Bruz : le cimetière historique ne devrait pas être transféré

© JM Piron/F3 Bretagne
© JM Piron/F3 Bretagne

A Bruz, le maire compte annuler le transfert du cimetière historique de la ville. C'est là que reposent les victimes du bombardement de 1944. Le projet qui datait de 1989 faisait polémique. Le lieu de mémoire va demeurer. Le reste du parc pourrait devenir un poumon vert de la commune

Par Gilles Le Morvan

Le projet datait de 1989 : déplacer le cimetière historique de la ville vers celui du Champ-Niguel situé en périphérie. Remis à l’ordre du jour par l’actuelle municipalité, le transfert avait fait polémique. Le maire a finalement decidé d’y renoncer


Lieu de mémoire pour les familles des victimes du bombardement de 1944


Le vieux cimetière du centre bourg abrite en effet les tombes d’une partie des victimes du bombardement du 8 mai 44.

Un mois avant le Débarquement, l’aviation anglaise avait détruit par erreur la petite commune proche de Rennes. Il y avait eu 183 morts et 500 blessés.

Pour conserver ce lieu de mémoire, trois familles opposées au transfert, avaient saisi la justice
, et leurs recours n’étaient pas épuisés.
 


Le maire annule le transfert


Après avoir un temps justifié le transfert, en expliquant qu'il allait "dans le sens de l'Histoire et qu'il fallait aussi faire de la place aux vivants", le maire a finalement décidé d’y renoncer.

« J’ai écouté ce que m’ont dit les habitants, explique Auguste Louapre, candidat à sa propre succession avec le soutien LREM. Dans une ville en croissance, nous avons besoin d’espaces arborés en cœur de ville pour capter du carbone et apporter de la fraîcheur." 

"Si l'on garde le cimetière en ville, le reste du parc actuellement inoccupé, environ 40% de l’espace, pourra abriter le futur poumon vert de la commune. Nous garderons la mémoire et nous protégerons les vivants." Auguste Louapre promet une consultation de la population sur la question s’il est réélu.     

De leur coté, les familles des victimes du bombardement se disent satisfaites. Pour Lionel de la Herverie, qui envisageait de saisir le Conseil d'Etat, "la campagne municipale, la poussée écologiste, et le retentissement médiatique de l'affaire ne sont pas étrangers au changement de stratégie du maire."  
 

Sur le même sujet

Les + Lus