Guingamp : une société coopérative relance la production de masques en Bretagne

Plus de 1000 citoyens et de nombreux partenaires publics et privés, sont déjà rentrés au capital de la coopérative qui va reprendre la production de masques près de Guingamp. Le projet est sur de bons rails et si ça roule, 45 personnes seront recrutées d'ici la fin de l'année.

L'usine de masques à Plaintel renaîtra-t-elle ? Les acteurs économiques et politiques de la région travaillent sur un projet de relance
L'usine de masques à Plaintel renaîtra-t-elle ? Les acteurs économiques et politiques de la région travaillent sur un projet de relance © France Télévisions
Peut-on remèdier aux erreurs du monde d'avant ? En tout cas le défi est en passe d'être relevé concernant la production de masques en Bretagne.

Mais attention cette fois de rester indépendant de la finance toujours prompte à la délocalisation. On se souvient du gâchi de l'usine de Plaintel qui avait fabriqué des masques respiratoires jetables pendant 44 ans et embauché jusqu'à 300 salariés en 2010. L'entreprise n'avait connu ensuite que des plans sociaux successifs, jusqu'à la délocalisation totale en Tunisie, orchestrée par le Groupe Honeywell, après avoir licencié les 38 derniers salariés et détruit toutes les machines.
Avec la Covid-19, la pénurie de masques a mis en évidence les lacunes d'un tel système économique qui rend la région (et la nation) dépendante de l'étranger.
 

Un projet entièrement breton

Pour renverser la vapeur, il fallait un expert et un réseau. Loïg Chesnais-Girard, le président du Conseil régional de Bretagne, a missionné Guy Hascoët. Consultant en développement durable, cet écologiste (EELV) a été secrétaire d'Etat à l'Economie solidaire du gouvernement Jospin. C'est aussi un ex-conseiller régional, du Nord, puis de la Bretagne.

Son idée a été de créer une Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC), pour réunir des communautés médicales, des collectivités publiques et des entreprises privées.

Objectif stratégique: être en mesure de couvrir l'ensemble des besoin en Bretagne, mais aussi se mettre à l'abri des fluctuations du marché pour assurer quoiqu'il arrive, la survie de l'entreprise et le maintien des emplois.
 
C'est finalement à Grâces près de Guingamp que l'usine de masques va voir le jour. Les travaux commenceront dans quelques jours, et la livraison des machines doit se faire en novembre. 
 

Consommer local : pour les masques aussi

Plus de 1000 citoyens se sont engagés dans ce projet coopératif, tandis que partenaires publics et privés se joignent à l'affaire, mesurant l'intérêt d'assurer leur indépendance quand les pandémies peuvent surgir sans crier gare.
Depuis le dépôt des statuts le 19 juin, près de la moitié du capital a été réunie. Les clients de toutes les familles professionnelles (anté, BTP, services...)  génèrent déjà une demande de 45 millions de masques. À terme, les capacités de production de l'usine qui s'installe, pourraient grimper jusqu'à 80 millions de masques par an.
 

La souscription couvre déjà plus de la moitié du capital

Les chaînes de production devrait être mises en route en décembre 2020; 45 personnes seront recrutées d'ici là.

La souscription reste ouverte sur le site lacoopdesmasques.com
 
© capture du site

 
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