Cinémas fermés : des salles proposent des séances à la maison

Impossible évidemment d'aller au cinéma en ce moment  : une frustration pour les habitués des salles obscures, un arrêt net de l'activité aussi pour les exploitants. Des cinémas associatifs et d'art et essai donnent quand même rendez-vous pour des séances depuis chez soi. Explications.
 

Pierre-Emmanuel Le Goff, fondateur de "La Vingt-Cinquième Heure"
Pierre-Emmanuel Le Goff, fondateur de "La Vingt-Cinquième Heure" © DR
C'est une initiative de "La Vingt-Cinquième Heure". Ce distributeur et producteur a vite pris en compte la situation sanitaire pour monter une plateforme de diffusion de films qui va au-delà d'un simple service de VOD.

"Une salle de cinéma virtuelle", dit le Rennais Pierre-Emmanuel Le Goff, fondateur et gérant. "Les séances sont géolocalisées" (accessibles pour un public situé jusqu'à 5 ou 50 kilomètres selon qu'on se trouve en milieu urbain ou rural).


Une programmation du moment


Les salles dans lesquelles des films auraient dû être projetés en ce moment sont associées au dispositif et ce sont elles qui vendent les billets.

En Bretagne, trois cinémas sont concernés : L'Arvor à Rennes, Ti Hanok à Auray et Cinémanivel à Redon. Le cinéphile habituel se connecte sur www.25eheure.com et peut acheter son billet pour une vraie séance à une heure pré-déterminée.


En faire profiter les cinémas


Le principe c'est d' "en faire profiter les cinémas", insiste Pierre-Emmanuel Le Goff . "Ce matin j'ai appelé une salle aux abois qui a recueilli une cagnotte en ligne pour survivre. Je lui ai proposé notre salle virtuelle". Car le danger est bien de voir disparaître de petits exploitants "qui sont propriétaires de leur salle et endettés, ils ne peuvent pas vivre sans recette". Dans la foulée, ce sont les distributeurs qui sont fragilisés. 


Faire retravailler toute la filière


Des films ont été stoppés par le confinement au bout de quelques jours d'exploitation, et c'est encore pire qu'un report selon Pierre-Emmanuel, "car toutes les dépenses de publicité ont été réalisées, des engagements financiers qui ne retrouveront pas leur mise".

Le distributeur Jour2Fête ("Papicha", "Je veux du soleil") "veut travailler avec nous. On peut remettre en place une programmation régulière et faire retravailler toute la filière".

Ça permet d'exister dans ce brouillard

L'Arvor à Rennes donne rendez-vous dès ce samedi 11 avril à 20 h 15. Suivront Cinémanivel dimanche, puis Ti Hanok mardi.
"On n’a aucune visibilité quant à la réouverture de nos salles", indique Eric Gouzannet, coordinateur de L'Arvor, alors "ça nous permet d’exister dans ce brouilard, de vivre. Notre public réagit très positivement sur nos réseaux sociaux, ça fait chaud au coeur".


Solidaires avec nos soignants


Le billet est au tarif unique de 6 euros (2€ vont au distributeur, 2€ à la salle, 1€ au réalisateur, 1€ à la plateforme).
Déjà 100 places sont pré-vendues pour la séance de ce samedi à l'Arvor. Le cinéma rennais a choisi de reverser l'intégralité de son bénéfice au CHU Pontchaillou via son fonds Nominoë.
 
Cette offre de cinéma d'un nouveau genre ne devrait pas nous faire oublier le plaisir de se déplacer dans les salles après le confinement. Le cinéma, lui, s'emparera certainement de l'actualité pour nous aider à réfléchir à la marche du monde.
 
Bande annonce "Les Grands voisins, la citée rêvée" ©La Vingt-Cinquième Heure

 
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