L'abattoir de Kermené n'absorbe plus la production de ses éleveurs de porcs

Touché par le Coronavirus, l'abattoir Kermené n'est plus en mesure d'absorber la production des éleveurs de porcs de la région. L'inquiétude est grandissante dans les élevages où s'engorgent des animaux arrivés à maturité... Une situation intenable si elle devait malheureusement durer.

Les producteurs de porcs attendent impatiemment que l'abattoir de Kermené retrouve sa pleine activité pour désengorger leurs élevages
Les producteurs de porcs attendent impatiemment que l'abattoir de Kermené retrouve sa pleine activité pour désengorger leurs élevages © Photo PQR Ouest France / David Ademas /MaxPPP

Paul Auffray, vice-président de la filière nationale porcine, se retrouve en première ligne pour exprimer le malaise de centaines d'éleveurs qui, comme lui, ne peuvent plus livrer leur production.

Des solutions pour libérer les volumes de production

On ne peut plus livrer nos porcs

"L'abattoir s'est retrouvé à l'arrêt et par voie de conséquence, on ne peut plus livrer nos porcs... Pour moi qui suis engraisseur, j'ai 150 porcs sur les bras et d'autres collègues sont certainement encore plus impactés". Un producteur qui reconnaît que les mesures sanitaires déployées au sein de l'entreprise étaient incontournables et justifiées mais qui voudrait aujourd'hui que des solutions soient trouvées en concertation avec les pouvoirs publics pour libérer les volumes bloqués dans les exploitations : "On sait très bien que la solidarité entre abattoirs ne peut pas jouer comme nous pourrions le souhaiter. Personne ne peut suppléer l'abattoir de Kermené à la hauteur de sa capacité normale de production(NDLR : 40.000 porcs abattus par semaine). 
 
Paul Auffray, vice-président de la Fédération Nationale Porcine, ne peut plus écouler ses porcs comme de nombreux autres producteurs
Paul Auffray, vice-président de la Fédération Nationale Porcine, ne peut plus écouler ses porcs comme de nombreux autres producteurs © Photo PQR Le Télégramme /Lionel Le Saux/ Max PPP
 

Pour un assouplissement des mesures sanitaires


Pour Paul Auffray, il est urgent de trouver des marchés vers l'Allemagne et l'Espagne quitte à perdre un peu de prix. Urgent encore de permettre à l'abattoir de retrouver au plus vite sa capacité de production : "Je pense que les cas-contacts qui sont écartés de l'entreprise, c'est sans doute aller trop loin dans le principe de précaution... Il faudrait assouplir certaines mesures. En tout cas, dans l'urgence, Kermené pourrait se contenter d'abattre et de découper sommairement les carcasses avant de les stocker en chambres froides. Ce sont des solutions qui pourraient redonner un peu d'air aux éleveurs".
 

Pas de retour à la normale avant 8 jours selon FO


Eric Le Courtois, secrétaire général Force Ouvrière dans les Côtes d'Armor, suit avec attention le dossier de l'abattoir où, semble t-il, étaient réalisés encore hier des tests auprès de salariés susceptibles d'avoir travaillé au plus près des personnels contaminés : "La direction de l'entreprise fait beaucoup d'efforts pour garantir la sécurité des salariés et je sais que des opérations importantes de désinfection étaient encore en cours ces derniers jours... Dans le meilleur des cas, on ne pourra espérer une pleine reprise d'activité avant 8 ou 10 jours". 
 

Pour une fermeture des écoles et des crèches autour de l'entreprise


Un syndicaliste qui plaide pour des mesures de précaution et de prévention élargies pour ne pas qu'un nouveau foyer s'allume : "Il est, selon moi, indispensable de fermer les écoles, les crèches dans un large périmètre autour de l'entreprise... on sait que des enfants de personnes malades ont fréquenté des écoles, ce n'est pas comme cela que l'on pourra stopper la propagation du virus". Un virus qui selon Eric Le Courtois, aurait déjà touché d'autres entreprises agroalimentaires de la région sans l'onde de choc connue à Kermené. 
 

L'euthanasie en ultime recours


Un état des lieux qui ne change en rien la donne des éleveurs, coincés dans un goulot d'étranglemen, et qui pourrait dans ses extrêmes limites, comme aux Etats Unis, conduire les éleveurs à euthanasier leurs porcs.

 
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