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Centre-Bretagne: abandon des projets miniers

La société australienne Variscan étudie plusieurs projets de mines en Bretagne. Dans la région, des manifestations ont eu lieu pour s'y opposer comme ici, à Gurunhuel, dans les Côtes-d'Armor. / © PHOTOPQR/LE TELEGRAMME/MAXPPP
La société australienne Variscan étudie plusieurs projets de mines en Bretagne. Dans la région, des manifestations ont eu lieu pour s'y opposer comme ici, à Gurunhuel, dans les Côtes-d'Armor. / © PHOTOPQR/LE TELEGRAMME/MAXPPP

Les forages miniers prévus sur trois communes bretonnes sont abondonnés. Bercy vient d'annoncer l'abrogation des permis octroyés à la société Variscan Mines. Epilogue d'un feuilleton qui aura mobilisé élus et associations. Le réalisme économique l'a aussi emporté. 

Par Robin Durand


Ce matin à Silfiac (Morbihan), Merléac et Loc Envel (Côtes-d'Armor) flotte comme un air de soulagement. La menace qui pesait depuis 12 ans vient de s'évaporer. Ces trois communes du Centre-Bretagne ne verront pas leur sous sol exploré et exploité.
 Ce mardi, le ministère de l'Economie a confirmé l'abrogation des permis miniers octroyés à la société Variscan mines.

Un sous-sol convoité 


Des permis accordés en 2014 et 2015  par Emmanuel Macron alors à Bercy. Ils autorisaient l'étude des sous-sols sur plusieurs centaines de km2. Au total, 63 communes étaient concernées. En cas d'exploration concluante, des mines auraient été créées pour exploiter des métaux de base comme le zinc, le cuivre ou encore le plomb mais aussi des métaux précieux comme l'or et l'argent. 

Cette perspective a provoqué une véritable levée de bouclier du côté des riverains et des élus estimant leur territoire atteint dans son intégrité. En Octobre 2016, un millier de manifestants se réuniront à Uzel dans les Côtes d'Armor . L'activisme des associations Douar Didoull et Vigil'Oust, la pression des collectivités bretonnes feront le reste.


Les élus costarmoricains crient victoire 


Le gouvernement a donc choisi de " déminer"  un dossier qui s'enlisait. Après une première rencontre avec le ministère de l'Environnement le 11 avril dernier, le député Marc Le Fur et le vice-président du département Thibaut Guignard ont été reçus ce mardi à Bercy par le cabinet de Bruno Le Maire qui leur a confirmé  la fin des projets miniers. " La mobilisation a payé. Nous préservons ainsi un territoire, une zone agricole importante et ce qui peut être considéré comme le chateau d'eau de la Bretagne "estime le parlementaire breton contacté ce mercredi par notre rédaction. 


L'Ariège plutôt que la Bretagne 


En fait, la société Variscan Mines n'a jamais su non plus convaincre sur la fiabilité technique du projet ni sur ses débouchés économiques. Sa filiale française vient d'ailleurs d'être rachetée par la compagnie minière australienne Apollo Minerals. Et cette dernière ne croit visiblement pas au potentiel minier breton. Elle préfère se concentrer aujourd'hui sur la mine de Couflens dans l'Ariège où le gisement en tungstène est très prometteur.

Mais la société exprime quelques regrets dans un communiqué publié ce mercredi :" Nous avons eu connaissance des spéculations dans la presse concernant nos permis de recherches...Depuis un certain temps, nous déplorons un manque de clarté politique et de transparence...En tant qu'investisseur étranger apportant de nouvelles technologies et créant des emplois en France, nous regrettons une telle situation ..." .

Dans cet épilogue, le pragmatisme économique a donc peut être autant joué que la volonté politique et la mobilisation citoyenne. 


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