Le président de Nokia France motive et assume les 402 suppressions d’emplois à Lannion

Le fait est assez rare pour être souligné. Dès l’annonce ce lundi 22 juin du plan social visant le site de Lannion, la direction de Nokia ne s’est pas dérobée pour expliquer ses choix. Sur notre antenne, Thierry Boisnon a motivé et assumé les orientations de son entreprise.

Rassemblement à Lannion devant les locaux de Nokia ce 23 juin suite au nouveau plan social
Rassemblement à Lannion devant les locaux de Nokia ce 23 juin suite au nouveau plan social © Bruno Van Wassenhove - Ftv

402 emplois rayés d'un trait de plume... le coup est dur pour les salariés de Nokia à Lannion ! Plus de la moitié d'un effectif sacrifié sur l’autel de la rentabilité sur un site reconnu historiquement pour la qualité de son service « recherche et le développement ». Cette matière grise qui semblait hier essentielle à la pérennité d’une entreprise... ne le serait plus ?! Doit-on croire que les ingénieurs informatiques ont engendré (sans s’en rendre compte), au fil de leurs travaux, les outils capables de les remplacer ? Car aujourd’hui, on affirme sans trembler, que l’automatisation des tâches, l’intelligence artificielle, voire même les logiciels auront sans doute en partie raison de l’analyse et de la perspective humaine…

 

 

Les sacrifiés du système

Une voie royale pour cette modélisation économique qui a depuis longtemps choisi ses variables d’ajustement. Désormais le profit motive plus que jamais les capitaines d’industrie à donner du lest dès que leurs nacelles sont détachées du sol… Michelin, à l’aube des années 2000, avait ouvert la voie avec 7500 suppressions d’emplois au lendemain d’un exercice quasi-record… Qualifiées de « licenciements boursiers », ces suppressions de postes allaient permettre, tout à la fois, de récompenser de façon notoire les actionnaires et de faire progresser une action de près de 12 points.

 

 

5 milliards pour les actionnaires

Pourquoi ce recours à l’histoire… tout simplement pour rappeler que les baisses de résultats ne sont pas toujours à l’origine des licenciements de masse. Nokia se porte bien mais anticipe ses besoins de « cash » pour résister à une concurrence soumise à d’autres règles sociales. Pour autant, Nokia a su rassurer ses actionnaires en faisant perler une pluie de dividendes, estimés à 5 milliards d’euros ces quatre dernières années.

 

Conserver des liens stratégiques avec la France...

 

Le 6 juillet prochain, les partenaires sociaux commenceront à examiner sur le fond ce nouveau plan social. Un plan, selon les syndicats, qui pourrait précipiter la fermeture définitive du site de Lannion dans les prochaines années. Une éventualité que la direction n'entend pas assumer, confirmant que la France reste "stratégique" en matière de recherche et de développement notamment sur la 5G. Un argumentaire sur mesure pour rappeler que Nokia, après avoir supprimé 1233 postes en France, entend conserver trois sites et surtout des liens étroits avec un pays où les pouvoirs publics avaient supervisé et accompagné la reprise d'Alcatel-Lucent par l'équipementier finlandais.

 

 

Il faut se rendre à l'évidence, les précautions lexicales du monde d'après ressemblent à s'y méprendre au monde d'avant. Un plan de sauvegarde de l’emploi devrait faire saigner les oreilles des gens normalement constitués… tant il est synonyme de chômage et de précarité.

 

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