugal, la Turquie et l’Algérie.
 / © INSEE
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Une population immigrée plus jeune que la moyenne

Les immigrés sont plus jeunes que la population bretonne dans son ensemble. Les migrations depuis l’étranger se font généralement à des âges actifs ou pour des raisons d’études. Les immigrés sont, dans ce cas, surtout originaires de quatre pays : la Chine, le Royaume-Uni, le Maroc et le Viêt Nam. Seuls les Britanniques font exception, s’installant le plus souvent (pour près de la moitié) en Bretagne pour y vivre leur retraite.

En ville

Les immigrés habitent le plus souvent en ville, hormis les Britanniques qui préfèrent vivre dans des zones rurales. Rennes, Brest, Saint-Brieuc, Lorient, Vannes et Quimper concentrent 39 % de la population immigrée. Les immigrés résident en moyenne plus souvent en logement HLM et sont moins souvent propriétaires que les non immigrés excepté les Britanniques et les Allemands et en règle générale ceux originaires d’Europe.

Moins présents sur le marché du travail

Les immigrés sont moins souvent présents sur le marché du travail : leur taux d’activité est de dix points inférieurs à celui des non-immigrés. Entre 30 et 49 ans, 16% se déclarent inactifs et 22% entre 50 et 59 ans.

Un quart des immigrés travaille à temps partiel. Ceux originaires d’Europe sont davantage cadres ou exercent une profession intermédiaire. Les hommes originaires du Maghreb, de Turquie et du Portugal sont fortement représentés chez les ouvriers.

Les immigrés d’origine africaine, les jeunes et les femmes sont plus touchés par le chômage qui, par ailleurs, atteint moins ceux qui ont acquis la nationalité française, toutes origines confondues. Ces derniers maîtrisent mieux la langue française et peuvent occuper ainsi un certain nombre d’emplois publics soumis à condition de nationalité.

Le diplôme est un facteur majeur d’intégration des immigrés car il conditionne les possibilités d’accès au marché du travail. Or les immigrés sont à la fois plus nombreux à ne bénéficier d’aucun diplôme et plus fréquemment titulaires d’un diplôme universitaire du 2e ou 3e cycle (étudiants venant poursuivre des études supérieures en France).

Immigrés et étrangers

Les auteurs de cet étude INSEE (Laurent Auzet, Alain Maillochon) menée conjointement avec la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (Sylvie Tiercin Le Meur) sur la population immigrée tiennent à rappeler la différence entre les deux notions d'immigré et d'étranger, les deux concepts étant souvent confondus.
  • Un immigré est une personne née de nationalité étrangère à l’étranger. Ainsi, ne sont pas considérées comme immigrées les personnes qui, nées françaises à l’étranger, choisissent de s’installer en France. Il en va de même pour les personnes nées en France de nationalité étrangère, principalement des descendants d’immigrés.
  • Au gré d’un changement de nationalité, le statut d’étranger peut évoluer au cours d’une vie alors que celui d’immigré s’avère définitif, sauf en cas de retour au pays d’origine. Ainsi, un tiers des immigrés présents en Bretagne a acquis la nationalité française.
 / © INSEE
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Jean-Luc Richard, maître de conférences en sociologie à Rennes 1, spécialiste des questions d'immigration était l'invité du 19/20 de ce mardi

Invité 19/20 sur l'immigration en Bretagne
Jean-Luc Richard, maître de conférences en sociologie à Rennes 1, spécialiste des questions d'immigration était l'invité du 19/20 de ce mardi 12 mai, interviewé par Stéphanie Labrousse


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